Au cœur du Cantal, dans la chaleur d’août 1914, les hommes se résignent à partir se battre. Joseph, quinze ans, a la charge de prendre soin de la ferme familiale avec sa mère, sa grand-mère et Léonard, vieux voisin devenu son ami. Dans la propriété d’à côté, Valette, tenu éloigné de la guerre en raison d’une main atrophiée, ressasse ses rancœurs et sa rage. Il doit recueillir la femme de son frère, Hélène et sa fille Anna, venues se réfugier à la ferme.L’arrivée des deux femmes va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes.
♪ Quoi ma glaise ? Qu'est-ce qu'elle a ma glaise ? Quelque chose qui ne va pas ? Elle ne te revient pas ? ♫
Lorsqu'on ouvre le nouveau roman d'un auteur qu'apprécie fortement, d'un auteur qui nous a donné des coups de coeur, on a toujours cette peur au ventre, cette appréhension : est-ce que cette fois-ci je vais ressentir autant d'émotions que dans l'autre ?
"Grossir le ciel" avait été magistral niveau émotions ressenties, "Vagabond" m'avait laissée de marbre, alors vous comprenez que lorsque j'ouvris "Glaise", j'avais un peu la chocottes.
La première ligne a dissipé ce doute, les premières phrases m'ont confortées dans le fait que je tenais en main un grand roman et une fois le premier chapitre terminé, je me doutais que des émotions, j'en aurais à foison.
Maintenant, le plus dur reste à faire : comment vous en parler ? Par quel bout commencer pour en parler comme je voudrais vous en parler, pour tenter de vous faire ressentir toutes les émotions qui m'ont submergé durant ma lecture ? Difficile.
Alors, venez avec moi dans un petit coin perdu du Cantal, sorte de trou du cul de la région qui se retrouve uniquement peuplée, non pas d'irréductibles gaulois, mais de femmes, d'enfants et de vieillards, puisque tous les hommes valides sont partis, la fleur au fusil, bouter le teuton de France, le tout en moins de quinze jours, cela va de soi.
Avec le recul, on sait que certains se sont avancé avec un peu trop d'enthousiasme dans le fait que ce serait une guerre éclair. Elle fut longue et dure, et ce n'est pas là que je préfère les longueurs et la dureté.
L'écriture de l'auteur est belle, poétique, lyrique, magnifique, elle vous emporte ailleurs pour vous déposer directement dans ce petit coin perdu de France, à une époque que vous et moi ne pouvons pas connaître.
Ses personnages ont de la prestance, de la présence, on les sent vivant, réellement. Joseph est comme tous les jeunes, un peu taiseux, un peu fougueux, passionné. Il est l'homme de la maison depuis que son père est à la guerre.
Valette, le salaud de service est plus un méchant pathétique qu'impressionnant. On a envie de le baffer, certes, mais aussi de le plaindre parce qu'avec un caractère pareil, la vie ne doit pas être gaie tous les jours : alcoolo, violent, bas de plafond, estropié d'une main qui fait qu'il n'ira pas à la guerre, et ça lui plombe son moral.
Les femmes, quant à elles, elles sont effacées, derrière les hommes et cette guerre va leur permettre aussi de montrer leur vrai valeur car ce sont elles qui font tourner la France et si le labourage et pâturage ne sont pas toujours les deux mamelles de la France, elles font ce qu'elles peuvent pour que les exploitations agricoles continuent de les nourrir.
Si la campagne, ça vous gagne, moi, la campagne, ça me connait un peu, même si ce n'est pas celle des années 1914. On sent que l'auteur a potassé son sujet, soit en lisant, soit en écoutant les vieilles histoires au coin du feu, car ce que j'ai lu était le reflet de ce que je connaissais, sauf avec l'histoire du petit veau parce que Valette est hors-norme comme enfoiré de première.
Ce roman, j'avais envie de le dévorer, mais je me suis contenue, lisant doucement, m'imprégnant bien de ses mots, des ses phrases, de ses personnages, de cette prose qui est la signature de l'auteur et qui sait si bien me donner moult émotions différentes, dont une envie de lire le prochain s'il est de la même trempe…
Comme disait la pub « La campagne, ça vous gagne » (je sais que c'était la montagne) et moi j'ajouterai qu'avec Franck Bouysse, rien n'est lisse ! Il vous parle de la campagne comme les vieux de chez nous, ceux qui ont toujours une anecdote ou une histoire à vous raconter, belle ou tragique, mais réaliste.
Un beau et grand roman, noir, sombre, lumineux, rempli d'émotions en tout genre.
Un style toujours aussi magnifique, qui vient tout droit d'une époque révolue. Sans doute la plume la plus classique des auteurs contemporains. Franck Bouysse sait dépeindre la vie rurale française du temps de nos aïeux comme personne. Une histoire simple (peut-être un peu trop?), tranches de vie de 2 familles devant survivre aux conséquences dramatiques de la 1ère guerre mondiale. Énorme talent.
Abandon p.180 C'est vraiment rare que j'abandonne un livre mais franchement là c'est trop. Je vois pas l'intérêt de décrire le viol d'un veau par un mec??? Qu'est-ce qui va pas dans la tête des gens putain ...
Très belle langue avec un style parfaitement maîtrisé. Nous sommes à nouveau dans un monde paysan refermé sur son univers. Nous sentons le drame se construire au fil des pages... Le dénouement se déroule rapidement, trop rapidement... Il nous surprend cependant. En revanche, quelques personnages semblent avoir été oubliés. La lecture des noms inscrits au monument aux morts apporte quelques indications.
J'ai retrouvé ici la plume de Franck Bouysse comme je l'ai aimée dans "grossir le ciel". Nous sommes sur un récit très sombre, l' ambiance est vraiment pesante, collante, poisseuse, elle en est presque palpable ! Certaines scènes sont tout simplement dégueulasses. J'ai rarement ressenti autant de dégoût envers un personnage, qu'envers celui de Valette. L'ambiance générale du livre m'a vraiment mise mal à l'aise, on a un espèce de sentiment de gênance tout le long. Je me suis donc "attachée" à la façon dont le récit est écrit et construit, parce que l'histoire me laisse un peu perplexe. Je ressors de cette lecture avec beaucoup trop de questions, avec un sentiment d'inachevé beaucoup trop important. Je n'ai pas ressenti d'empathie particulière pour les personnages, mais en même temps j'imagine que c'est fait exprès, pour rajouter encore un peu de froideur au roman. C'est donc un grand oui pour la plume de Franck Bouysse (Lisez "Buveurs de vent", c'est mon pref'), mais c'est un petit non pour l'histoire en elle même.
Je n'avais pas cru adhérer à ce point, tant dans les premières pages le style est forcé jusqu'au risible. On sent l'écrivain qui se regarde écrire-- et applaudit. Heureusement, même si cela revient parfois ce n'est généralement pas le cas. L'évocation du Cantal et de la vie à la campagne en 1914 est puissante, de même que les personnages. Certaines choses ne sont pas assez dites: j'aurais aimé en savoir plus sur le chiot par exemple. On a des détails attachants sur sa venue au monde... puis rien. En revanche certaines autres choses auraient gagné à rester seulement devinées: ce qui sous-tend les dialogues en italiques. Tellement plus beau sans mettre les points (les poings!) Sur les "i". 4 étoiles donc car je n'ai pas pu refermer ce roman et vais sans doute continuer à l'habiter. Mais c'est malgré quelques effets de style et quelques scènes superflues.
Univers rude et sans pitié à l'image de la première guerre mondiale qui vient d'éclater. On suit ceux qui sont restés, tout aussi bruts et lourds que la glaise des champs avec laquelle le jeune Joseph sculpte. On est happé par cet univers hors du temps, mais où la guerre fait quand même des ravages.
Ce roman est basé sur le thème de la 1ère Guerre Mondiale, du côté des familles qui sont restées, pas des combattants.
J'ai aimé l'écriture de l'auteur, elle est fluide et captivante. On veut poursuivre cette lecture. C'est, peut-être, pour ça que j'ai trouvé la fin un peu trop abrupte, j'aurais aimé qu'elle soit plus développée.
Je recommande cette lecture qui est vraiment bien écrite.
Si vous craignez l'abus d'animaux, je ne vous recommande pas ce livre. C'est un livre "noir" mais Bouysse est allé un peu loin avec les animaux. Il y avait des scènes vraiment dégoûtants. La fin du livre m'a également déçu.
Août 1914, dans le Cantal. A Saint-Paul-de-Salers, petite bourgade du Puy violent, Victor est mobilisé et rejoint son régiment, avec son vieux percheron, lui aussi réquisitionné. Derrière lui, il laisse sa mère âgée, Mathilde, son épouse et Joseph, son fils de 15 ans qui devra remplacer son père à la ferme, gérer les récoltes et prendre soins des bêtes. Dans les fermes, tous doivent aussi se battre pour s’en sortir sans les hommes. Mais le jeune garçon pourra compter sur la solidarité de Léonard, trop vieux pour partir à la guerre, et qui deviendra rapidement un ami et confident pour Joseph. Loin des canons et de cette période perturbée, c’est la vie de plusieurs exploitations de cette commune auvergnate qui revit sous la plume de Franck Bouysse. > http://untitledmag.fr/la-pochotheque-...