Pourri. Nul. Archinul. Superlativement stupide. Du pur n'importe quoi. Je mentirai en affirmant que j'ai totalement détesté "99 francs", "L'amour dure trois ans" et "Windows on the world". Mais, outre ces trois livres, somme toute passables, tout ce que j'ai lu de Beigbeder m'a cruellement déçu. Le "Roman français" dont certains critiques vantaient la profondeur et la maturité n'a pas été à la hauteur de mes attentes. "Au secours pardon" est d'un ridicule consommé, accumulant les lieux communs sur la Russie et les réflexions foireuses, sans parler de l'histoire qui ne mène à rien et ne tient pas debout. Les livres de "critique littéraire" (entre triples guillemets) de Beigbeder, "Dernier inventaire avant liquidation" et "Premier bilan après l'apocalypse", sont nuls sur toute la ligne, du flan, du vent. Quant à "L'égoïste romantique", le livre m'est tombé des mains après une dizaine de pages. Illisible et méprisable.
L'histoire de "Vacances dans le coma" (deuxième roman de l'auteur, une plaquette de 150 pages) est ténue. Marc Marronnier, chroniqueur mondain, est invité à l'ouverture d'un nouveau night-club branché à Paris, Les chiottes, où son vieil ami, Joss Dumoulin, DJ de l'heure, reconnu internationalement, s'occupe de la musique. Marc est content, il va avoir du sexe ce soir. Il rencontre toutes sortes de personnalités publiques plus snobs les unes que les autres, dont il se fout (et dont on se fout aussi). Conversations vides. Il se soûle. Il tente de draguer trois femmes, toutes ces tentatives se soldent par de lamentables échecs. Les heures passent. Il sort avec une bande de voyous chics, ils commettent des actes de vandalisme dans les rues, puis montent sur le toit d'une église où ils fument du "shit" et échangent des réflexions qui se veulent intelligentes sur l'état du monde et le sens de la vie. Ensuite, ils retournent dans la boîte de nuit. Marc Marronnier finit la soirée avec une femme sur laquelle il est tombé presque par hasard et dont il tombe amoureux automatiquement. Mais, oh! surprise! retournement de situation inattendu! (SPOILER ALERT!) on découvre à la fin, en même temps que Marc lui-même, que cette femme est en fait SA femme, qu'il a épousée deux ans auparavant. Tout est bien qui finit bien! Tombée du rideau. N'applaudissez pas trop.
On trouve dans ce roman tout ce qui m'irrite chez cet auteur, quand il est à côté de la plaque. Name-dropping, jeux de mots faciles, romantisme à deux balles, langage "branché" parsemé de mots anglais (ça, c'est TRÈS agaçant, Beigbeder voudrait TELLEMENT être un auteur américain!), personnages en deux dimensions, aussi minces que du papier à rouler, narrateur superficiel, désespoir mondain... Paragraphes décousus. On a trop souvent l'impression que l'auteur se contente de faire un collage maladroit de ses "meilleures phrases" notées sur des Post-it. Le résultat : n'importe quoi.
Le moins perspicace d'entre vous aura compris que je considère que ce roman est un ratage absolu. Une étoile sur cinq : il ne mérite pas plus. Plusieurs, en parlant de Beigbeder, "crient au génie". Moi, je dis plutôt "cryogénie" : trop souvent il me laisse froid. Pardonnez le jeu de mots poche. Je dois reconnaître ici l'influence de Beigbeder sur propre ma prose (devrais-je plutôt utiliser le terme "contamination"?) Mais ça va passer, ça va passer... tiens, c'est déjà oublié.