Ayerdhal, Yal de son prénom (il a abandonné son nom administratif depuis 40 ans), né le 26 janvier 1959 à Lyon (La Croix-Rousse), est un écrivain français qui a commencé par écrire de la science-fiction avant de se lancer dans le thriller. Il a entre autres obtenu deux grand prix de l'Imaginaire, un prix Ozone, un prix Tour Eiffel de science-fiction et un prix Michel-Lebrun.
D'une part Mytale critique ce qu'est devenu notre société, en exposant ce qu'elle deviendra plus tard lorsque la conquête spatiale ne connaitra pas d'obstacle, mais nous montre aussi les implications bénéfiques d'une société sans technologie, mais une société modelé dans le déterminisme (c'est-à-dire que chaque personne à une fonction dans la société, qui est déterminé par sa naissance). Elle tend à montrer que notre société qui pour symbolise une société quasi idéale, nait des évolutions et des souffrances que l'on a connues dans le passé, du bonheur et de la souffrance de ceux qui ont composé la société pour qu'elle s'améliore, ne doit pas s'endormir et continuer d'évoluer si l'on ne veut pas terminer dans une société aussi impitoyable qu'est Mytale. Le tout est parsemé de critique écologique et de critiques du progressisme ininterrompu, dans le sens où la recherche du progrès exponentiel a eu des impacts sur la nature et la planète qui nous entoure : espèces disparues, flore ravagée (déforestation, pollution de l'air et de l'eau …), paupérisation de la société (révolution industrielle a augmentée drastiquement la pauvreté de toute une frange de la population…). Ce livre, premier témoignage pour moi des romans d'Ayerdhal, est une excellente découverte : les sujets traités sont profonds, subtils et nuancé : aucune des entités, que cela soit Mytale ou la Fédération ne sont, des sociétés idéales, aucune n'est bonne ou mauvaise, chacune à ses qualités et ses défauts et montre la place de l'individualisme qui peut faire bouger les choses. Cette nuance est possible par ces articles de début de chapitre où des scientifiques de la Fédération, qui à l'image d'historiens, tentent d'avoir une approche critique de la société mytale. Enfin, même si ces thèmes sont profonds, intemporels, le roman est écrit tel un page-runner, bourré d'action, le livre se lit avec une facilité déconcertante. Ce livre rentre au Panthéon de ma Bibliothèque.