"Longtemps, je n'ai pas su de quel milieu je venais. Pendant ma prime enfance, même, j'ai pensé que je venais d'un milieu social aisé. À un moment, j'ai compris : ma famille et moi, nous étions pauvres." Les origines : voilà un "grand mot" pour répondre à la question de nos identités et de nos devenirs. Sommes-nous la somme des déterminations biologiques et sociales dont nous avons hérité ? Si, en revanche, l'identité se construit au fil de la vie, quelles places y tiennent le travail et le mérite ? Gérald Bronner, "transclasse" lui-même, s'interroge et revisite la question sous le double angle du savoir sociologique et de son expérience personnelle. Une réflexion émouvante, ainsi qu'un plaidoyer en faveur de la complexité qui rend nos origines dignes d'être racontées.
Analyse très intéressante des doubles honneurs reçus par les transfuges qui se sentent coupables. Pour autant, ne réfute en aucun lieu la thèse du déterminisme et pose le libre arbitre comme hypothèse de base, sans justification.
Très bavard mais peu intéressant et difficile à comprendre par son contenu (ex : parler de la mythologie sur l'origine du monde comme si tout le monde a forcément les références). Seuls les passages où il parle de lui même m'ont parus intéressants. Déçue car je m'attendais à mieux sur le sujet.
Un essai riche et bien documenté qui tente de décortiquer ce qui fait de nous "nous". le style est dense et légèrement pompeux par moments, avec des tournures un peu "show off" qui donnent l'impression qu'il écrit pour impressionner plus que pour vulgariser. mais dans la finalité, il y a une réflexion hyper intéressante
Un livre passionnant qui entremêle expériences personnelles de l’ordre du sensible, souvenirs et corpus large réunissant travaux sociologiques, psychologiques ou encore scientifiques.
Tout l’intérêt de cet ouvrage tient dans l’argumentation complexe sur la question centrale des origines. Gérald Bronner, lui même transfuge, nous propose ici une analyse sociologique qui refuse de tomber dans une analyse simpliste du déterminisme social. Il apporte au contraire des dimensions nouvelles à la grande question du « Pourquoi sommes-nous qui nous sommes ? » : l’influence des pairs (et notamment des amis), l’importance des discours autour de la réussite reçus dans l’enfance, la dignité des classes modestes, leur combativité et les récits y compris critiques qu’elles construisent autour des classes dominantes.
Une enquête pour reprendre le pouvoir, ne pas forcément se penser seulement comme dominé ou dominant, et réfléchir à plusieurs niveaux d’analyse.
Je crois que j’ai récupéré ce bouquin un peu par hasard, un jour où Léa L faisait du tri dans sa bibliothèque.
De prime abord, je ne me sens pas particulièrement proche de Gerald Bronner— et le début du livre, avec une référence à Caroline Fourest, m’a plutôt fait craindre le pire. Mais au final, malgré mes a priori, c’est une bonne surprise qui invite à l’introspection !
Forcément lu en plein quartier juif de Cracovie, cette question des origines s’est forcément posée, comme à chaque fois qu’on me demande : « Pourquoi la Pologne ? » Est-ce le simple fruit du hasard si je m’y sens bien, au point d’y revenir souvent ? Une prophétie autoréalisatrice née d’une identité à moitié fictive et auto-attribuée ? Ou bien une question de génétique, d’héritage familial ? Mais dans ce cas, pourquoi pas la Lituanie ? Pourquoi pas Israël ?
Souvent, je réponds que « j’aimerais croire que ce n’est pas qu’une histoire de racines. J’aimerais croire que nous ne sommes pas prédestinés. » Tout en sachant que je ne peux pas complètement éluder ce facteur-là non plus. Mais après tout, mon appétence pour l’Italie n’a, elle, rien d’héréditaire. Probablement que la lecture de Stendhal ou de Bonaparte y est pour quelque chose, mais de racines italiennes, pas trace. Quant à mon attachement à Montréal et au Québec, il est, lui aussi, libre de tout précédent familial. Alors pourquoi parler de prédestination pour la Pologne, et pas pour les autres ?
Mais il n’est pas uniquement question de goût dans ce que l’on devient. Le livre s’attarde longuement sur notre parcours social et professionnel. Quelle part prennent la génétique, le milieu social, le capital culturel et économique, l’effort individuel, l’environnement ou encore les rencontres dans la construction d’un parcours ? Dans nos réussites comme dans nos échecs ?
Je vous épargne la réflexion critique sur les transfuges de classe, mais si j’avais eu plus de place, j’aurais volontiers développé la remise en question — à mon sens justifiée — d’une posture un peu facile de la « souffrance de l’ascension sociale ».
Enfin, le livre se termine — ou presque — sur une idée qui m’avait déjà marquée dans le 3 de Geoffroy de Lagasnerie : un court passage montrant que la société surdimensionne le rôle de la famille et minimise celui des pairs — amis, fréquentations, rencontres — dont l’influence, pourtant décisive, est pourtant démontrée comme le montre les études sur la transmission des accents par exemple.
Alors, la réponse à ce « pourquoi des origines », me direz-vous ? Eh bien, sans surprise, on pourrait la résumer simplement ainsi : « C’est compliqué. » Mais justement, tout l’intérêt du livre réside dans ce « c’est compliqué ».
Et finalement, ce « c’est compliqué » me convient plutôt bien. Après tout, est-ce vraiment essentiel de peser au centième près la part de chaque facteur dans ce que nous devenons ? L’important n’est-il pas d’accepter que tout cela procède d’une conjugaison subtile entre influences extérieures et responsabilité individuelle ?
Ce livre, que l’on pourrait croire au premier abord centré sur la culture, s’avère en réalité une exploration fine et personnelle de la classe sociale et de la mobilité. L’auteur, sociologue, mêle éléments autobiographiques et analyse sociale pour évoquer les obstacles et les possibilités liés au passage d’un milieu à un autre. L’identité culturelle n’est abordée que brièvement, avec notamment un clin d’œil apprécié aux Sud-Est asiatiques, mais le propos reste essentiellement ancré dans les dynamiques de classe.
En fin d’ouvrage, l’auteur interroge le concept de méritocratie et souligne comment les privilèges biologiques ou les limites structurelles influencent les trajectoires sociales.
Bien qu’il ne corresponde pas exactement à mes attentes initiales, ce livre s’impose comme une lecture enrichissante pour les amateurs de sociologie de niveau intermédiaire, désireux de mieux comprendre leur position dans la société et les "enjeux" qui en découlent.
3,5 étoiles, facile à suivre/ lire, et léger à prendre malgré le poids qui portent / pourraient évoquer ses explications et propos.
Le passage sur le Dolorisme des « transclasses » est intéressant et offre un angle différent de celui communément partagé dans cette literature. À voir lequel des ponts de vue généralisé davantage que l’autre.
Le reste de l’ouvrage est une suite de lieux communs avec un enchaînement d’arguments peu développés.
Sociologue, Gérald Bronner a le recul nécessaire pour apprécier ce qui, dans la construction des identités, relève des déterminismes (sociaux, génétiques, culturels), de l'individu propre et de ses interactions avec les pairs. Sans manichéisme ni provocation, il interroge également la notion de transclasses à laquelle il préfère celle, plus poétique, de nomades sociaux.
Réflexions sur ce qui fait ce que l'on est, notre patrimoine génétique mais aussi les rencontres que nous faisons, les phrases marquantes de notre enfance qui vont nous donner confiance en nous ou au contraire nous dévaloriser. J'ai trouvé pertinent le choix des mots "transclasses" ou "nomades sociaux" plutôt que "transfuges de classe" à la connotation plus péjorative.
L’idée est bonne car pas assez étudiée par les sociologues/psychologues alors que fondamentale. Par contre, les exemples donnés sont tous des sociologues/auteurs-trices/politiques, pas assez représentatifs de mon point de vue de la population générale
Mitigée. Certains aspects sont intéressants (dolorisme, croyances façonnant des prédisposions, socialisation par les pairs, etc.), mais j’ai trouvé quelques raccourcis, notamment sur la méritocratie. Cela reste toutefois une bonne lecture pour ouvrir certaines réflexions.