Le Monde des Ā décrit les actions de Gosseyn, qui cherche à rejoindre une élite guidant l’Humanité. Il passe des tests au sein de la Machine, une entité électronique lui apprenant que ses souvenirs sont faux, le poussant ainsi dans une quête identitaire amenant Gosseyn à croiser des membres de l’élite, certains cherchant à l’aider, d’autre à le tuer (on ne peut pas avoir que des amis parmi les Non-Ā!). Ajoutons à cela des plans machiavéliques d’un empire interstellaire cherchant à conquérir le système solaire, des doubles de Gosseyn aux pouvoirs prodigieux et un peu super-héroïques, et nous voilà avec un très bon roman de science-fiction, mais pas seulement.
Un peu moins daté que les écrits de Asimov, les romans de A.E. van Vogt peuvent faire sourire dans leur étalage de technologie et de comportements un peu désuets. Il n’en reste pas moins que son œuvre, plus particulièrement cette trilogie du Ā, permet d’appréhender les espoirs de ces gens qui voulaient intégrer la pensée non-aristotélicienne au sein de notre culture occidentale. Comme souvent d’ailleurs, l’aspect didactique se manifeste derrière les éléments de la sf, et il me semble bon d’agir ainsi dans un souci d’instruire… Même si d’autres, comme Ron Hubbard tentèrent l’application de leurs théories via le texte de science-fiction, pour des objectifs moins louables.
Enfin bref! Le Monde des Ā est vraiment une œuvre à découvrir, je n’en dirai pas autant des deux autres composantes de la trilogie, mais celui-ci reste réellement un classique d’une période extrêmement riche en espoirs et en visions parfois prophétiques de notre présent.