Lui, c'est Mitia, elle : Arsène. Ils vivent de l'air du temps, qui serait moins cher en Mauricie qu'à Québec. Aussi fuient-ils au petit matin leur logement du quartier Saint-Roch en ayant pris soin de ne pas régler le loyer et d'avoir, la veille, fait la tournée des grands ducs. Là-bas, au bord du lac où ils croient avoir trouvé refuge et paix, Arsène découvre qu'un enfant mystérieusement disparu hanterait leur nouveau domicile, ce que réfute évidemment Mitia, congénitalement sceptique. Lire François Blais, c'est entrer dans un récit astucieux, plein de relances. C'est aussi se laisser emporter par une voix narrative débordante de vitalité, un peu narquoise par moments, grâce à ce qu'elle suggère de mauvaise foi et de malaise social derrière la désinvolture apparente des deux personnages centraux. On se sent totalement en Amérique, en littérature américaine.
Mitia et Arsène fuient la ville pour aller vivre dans un « chalet » (ou une maison secondaire, on se questionne d'ailleurs à savoir ce qui détermine ce qu'est un chalet, bref) à Saint-Paulin, en Mauricie. Dans le coin, ça jase comme quoi cette maison serait hantée. Mais évidemment, c'est pas tant « ça l'histoire », c'est plutôt le mode de vie cocasse des personnages (typiques de l'auteur - Amie et ami de longue date dont la relation est pas claire, bénéficiaires de l'aide sociale, avec peu de skills sociaux). Typique Blais, aussi, cette espèce de mélange de niveaux de narrations : le personnage qui écrit un roman, qui raconte la vraie histoire, etc., que je trouve toujours intéressante. Et bien sûr, cette fin oũ tu réalises que tu t'es un peu fait niaiser tout le long, qui te choque sur le coup, mais que tu te dis « ok, non, clever; j'ai eu du fun ».
Pas mon préféré de Blais à date; dans le style j'avais préféré Document 1. Mais ce fut tout de même une petite lecture relaxe et amusante, ce fut douillet de retomber dans cet univers. Je me sentais en vacances.
J'avais fait une vidéo sur *La classe de madame Valérie*, du même auteur : http://bit.ly/2hNdRvt
Un livre fun à lire, qui joue avec les niveaux de narrations et qui se lit comme du petit lait. La narration désinvolte de Blais me plait décidément beaucoup et convient au thème du livre, soit les personnages qu'on s'invente pour mieux accepter la réalité.
3.75 C'est fou comme l'auteur arrive à accrocher le lecteur même s'il ne se passe pas grand-chose la plupart du temps pour ses personnages! Et ces digressions de l'histoire principale, très réussies! J'ai déjà hâte de lire un autre livre de François Blais. Un style difficile à décrire, mais inimitable...
Un roman très fidèle au style de François Blais, qui met (encore) en scène un couple fusionnel de losers pathétiques et prend pour thème les personnages fictifs au sens large, allant de Dieu aux avatars de jeux vidéos, en passant par les fantômes – sans oublier l'ami imaginaire de l'auteur lui-même!
Une non-intrigue absurde qui aboutit en queue de poisson, tout aussi insatisfaisante qu'ingénieuse. C'est là tout l'art de François Blais! Ce n'est pas mon préféré de cet auteur, mais si on aime son style, on aime celui-là aussi. C'est divertissant!
Un roman très bien écrit, drôle et amusant à lire, particulièrement intéressant au début et à la fin. J'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs au milieu, comme si l'histoire piétinait, les nombreuses digressions finissant peut-être par alourdir la narration. Néanmoins, le point fort du roman me semble être cet humour de l'auteur qui, en évitant la légèreté et le sarcasme, permet de faire voir tout le malaise social et existentiel des personnages, ce qui les rend encore plus attachants malgré leur marginalité.