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TROUEES: POEMES 1973-1980

Depuis Terraqué, qui fut écrit à l'âge surréaliste, la poésie de Guillevic n'a cessé de se dépouiller de tout lyrisme purement verbal, de se dénuder et de tendre à un classicisme rigoureux, non point dans la forme, mais dans l'inspiration. Gagner, recueil de 152 poèmes en général très courts, très sobres, dont beaucoup sont des poèmes politiques - mais est-il possible aujourd'hui de concevoir une réalité qui ne soit pas politique ? - et où l'on trouve aussi nombre de "chansons" alertes et simples, exprime bien ce nouveau classicisme : "Sur les thèmes traditionnels de la poésie française et sur ceux qu'on voulait lui interdire, Guillevic force le réel et gagne partout du terrain. Tout est la matière de son oeuvre, car il n'y a pas de poésie engagée, il n'y a que des poètes plus lucides que d'autres. Cette lucidité militante, et ce terrain gagné, voilà sans doute qui définira demain le nouveau réalisme et qui marque déjà le nouveau livre de Guillevic, plutôt que tel domaine de l'inspiration où prétendent nous reléguer par la terreur les joueurs de flûte." (R. Lacôte). Bulletin de la NRF, juin 1949.

184 pages, Paperback

Published November 9, 1981

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Guillevic

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Son père, d'abord marin, se fait gendarme et l'emmène à Jeumont (Nord) en 1909, à Saint-Jean-Brévelay (Morbihan) en 1912, à Ferrette (Haut-Rhin) en 1919 où il apprend l'allemand et sa variante alémanique, l'alsacien.
Après avoir passé un baccalauréat de mathématiques, il est reçu au concours de 1926 dans l'administration de l'enregistrement (Alsace, Ardennes). Nommé en 1935 à Paris rédacteur principal à la direction générale du ministère des Finances et des Affaires économiques, il est affecté en 1942 au contrôle économique. Il appartient de 1945 à 1947 aux cabinets des ministres communistes François Billoux (Économie nationale) puis Charles Tillon (Reconstruction). En 1947 après l'éviction des ministres communistes, il réintègre l'Inspection générale de l'Économie où il s'occupe notamment d'études de conjoncture et d'aménagement du territoire, jusqu'à sa retraite en 1967.
Il devient dès avant guerre l'ami de Jean Follain qui l'introduit dans le groupe Sagesse. Puis il appartient au groupe de l'École de Rochefort.
Catholique pratiquant jusque vers trente ans, il devient sympathisant communiste au moment de la Guerre d'Espagne, adhère en 1942 au Parti communiste alors qu'il se lie à Paul Éluard et participe aux publications de la presse clandestine (Pierre Seghers, Jean Lescure). Il demeure, malgré bien des réticences sur la fin des années 1960, fidèle à son engagement jusqu'en 1980.
En 1968, Jeanne Moreau interprète 17 textes de Guillevic (Les Chansons de Clarisse). Ils furent inspirés par un personnage d'un roman d'Elsa Triolet (Les Manigances) et mis en musique par Philippe-Gérard.
En 1977, il collabore avec le peintre Bernard Mandeville, dans le cadre d'un ouvrage biographique de l'artiste.
Guillevic a reçu le Grand Prix de poésie de l'Académie française en 1976, le Grand Prix national de la poésie en 1984, le Prix Goncourt de la poésie en 1988 et le Prix Bretagne en 1975.

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