Sous prétexte d'aller chercher ses droits d'auteur à Londres, Kerouac flâne à travers l'Europe. Il découvre les charmes troubles de Tanger, les paysages de Cézanne, les promenades émerveillées dans Paris, la pluie normande et les brumes de Londres... Dans un brillant plaidoyer en faveur des vagabonds, il se place sous l'égide de Virgile, de Benjamin Franklin ou de Walt Whitman, pour revendiquer le droit à l'errance, aux nuits à la belle étoile, aux rencontres et à l'imprévu.
Jean-Louis Lebris de Kérouac, known as Jack Kerouac, was an American novelist and poet who, alongside William S. Burroughs and Allen Ginsberg, was a pioneer of the Beat Generation.
Of French-Canadian ancestry, Kerouac was raised in a French-speaking home in Lowell, Massachusetts. He "learned English at age six and spoke with a marked accent into his late teens." During World War II, he served in the United States Merchant Marine; he completed his first novel at the time, which was published more than 40 years after his death. His first published book was The Town and the City (1950), and he achieved widespread fame and notoriety with his second, On the Road, in 1957. It made him a beat icon, and he went on to publish 12 more novels and numerous poetry volumes. Kerouac is recognized for his style of stream of consciousness spontaneous prose. Thematically, his work covers topics such as his Catholic spirituality, jazz, travel, promiscuity, life in New York City, Buddhism, drugs, and poverty. He became an underground celebrity and, with other Beats, a progenitor of the hippie movement, although he remained antagonistic toward some of its politically radical elements. He has a lasting legacy, greatly influencing many of the cultural icons of the 1960s, including Bob Dylan, The Beatles, Jerry Garcia and The Doors. In 1969, at the age of 47, Kerouac died from an abdominal hemorrhage caused by a lifetime of heavy drinking. Since then, his literary prestige has grown, and several previously unseen works have been published.
J’ai bien aimé le ton et les descriptions. Je m’imaginais vagabonder en Europe au même rythme que le narrateur.
Bien que je ne sois pas d’accord avec certaines idées véhiculées dans ce livre, elles étaient bien développées et j’ai pris plaisir à les mesurer avec ma pensée.
Pour apprécier cette lecture, il faut aussi tenir compte de l’époque à laquelle il a été écrite. Certains propos ne sont pas acceptables en 2023 (racisme, sexisme, etc.) mais en tenant compte du cadre du roman, j’ai pu faire preuve d’indulgence.
Travailler sur un cargo entre deux ports, sur les voies de chemin de fer entre deux cuites et repartir de plus belle sac sur le dos...traverser l'Atlantique... La liberté absolue version Kerouac.
Son histoire de voyage en Europe est bien écrite mais un peu remplie de poncifs, le second texte, un petit pamphlet sur le vagabondage, est plus intéressant bien qu'un peu court.
J'ai adoré ce petit livre - il y a longtemps que j'avais lu "Sur la route" et j'ai pu me re-familiariser avec l'écriture de Jack Kerouac que je trouve tellement étonnamment moderne pour l'époque. J'ai surtout aimé la partie "Grand voyage en Europe". Le tout est contemplatif, Kerouac y apprécie différents quartiers au Maroc, en France et en Angleterre, la gastronomie et même les beaux-arts.
Mes premiers pas dans l'œuvre de Kerouac... Un style-fleuve, qui se développe comme un torrent, on s'y laisse bercer, emporté par les mots et par des phrases à jamais terminées. S'ajoute une certaine poésie minutieuse, très modeste, d'autant plus agréable, avec une pointe d'humour.
"Le vagabond a deux montres que l'on ne peut acheter chez Tiffany; à un poignet le soleil, à l'autre poignet la lune, les deux mains sont faites de ciel."
Cette critique a été écrite en 2011 sur un ancien blogue.
"Deux nouvelles du grand écrivain beatnik tirés du recueil original Le Vagabond solitaire (1960) : « Grand voyage en Europe » et « Le vagabond américain en voie de disparition ». La première consiste en un récit de voyage d'une soixantaine de pages racontant les tribulations et observations de Kerouac au Maroc, en France et en Angleterre. Beaucoup de descriptions, un style assez formel, un écrivain fasciné par ses découvertes exotiques, mais qui ne reste qu'en surface des choses. Je n'ai pas beaucoup accroché. Je ne sais pas si l'on a le droit de critiquer Kerouac, mais je ne considère pas cette nouvelle comme un texte important de sa bibliographie. À moins que vous aimiez lire des listes exhaustives de noms de rues, de prostituées africaines et européennes, et de drogues (beatnik powa!)... Le début, par contre, où Kerouac voyage dans un cargo communiste est très intéressant. L'écrivain n'engloutit pas encore son style sous des tonnes de descriptions, et s'émancipe du style de la nouvelle pour raconter son aventure passionnante sur le cargo prisonnier d'une tempête marine.
Je voyais les mots « TOUT EST DIEU, RIEN N'EST JAMAIS ARRIVÉ SAUF DIEU », écrits en lettres de lait sur cette étendue marine. - Mon Dieu, un train infini dans un cimetière sans limite, voilà ce qu'est cette vie, mais elle n'a jamais été rien d'autre que cela - c'est pourquoi plus la haute vague monstrueuse se dresse pour se moquer de moi et pour m'insulter, plus je prendrai plaisir à la contemplation du vieux Rembrandt avec mon pichet de bière, et plus je malmènerai tous ceux qui se gaussent de Tolstoï, quelle que soit votre résistance ; et nous atteindrons l'Afrique, nous l'avons atteinte d'ailleurs, et si j'ai appris une leçon, ce fut une leçon en BLANC. - « Grand voyage en Europe », page 17 et 18
La deuxième et dernière nouvelle du recueil, en revanche, je ne peux pas en parler autre qu'en des mots élogieux. Véritable apologie du vagabondage, cette nouvelle sonne l'alarme sur les lois nouvelles contre l'errance, ainsi que sur les développements technologiques tels l'avion, qui détruisent peu à peu l'existence des chemineaux. Écrit avec tendresse, Kerouac revendique la liberté, l'intimité et le silence au cœur des nuits passées à la belle étoile. Il défend la réputation des vagabonds avec courage et conviction, rappelant le nom des grands hommes ayant eu besoin de vagabonder pour apporter leur soutien à l'humanité. L'écrivain établit ainsi un parallèle entre l'errance sur les routes et la quête du solitaire : Benjamin Franklin, Jésus, Bouddha, Teddy Roosevelt, Beethoven, Albert Einstein, etc. Le vagabondage prend une autre allure sous la plume de Kerouac : il devient respectable, et même, nécessaire à la liberté. La solitude permet l'introspection. La vie à la dure renforce les rêves. Pas d'amertume sous ces mots : mais une grande envie de marcher, marcher, toujours et encore, jusqu'à ce que l'on puisse toucher des doigts le bout du monde. Une grande œuvre.
Bien que le chemineau de Bruegel et le chemineau d’aujourd’hui soient les mêmes, les enfants sont différents. - Où est même le vagabond chaplinesque ? Le vieux Vagabond de la Divine Comédie ? Le vagabond, c’est Virgile, il fut le premier de tous. – Le vagabond fait partie du monde de l’enfant (comme dans la célèbre toile de Bruegel représentant un énorme vagabond qui traverse solennellement le village pimpant et propret, les chiens aboient sur son passage, les enfants rient, saperlipopette) ; mais aujourd’hui, notre monde est un monde d’adultes, ce n’est plus un monde d’enfants. Aujourd’hui, on oblige le vagabond à s’esquiver - tout le monde admire les prouesses des policiers à la télévision. « Le vagabond américain en voie de disparition », p. 77
En bref, un récit de voyage presque sous forme d'inventaires, qui n'est pas si passionnant que cela (2.75/5). Mais un chef d’œuvre en guise de seconde nouvelle, une vingtaine de pages à lire absolument avant de mourir. (5/5)