"M. de Guise ne se mêlait point dans la conversation, et sentant réveiller dans son coeur si vivement tout ce que Mme de Montpensier y avait autrefois fait naître, il pensait en lui-même qu'il pourrait y demeurer aussi bien pris dans les liens de cette belle princesse que le saumon l'était dans les filets du pêcheur." Madame de Lafayette (1634-1693) est l'auteur de l'un des romans les plus connus de la littérature française, La Princesse de Clèves, paru en 1678. Amie de Madame de Sévigné et de quelques grandes figures littéraires de son temps, elle a également écrit des mémoires, des nouvelles historiques et un long roman, Zaïde.
Marie Madeleine Pioche de la Vergne, comtesse de la Fayette
Christened Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, she was born in Paris to a family of minor but wealthy nobility. At 16, de la Vergne became the maid of honor to Queen Anne of Austria and began also to acquire a literary education from Gilles Ménage, who gave her lessons in Italian and Latin. Ménage would lead her to join the fashionable salons of Madame de Rambouillet and Madeleine de Scudéry. Her father, Marc Pioche de la Vergne, had died a year before, and the same year her mother married Renaud de Sévigné, uncle of Madame de Sévigné, who would remain her lifelong intimate friend. In 1655, de la Vergne married François Motier, comte de La Fayette, a widowed nobleman some eighteen years her senior, with whom she would have two sons. She accompanied him to country estates in Auvergne and Bourbonnais although she made frequent trips back to Paris, where she began to mix with court society and formed her own successful salon. Some of her acquaintances included Henrietta of England, future Duchess of Orleans, who asked La Fayette to write her biography; Antoine Arnauld; and the leading French writers Segrais and Huet. Earlier on, during the Fronde, La Fayette had also befriended the Cardinal de Retz. Settling permanently in Paris in 1659, La Fayette published, anonymously, La Princesse de Montpensier in 1662. From 1665 onwards she formed a close relationship with François de La Rochefoucauld, author of Maximes, who introduced her to many literary luminaries of the time, including Racine and Boileau. 1669 saw the publication of the first volume of Zaïde, a Hispano-Moorish romance which was signed by Segrais but is almost certainly attributable to La Fayette. The second volume appeared in 1671. The title ran through reprints and translations mostly thanks to the preface Huet had offered.
Marie de LaFayette's La Princesse de Clèves (1678)
La Fayette's most famous novel was La Princesse de Clèves, first published anonymously in March 1678. An immense success, the work is often taken to be the first true French novel and a prototype of the early psychological novel. The death of La Rochefoucauld in 1680 and her husband in 1683 led La Fayette to lead a less active social life in her later years. Three works were published posthumously: La Comtesse de Tende (1718), Histoire d'Henriette d'Angleterre (1720), and Memoires de la Cour de France (1731).
Recueil de nouvelles qui se lit assez rapidement. C’est ma première lecture de Madame de La Fayette et voici mes observations quant à ses choix narratifs :
- beaucoup de noms à retenir - beaucoup de mariages arrangés - beaucoup de protagonistes très très (très) belles - beaucoup d’amants et liaisons secrètes vu que la femme est très très belle - beaucoup d’évanouissements et de coups d’épée quand son mari découvre tout - peu de fins heureuses
Concernant le style d’écriture détaché et parfois même froid de l’auteure, je n’arrive pas encore à déterminer s’il m’a plu ou dérangé; s’il m’a permis de juger les personnages objectivement ou si, au contraire, il m’a empêché de ressentir quelconque sympathie face à leurs malheurs.
« Adieu, Alphonse ; souvenez-vous quelques fois de moi, et souhaitez, pour mon repos, que je ne me souvienne jamais de vous. »
La jeune et belle princesse de Montpensier se laisse entraîner dans une liaison avec M. de Guise, la comtesse de Tende en fait de même avec M. de Navarre quant à Alphonse sa jalousie excessive lui fait perdre Bélasire.
Dans un style sans artifice, bref et efficace, Mme de Lafayette explore le développement puis l’inévitable échec de la violente et folle passion amoureuse. À l’exception de l’histoire d’Alphonse et Bélasire, qui n’est pas sans rappeler les passages ennuyeux de La Princesse de Clèves, l’Histoire de la princesse de Montpensier et l’Histoire de la comtesse de Tende sont riches en enseignement : "l’on est bien faible quand on est amoureux", "l’on cède facilement à ce qui plaît". Il ne s’agit pas de morale bien pensante (contrairement à La Princesse de Clèves) mais d’une profonde sagesse d’une femme avertie. Femme en avance sur son temps, l’Histoire de la princesse de Montpensier et l’Histoire de la comtesse de Tende présente un implicite appel à l’égalité entre hommes et femmes. Dans ces deux nouvelles Mme de Lafayette démontre que les relations extra-conjugales ne placent pas les hommes et les femmes sur un même pied d’égalité, ce qui est toléré pour les uns et fortement condamné pour les autres (et ce, encore dans notre société du XXIe). Ainsi ces deux nouvelles dénonce silencieusement, mais avec un fort éclat, la domination des hommes sur les femmes.
J'ai encore à trouver une histoire de Mme de La Fayette dont les personnages sont heureux à la fin. Mais, autres temps, autre moeurs, et j'ai bien apprécié ce livre.
Globalement, la meilleure histoire ici est la première, celle de la Princesse de Montpensier (la plus engageante et surtout la plus accomplie au niveau du style). Je trouve que Madame de Lafayette a un style sublime dans cette histoire et l'histoire en elle-même va bien avec. Par contre la seconde et la troisième me donnent des sentiments plus mitigés. La seconde (celle de Madame de Tende) est assez semblable à la première, c'est un peu la même histoire en plus courte, et plus scandaleurse ; la comtesse de Tende est un peu moins appréciable que la princesse de Montpensier ; j'ai plus l'impression de pouvoir sentir la jeunesse de la princesse et son immaturité qui la rend plus vulnérable - et au final la princesse est trahie, là où la comtesse trahit au moins deux personnes, dont une amie très proche qu'elle blesse beaucoup par ses actions. Le prince de Montpensier est aussi plus dur (voire violent) que le comte de Tende, à mon avis, et donc moins sympathique (malgré les tromperies du comte au début de son histoire). L'écriture est un peu moins...quelque chose. Moins maîtrisée ? L'histoire de la princesse de Montpensier est surtout plus longue et permet plus. Madame de Lafayette est surtout intéressante dans son approche psychologique des personnages (le contraste entre les passions déchirantes dont elle parle et la froideur ou du moins le détachement de sa narration, est très rafraichissant, tout est très clair et on évite la fièvre romantique). Les personnages sont dont mieux développés chez la princesse de Montpensier. La troisième histoire est vaguement plus ennuyeuse et n'a pas le langage splendide de la Princesse de Montpensier. Le texte est une narration à la première personne donc on perd un peu de ce qui fait la force du style de Madame de Lafayette - même si Alphonse est un personnage un peu fascinant si on s'intéresse un peu à l'histoire (ça ne va pas de soi, la trame, dépourvue des enjeux sociétaux des deux premières histoires - où on parle quand même d'adultères, d'amours impossibles - est un peu ennuyeuse). Il est parfaitement conscient de l'irrationalité de sa passion, des choses désagréables qu'il commet à cause d'elle (enfin surtout par jalousie), mais il les fait quand même, ce qui semble démontrer la force de l'inclinaison amoureuse, où l'homme est un pantin malheureux et impuissant, soumis et "forcé" de faire ce que son désir amoureux lui demande. La vision de l'amour peut troubler, bien sûr, et il y a quelque chose de très fataliste dans ces trois histoires - il semble que l'amour ici ne mène qu'au malheur, qu'il est complètement contraire à la raison. Mais on ne peut lui enlever (du moins à la princesse de Montpensier) sa valeur littéraire, au bout du compte.
Parmi les trois nouvelles, j’ai particulièrement apprécié Histoire d’Alphonse et de Bélasire, et surtout le personnage de Bélasire. Elle n’hésite pas à dire et à partager ses pensées et ses sentiments face à la jalousie obsessionnelle d’Alphonse. J’ai été étonnée par l’intensité de leur communication. Alphonse, quant à lui, a toujours une réponse pour justifier sa jalousie, ce qui m’a passablement énervée.
Ces nouvelles évoquent les mariages d’intérêt, les amours illusoires et les beautés trompeuses.
Première lecture d'un ouvrage de Madame de Lafayette et j'ai adoré. Ce fut une lecture rapide et j'ai beaucoup apprécié le style d'écriture de l'autrice. On y retrouve les thèmes de la passion amoureuse versus la raison, la culpabilité, la honte et également la pression sociale. Le tout dans 3 nouvelles permettant d'aborder ces thématiques sous différents angles.
This review is about the title story (which can be found in English in Terence Cave's translation of The Princesse de Cleves for Oxford World Classics). The story of the Princesse de Montpensier was written earlier than the Princesse de Cleves, and is much shorter. But it's an amazing tale in its own right. Four powerful noblemen are all in love with the same young woman, and her own desires are complicated ... I also read Domna Stanton's recent analysis of this story (a chapter in her book 'The Dynamics of Gender in Early Modern France') and it was great. Interesting points about how the medieval 'Lady of the Lake' scene is transposed into a bleaker, more realist setting, and about how one of the four noblemen displays a kind of masculinity different to that of the more aggressive men who surround him.
so it was pretty fast but a great reading! i found it very lovely even if the end was never anything like i expected!!!! i read it in French ofc and yes the vocabulary was well chosen, i mean the words to express emotions and feelings, should I remind you that Mme De La Lafayette is never wrong with a character’s emotions? Why 4 stars and not 5, yes I have to explain it bc when I see a positive review but no 5 stars, I’m seriously asking myself…anyway for me it’s bc sometimes i think the end wasn’t as thrilling as the entire novel i’ve just read so that’s it but still it has surprised me and it is very moralistic;) read it, it’s short just 3 novels about French “noblesse” …it’s a summer reading, ‘brings you Bridgerton vibes back at French Royals time, not exactly the same thing but it is worth it believe me💐
Histoire de la princesse de Montpensier : 3/5. L'histoire est tellement courte que c'est difficile de bien saisir et apprécier les personnages.
Histoire de la comtesse de Tende : 1/5. Histoire insipide
Histoire d'Alphonse et de Bélasire : 1/5. Alphonse est un personnage particulier. Si je le rencontrerais dans la rue je ne l'apprécierais pas.
Somme toute ce sont toutes des tragédies grecques où les gens se laissent mourir de honte. Pour une époque où la valeur et le courage était de mise ça m'a laissé froide un tantinet.
3,5, en fait. J'ai beaucoup aimé les deux premières nouvelles mais un peu moins l'extrait de roman, qui se répète un peu, ce qui fait un peu bizarre avec le style assez direct de Mme de Lafayette.