Dans ce livre, Caroline Dawson s’adresse à son fils qui célèbre ses 7 ans, le même âge qu’elle avait lorsqu’elle a immigré au Québec, pour lui raconter tout ce qu’elle a eu d’abord l’instinct de taire : l’exil, le racisme, la honte. Avec une écriture soignée cherchant à traverser les frontières entre la poésie et le récit, l’autrice répare la césure qui sépare la réfugiée timorée dans un monde inconnu de ce garçon téméraire, trilingue et amoureux des bestioles. Ce qui est tu bâtit minutieusement de véritables ponts entre les expériences et les générations, de manière à donner en héritage non pas la honte, mais rien de moins que la beauté du monde.
Caroline Dawson est née en 1979 à Valparaiso au Chili. Elle est professeure de sociologie au cégep Édouard-Montpetit à Longueuil et autrice de Là où je me terre (2020) publié aux Éditions Remue-ménage.
Ses années d'études supérieures sont marquées d'un parcours militant et d'une implication politique au sein de sa communauté universitaire. En 2004, elle publie, sous la direction du professeur de sociologie de l'Université de Montréal et de ses collègues étudiants, un article intitulé « Génération numérique et nouvelle économie » dans une revue appartenant aujourd'hui aux Éditions Presses de Sciences Po. L'article est une analyse de l'insertion des jeunes socialement et professionnellement dans une société où la « culture Internet » est de plus en plus prisée.
En 2007, Dawson contribue à la publication d'un article dans Éducation et sociétés portant sur le regard des dirigeants des études collégiales et supérieures sur la question des nouvelles technologies de l'information et de la communication.
Elle obtient en 2005 sa maîtrise de l'Université de Montréal en sociologie avec un mémoire sur la génération numérique et son insertion dans le monde du travail qui est en mutation économique.
Les vues politiques de Caroline Dawson sont majoritairement de gauche : « enjeux environnementaux (la lutte contre les changements climatiques), sociaux (la lutte contre la pauvreté, pour l'égalité des chances, pour la justice), économiques (la redistribution de la richesse, le développement durable) et politiques.»
Elle occupe une place dans l'espace public en s'exprimant dans les médias sur divers sujets sociaux et politiques.
Un petit livre qui contient beaucoup de beauté, de laideur, de don de soi...et tellement de choses et moments qui ont de l'autrice ce qu'elle est devenue aujourd'hui. Un recueil définitivement à lire et à relire pour en comprendre tout le sens, toute la cartographie des lieux réels comme symboliques (oui, ça l'air full on littéraire deuxième degré mon affaire, mais vous allez comprendre en le lisant... Elle mentionne beaucoup d'endroits à Montréal et plusieurs ont des symboliques particulières). Un petit bijou. Un livre que je vais lire et relire et relire encore. Merci Caroline pour ce cadeau.
P.S. je n'ai rien contre les littéraires et les grandes analyses hein! Je suis bachelière en lettres après tout, mais je lis d'abord avec le coeur, ensuite avec la tête. Et ici, les émotions sont renversantes.
« J’attends partout que le passé me pleure dessus » « Nos rires volaient du temps » « Je te dirai tout, te dirai comme j’écris, en bégayant, j’écris en trébuchant »
« aujourd’hui je t’ai raconté la réfugiée, les hétérocères affolés. je t’ai dis les fachos, les lacrymos, les guanacos, le venin des scorpions, la torture, les assassins, les disparus. je t’ai raconté ce qui est tu » - p. 81
J’ai eu la gorge serrée tout au long de ma lecture. L’écriture de Caroline Dawson est tout simplement magnifique. C’est une histoire qui l’habite, qui lui appartient et qu’elle lègue d’une certaine façon à son fils même s’ils ne la partageront jamais entièrement.
un coup de cœur instantané. caroline dawson écrit avec un talent brut et éphémère, ses mots explorant l’identité, l’enfance, et l’héritage avec une tendresses palpable. j’ai adoré adoré adoré.
Comme le roman de l'autrice, ce recueil est magnifique. Elle peint le laid en parvenant à le rendre beau, émouvant. Elle dépeint les réalités de la pauvreté, de l'immigration, du fait d'élever un enfant en tant qu'immigrante.
4.5* Court recueil de poésie où Caroline Dawson raconte son héritage culturel à son fils de 7 ans, âge où elle est elle-même arrivée au Québec alors que sa famille fuyait Pinochet.
C'est vraiment excellent. La poésie me tape parfois sur les nerfs quand j'ai l'impression qu'on ne fait que mettre plusieurs mots recherchés les uns après les autres, mais ce n'est pas le cas ici. Le vocabulaire est riche sans qu'il ne soit inapproprié, les tournures de phrases sont bien choisies. Les thèmes de l'immigration, de la mixité sociale et de l'héritage culturel sont très bien incorporés.
Il faut peut-être avoir déjà lu Là où je me terre pour comprendre toutes les nuances de ce deuxième livre de Caroline Dawson. J'ai surligné plusieurs passages touchants. Et quel excellent choix de titre à double sens! Une oeuvre foncièrement québécoise et authentique, à relire.
Très bon livre pour s'initier à la poésie. Il comporte tout plein de vers qui nous font déposer le livre un petit instant pour prendre une grande respiration et en apprécier la beauté et l'émotion.
Par exemple,
"les comètes se taisent dans un volcan."
"québec ce n'est pas l'hiver ni le fleuve mais l'asphalte à plein poumons un biberon en point de départ le mcdo au métro longueuil comme guide alimentaire du smog à perte de vue une canne de pepsi vide du passé tva pour confident le jour des vidanges pour amant pis en espoir d'arrivée un chsld."
" dans un coin de mes retranchements il m'attend au détour d'un biscuit maman raconte moi une histoire qui finit bien son père invente dragons et cyclopes de pays où il ne pleut jamais cyborgs agomphes trolls à massue des planètes entières défenestrées par leurs rires
je suis une fée pénurie en mode réalité nerveuse il me demande à mon tour une histoire qui parle de quoi
qui parle de toi de toi quand t'étais petite maman libellule
maman libellule est muette
je ne sais pas comment transformer mon enterrement en comptines "
Encore une fois, l’écriture de Caroline Dawson est franchement émouvante. Ce livre est une libération, mais aussi un héritage familial, et c’était un privilège de pouvoir le lire, d’avoir accès à cette histoire qui est la sienne, celle de sa famille, de son fils. Coup de cœur pour le titre, dont le double sens est tout à fait brillant.
« à pas de souris je m’enfarge dans les casse-tête de l’éducatrice en espagnol. lui demande como se siente. à la moppe des concierges están cansados. au gars qui lave les jouets como está la familia. si si todo bien, comme si on venait du même pays, y tú cono estás corazón. »
Je lis rarement de la poésie et c’est dommage. C’est un genre littéraire plus hermétique qui fait un peu peur parce que la narration est plus décousue. Mais rien de telle que la poésie pour créer de l’émotion et des images fortes. La langue de Dawson est révélatrice de sa mixité. Les mots portent avec beaucoup de justesse et de créativité, mais sans nous épargner, son exil du Chili à Hochelaga, jusqu’à la Sainte-Cath, son enfance pauvre, sa vie de réfugiée, la couleur de sa peau qui l’ostracise. Elle se raconte à son fils de 8 ans, alors qu’elle-même, au même âge, vivait ses premiers balbutiements québécois.
Un recueil de poésie, s'il en est un, où l'autrice raconte son histoire d'immigration en l'adressant, cette fois-ci, à son fils. D'une grande beauté, ce livre touchant nous permet de nous mettre dans la peau de Caroline Dawson, d'imaginer et de comprendre les sentiments qu'elle a pu vivre dans son parcours. Malgré tout, elle transmet son message dans la douceur.
Personnellement, j'ai été pratiquement incapable de lâcher ce recueil. Il était si bon, si bien écrit qu'il était impossible pour moi d'arrêter. Je devais me rendre jusqu'au bout. Grandiose, c'est un coup de coeur. Grandiose, il est à relire. Encore et encore.
PS: Même si tu ne lis pas beaucoup de poésie et que cela te fait peur, lis ce recueil. Dans le fond, c'est juste un récit brillamment raconté.
"aujourd’hui je t’ai raconté la réfugiée, les hétérocères affolés. je t’ai dit les fachos, les lacrymos, les guanacos, le venin des scorpions, la torture, les assassins, les disparus. je t’ai raconté ce qui est tu"
"y'a rien de trop beau pour le monde pas de fenêtres qui se prennent l'autobus plein la gueule les jours de verglas vers l'immense mystère qu'ils célèbrent triangle des bermudes théâtre de fourmis derrière le cliquetis on pleure la poule pleure l'oeuf pleure la virgen de guadalupe c'est ici que je grandis sans rien exiger en retour"
Les 2 étoiles sont purement subjectives. Simplement que j'ai de la misère à lire de la poésie, je ne sais pas trop comment faire j'ai l'impression. J'ai apprécié certains poèmes, mais les autres sans plus. Toutefois, je suis certaine qu'un adepte de la poésie aimerait ce livre qui raconte des passages de la vie de Caroline Dawson.