Le Maître des murmures étend son empire sur le royaume de Zhal et promet à quiconque d'exaucer son voeu en échange d'un accès total à ses yeux et ses oreilles. Zeb refuse ce marché de dupe et doit s'exiler. A sa mort, son fils Adam a bien du mal à respecter la promesse faite à son père de ne jamais céder aux avances du Maître des murmures.
Rick Remender is an American comic book writer and artist who resides in Los Angeles, California. He is the writer/co-creator of many independent comic books like Black Science, Deadly Class, LOW, Fear Agent and Seven to Eternity. Previously, he wrote The Punisher, Uncanny X-Force, Captain America and Uncanny Avengers for Marvel Comics.
Terminer l’intégrale de Seven to Eternity, c'est un peu comme sortir d'un rêve fiévreux : on est ébloui par la lumière, mais on se réveille avec un poids immense sur la poitrine.
J'ai adoré ce voyage, même s'il faut bien l'avouer : c'est une lecture profondément déprimante.
Rick Remender, un de mes auteurs préférés, ne nous offre pas une épopée de (dark) fantasy classique, mais une autopsie de la volonté humaine. En suivant Adam Osidis, on croit s'engager dans une quête de rédemption, pour finalement assister à une érosion morale lente et inéluctable. Le génie du scénario est de nous rendre complices : chaque trahison d'Adam est justifiée par un amour filial (relation père-fils, thème cher à Remender) ou un pragmatisme désespéré, nous forçant à nous demander : "Et moi, aurais-je fait mieux ?"
Le trait de Jerome Opeña et les couleurs de Matt Hollingsworth sont au sommet de l'art séquentiel. Zhal est un monde d'une richesse baroque, où le merveilleux est systématiquement souillé par le Maître des Murmures. C'est paradoxalement cette beauté visuelle qui rend la chute d'Adam si douloureuse à suivre. La narration visuelle, avec ses plans larges sur des terres désolées, accentue ce sentiment de solitude absolue.
Le Maître des Murmures n'est pas un méchant de pacotille ; il est le miroir de nos propres renoncements. Il représente cette tentation moderne de troquer notre liberté contre un confort immédiat ou la fin d'une souffrance. La conclusion, d'un cynisme foudroyant, refuse tout deus ex machina pour nous laisser face à une vérité amère : parfois, le mal ne gagne pas par la force, mais par notre incapacité à sacrifier ce que nous aimons pour le bien commun, par notre égoïsme aussi
Pour résumer, seven to eternity est une œuvre de dark fantasy monumentale, portée par une équipe artistique sans faille. C'est brillant, sombre et psychologiquement épuisant. On en ressort avec un goût amer, certes, mais avec la certitude d'avoir lu un classique instantané du comics.
Prévoyez de quoi vous remonter le moral après avoir refermé ce livre, car Remender ne vous ratera pas.
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