« Je suis née sous les bombesje mourrai sous les motsqu’il pleuve sur moi des torrents infinisje me redresseraimouillerai mes cheveuxet danserai encore »
La frontière de mon pays s'étend comme un arc sur les branches supérieures d'un grenadier planté par mon père arrosé par ma mère
un proverbe dit: « qui te présente une grenade épluchée t'aime d'un amour plus pur que le ruisseau»
mon père ne m'a jamais dit je t'aime ses lèvres cousues par la guerre il ne pouvait parler mais il m'épluchait des grenades une grenade par jour en septembre dans chacune
Alors il y a de très beaux poèmes dans ce recueil, mais je dois avouer que je suis déçue qu'un recueil aussi court, et qui coûte tout de même 14 euros, ne contient ni introduction, ni préface ou postface - sans être éditrice, j'arrive à imaginer au moins cinq choses qui auraient pu être ajoutées pour apporter un petit quelque chose en plus. Pour en revenir aux poèmes, j'ai annoté certains d'entre eux et les partagerai avec d'autres, mais il y a beaucoup de très petits poèmes de 1-5 lignes qui prennent toute une page... Mouais.
Très beau recueil de poèmes dans lequel l'autrice utilise le zaatar, ce mélange d'épices très utilisé au Liban pour parfumer les plats, comme fil conducteur avec ce qu'il évoque, pour elle, de ce pays qu'elle a quitté jeune. Il est question d'exil, d'amour filial, d'amour tout court, de naissance sous les bombes qui donne une belle énergie pour vivre. La poésie est rythmée, alerte, joue avec les mots, avec les lettres et se déclame volontiers. Une très belle découverte !
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Très immersif et curieusement assez doux (peut-être plutôt doux-amer ?), ce recueil propose une poésie intime mais qui n'exclue pas pour autant le lectorat. Il semble le pousser à ouvrir les yeux et à regarder une vie, parmi d'autres, impactée par la guerre toute proche et le destin de celles et ceux qui n'ont pas survécu. J'ai particulièrement apprécié les jeux de mise en pages et de langues et je lirai d'autre ouvrages de Sofia Karampali Farhat avec grand plaisir.
“qui te présente une grenade épluchée t’aime d’un amour plus pur que le ruisseau.” mon père ne ma jamais dit je t’aime […] mais il m’épluchait des grenades.
[…]
beyrouth viens a moi cent fois voulue mille fois violée tu dois être terrifiée mais n’aie crainte dans mes bras
[…]
il est temps d’être temps de vivre et de libérer le temps
C’était super ! J’ai vraiment envie de lire plus de poésie et j’ai adoré découvrir cette autrice avec le recueil Zaatar, superbement écrit Très belle mise en page et en prose
J'ai lu en marchant. J'ai marché croche. Derrière moi une femme l'a signalée. Désolée c'est parce que vous faites comme ça. Comme ça c'est penser que c'est assez mais non c'est encore plusse que ça.
Sofia Karámpali Farat couche sur le papier ses pensées en des poèmes épars et dissolus : sur le Liban, la guerre, l'amour... Je ne mettrai pas de notes ; je n'ai pas été très sensible à sa plume.
The topics were interesting and I liked seeing the poems as an evolution of the poetess' life, like a sort of a timeline. Unfortunately, this style of contemporary poetry is not my cup of tea. I don't think it's particularly very experimental but it's quite... modern (having sometimes only one single sentence on a page). I'm not the biggest fan of the imagery used either.
On the other hand, I didn't mind how meta it could get. Several poems were about writing poetry and I personally see this literary genre as a great impactful political tool to get your message across and let your voice be heard. The poetess' voice matters.