Le jeune stagiaire à l'état-major Alfred Dreyfus est exclu de l'armée le 5 janvier 1895 car est considéré un traître qui aurait livré des documents à l'Allemagne. Il est jugé et condamné mais resta avant tout un juif dont la présence sous l'uniforme était insupportable. Dreyfus était coupable aux yeux des tous: militaires, civils, antisémites ou pas, monarchistes ou républicains, conservateurs ou révolutionnaires, bourgeois ou ouvriers. Sa famille et amis voulaient prouver son innocence mais c'était en vain. Après que l'affaire disparut de l’actu, autour de la famille se grouperent quelques individus convaincus de l'innocence du capitaine. Parmi ces personnes s'y trouvaient des écrivains dont Zola, romancier a grand succès et célèbre, deux sénateurs, des savants, un bibliothécaire. Zola n'a pas pris parti depuis le début parce qu'il considéra qu'il n'a aucune qualité de le faire. Lui était un écrivain et pas un politicien. Il s'est pas laissé facilement convaincu a défendre Dreyfus, mais finalement il accepta et il écriva des articles dans lesquels il précisera sa pensée, variera les arguments pour bien se faire comprendre et durcira le ton. Le 13 janvier apparaît dans l'Aurore l'article "J'accuse". Chef-d'œuvre de la littérature polémique, coup journalistique sans précédent, qui était aussi un coup de stratège, un véritable coup de force pour obliger un gouvernement à agir et à réagir. Avec cet article, Zola attaquait les coupables. Son but n'était pas de faire œuvre d'historien, mais plutôt de provoquer le scandale. Avec cet article, l'affaire Dreyfus sort de son cadre juridique et L'affaire naissait et portait le débat sur l'essentielle question du choix des sociétés. Pour la 1re fois, un véritable espoir naissait non seulement de sauver Dreyfus et d'établir les responsabilités, mais surtout de faire barrage aux mensonges, à l'injustice et à l'obscurité, d'affirmer fermement et précisément les principes démocratiques et républicains. Vu l'ampleur et les manifestations qui eurent lieu, Zola est condamné à un an de prison et à 3000 Francs d'amende. Le gérant de l'Aurore a 4 mois de prison et à 3000 Francs d'amande. C'est à ce moment que Zola quitte la France. Le 3juin 1894 la cour de cassation renvoye Dreyfus devant un nouveau conseil de guerre qui se tient à Rennes et Zola pouvait rentrer en France après onze mois d’exil. Dreyfus demeurait un traître et fut condamné à dix ans de détention. Zola ne connaîtra pas la fin de l'Affaire, puisqu'on le retrouvera mort chez lui le 29/09/1902 asphyxiée par une cheminée bouchée. On ne sait pas si c'était un accident ou un assassinat. Dreyfus sera enfin réhabilité 7 ans après l'incroyable verdict de Rennes, 4 après la mort de Zola, en juillet 1906.