Dans cet ouvrage, aujourd'hui, difficilement trouvable, Alfred Gernoux retrace les divers événements qui ont chamboulé le pays de Châteaubriant (en Loire-Atlantique) pendant la Seconde Guerre Mondiale.
L'ouvrage commence par décrire la ville, il la place dans un contexte, dans une histoire pour enchaîner assez vite avec l'attentat contre le lieutenant-colonel Holtz à Nantes le 20 octobre 1941. En représailles, les Nazis décident de commettre leur premier massacre collectif à Châteaubriant le 22 octobre 1941. Furent choisit parmi les prisonniers du camp de Choisel (près de Châteaubriant), 27 hommes, dont le très jeune Guy Môquet, 17 ans, qui furent fusillés à la Sablière (aujourd'hui visitable).
L'ouvrage témoigne de la vie dans le camp de Choisel, retranscrit les dernières lettres des fusillés, mais également d'autres massacres du pays de Châteaubriant, moins connus : La Blisière, les maquis de Saffré, Teillay, Domnesche...
Ecrit en 1945-46, l'auteur décrit fidèlement les émotions ressenties, l'atmosphère qui régnait pendant et après la guerre, qui témoignent des mentalités de l'époque.
Néanmoins, ce n'est pas un récit neutre, comme un historien pourrait faire aujourd'hui. Cet ouvrage est à prendre tel qu'il se présente : le récit de Châteaubriant et ses occupants pendant et juste après la guerre.
Une très belle écriture que l'on découvre lorsque l'auteur sort des témoignages et du report des événements passés. Même si les idées, notamment politiques, de l'auteur transparaissent.