Voici les trois textes fondateurs du romantisme. Chacun évoque un des paysages magiques de la sensibilité moderne : Grenade et une Espagne que l'Europe avait oubliée depuis Don Juan, les forêts d'Amérique et la révélation du monde primitif, la solitude absolue de celui auquel son mal de vivre n'assigne ni repos, ni amour, ni patrie. Prophètes de toutes les "générations perdues", René, Chactas, le dernier des Abencerages annoncent l'inquiétude existentielle de notre temps.
François-René, vicomte de Chateaubriand was a French writer, politician and diplomat. He is considered the founder of Romanticism in French literature.
He has also been mistakenly given the forename François-Auguste in an 1811 edition, but signed all his worked as just Chateaubriand or M. le vicomte de Chateaubriand.
Atala Rene et Le Dernier Abencerage By Chateaubriand (1768-1848)
Atala – This is a short story published in 1801 and is regarded by scholars as the beginning of the romantic literature. A modern reader may evaluate this work in keeping this observation in mind.
It is a romantic love story of two young Indians of Florida. The author imagines a background of Indian tribes way of life and rituals, of white missionaries desperate efforts to convert the pagan population to Christianism, in the landscape of Florida described with imaginary vegetation and inhabited by mostly imaginary animals. For a modern reader, the story could be disappointing.
As an early work of Chateaubriand, it is showing the start of the elegant and generous style of writing for which the author will be known by his later works, especially in his “Memories from beyond the Grave.”
Evaluation: 3 stars
René – This is a slightly disguised short biography of the author published in 1802. It tells of his early young life in Europe, his yet to come voyages to Italy and subsequent exile to America. René reveals his previous life and his present problems of living in a state of permanent depression.
Evaluation: 2 stars
Le Dernier Abencerage – this is a short but beautiful romance in a different setting altogether, in Granada Spain at the time following the defeat of the Maurish Kings.
An elegant young Muslim, Aben-Hamet a descendant of these Kings is arriving at Granada with the intention of finding traces of the glory of his ancestors. Instead, he finds love with beautiful Bianca, a young Christian Spanish princess.
The religious conflict between the two young people is leading to a dramatic outcome. With an extensively and well-described visit of the castle of Alhambra by the two lovers and several duels on horseback assorted with beautiful dialogues, this is a work of excellence in style and originality.
Evaluation: 4 stars
For reader friends with the intention of reading all of Chateaubriand, this work is representing the author's young works.
« c’est de René que date le mal du siècle. » — mon roi... merci Chateaubriand pour le tragique et l’amour qui transcende la vie, un peu moins pour le côté Nouveau Monde et exotisme qui ne m’intéresse guère mais on te le pardonnera pour cette fois... si beau de voir le Romantisme naissant, le berceau du XIXe siècle dans sa grandeur, sa pureté, son goût pour l’extrême et son refus du compromis
Je ne m'attendait pas à cette pureté. À cette lucidité. Je comprends mieux les romantiques en ayant lu Chateaubriand... J'ai beaucoup aimé René. Ses sauts d'humeur, ses envoles, sa quête incessante de beauté et vérité, ainsi que sa tourmente de n’être jamais assouvi de connaissance universelle, sa peur et sa fascination avec l'autre--l'autre monde, l'autre être, l'autre idée-- et la subjectivité de notre identité au travers des temps, me touche. Chateaubriand excelle dans ces passages où il se penche et observe la nature. Les marécages de la Louisiane, les levés de soleil au dessus des Appalaches, les ondes du grand Mississippi, et son attention au détail exprimée dans un langage poétique sans être trop symbolique, m'a beaucoup plu. I think this collection of three tales on what is essentially le mal de vivre and being an exile both at home and abroad, is an exquisite love song to those of us who can't quite believe that the world, the material world, is man's triumph or legacy. Chateaubriand writes of what they called the "savage life", painting a romantic picture of an existence in the new world full of simplicity and devotion to higher ideals, when in reality, there is nothing simple and savage about it. Living the way Chactas or Alata lived was far more complex and demanded much more intelligence and ethical rigor than the Old world assumed. Rene seems to seek innocence and a sort of mystical experience in his travels across the sea and his sojourning with the indigenous people living there. In fact, there isn't innocence to be found, but rather, commitment to the better good of life in all its forms. Mal de vivre isn't magically cured by spending years in a foreign country, hoping their "ways" will cleanse you of your malady. Just like many folks think that back packing through a poor country will redeem their soul. In the end, I loved that Chateaubriand had Rene confess to the true motives behind his departure for the New world. There was a lot of humility in these stories and I enjoyed them very much.
Nul, nul, nul écriture comme son écrivain se regarde pleurer dans le miroir en usant des autres peuples pour une commisération toute (précurseuse) orientaliste (dix-neuviémistes je peux vous combattre)
Vallahi Google yalancısıyım; kendisi için Fransız Edebiyatı'nda Romantizm kurucusu diyor. E ben de ekledim 🙈
Şu son yaptığım Fransız/Fransızca ağırlıklı TBR'lerin kaynağı hep Hangi Batı kitabı (neden çözemedim, insert book/author butonundan cevap alamıyorum :( )
[décembre 2022] 3.5 trois histoires qui parlent d’exil c’est romantique dans le sens le plus strict du terme, on retrouve une place énorme de la nature, une exacerbation des sentiments, des réflexions religieuses et personnelles sur l’époque
Atala : Chactas, un amérindien, raconte sa rencontre avec Atala, chrétienne, et leur fuite afin de vivre ensemble sans persécution car il n’est que « sauvage » > a plusieurs moments il est dit que « la religion chrétienne triomphe sur le sauvage » ce qui m’a forcément un peu dérangé et même le terme de sauvage n’est pas adéquat (après il faut évidemment replacer dans le contexte) j’ai trouvé l’histoire intéressante et on voit l’effet de la religion sur les populations d’amérique colonisées
René : René alors exilé de son plein gré aux amériques dans la tribu de Chactas, raconte les décisions qui l’ont mené à quitter la france pour aller se réfugier parmi les « sauvages » > il y a des réflexions intéressantes sur l’intégration dans la société, le sens que l’on donne à la vie et savoir se retrouver dans une société où tout ne cesse d’aller toujours plus vite
Le dernier Abencerage : Aben-Hamet va se rendre à Grenade (Espagne) afin de retrouver les responsables de la mort de son père et finalement la raison de son exil hors de sa terre natale qui est alors repris par les espagnols. Il va rencontrer Blanca qui est de confession chrétienne quant il est lui de confession musulmane. Ils font le serment de s’aimer et s’unir à l’autre s’il change de confession. > le thème de la confession religieuse est donc au centre de cette histoire, on y découvre une Espagne reprise aux mains des musulmans avec tous les architectures, la culture qui a imprégnée ce lieu, c’était très interessant
c’était un bon livre, assez « cliché » dans le genre romantique donc pas forcément pour tout le monde, pour finir je dirais que la 4eme résume parfaitement ce « recueil » :
« Les trois textes fondateurs du romantisme évoquant chacun un des paysages magiques de la sensibilité moderne : Grenade et une Espagne que l'Europe avait oubliée depuis Don Juan, les forêts d'Amérique et la révélation du monde primitif, la solitude absolue de celui auquel son mal de vivre n'assigne ni repos, ni amour, ni patrie. Prophètes de toutes les « generations perdues », René, Chactas, le dernier des Abencerages annoncent l'inquiétude existentielle de notre temps. »
Read in french. Just beautiful, beautiful writing. As an allegory for the reintegration of christianity post french first republic, I think it served its purpose quite well. Would not want to grab a beer with chateaubriand tho
Atala / René / Le Dernier Abencerage sont des récits très intéressants lorsqu'on les lit dans la perspective du romantisme du XIXe siècle. Ce sont des textes qui datent de 1801, 1802 et 1826 respectivement. C'est d'ailleurs intéressant d'observer la différence entre les deux premiers et le dernier texte: on voit une claire évolution du style de l'auteur qu'on appelle aussi le Fondateur du romantisme français. Le romantisme français bat son plein entre 1820 et 1840 en France. Toutefois, on associe le premier texte romantique à Chateaubriand avec l'écriture de Génie du christianisme en 1802, donc à la même époque que Atala et René. Le romantisme est caractérisé par son opposition à la rationalité et l'ordre des textes des Lumières. On écrit au «moi», c'est presque une première dans le monde littéraire à l'époque. On parle de ses sentiments, on éloigne toute forme de rationalité pour laisser libre cours à l'émotion. C'est un aspect qui est très présent dans les trois récits alors que Chactas tombe follement amoureux d'Atala dans le premier, que René parle de son amour violent mais chaste envers sa soeur dans le deuxième et qu'Aben-Hamet s'amourache de Blanca dans le troisième. Dans le premier et le dernier récit, le personnage principal tombe amoureux lors d'un coup de foudre ou presque, comme une certaine révélation. Ensuite, le romantisme est caractérisé par l'importance de la religion dans ses textes. Il est donc très intéressant de constater toute la place qu'occupe le discours religieux dans les trois textes. Dans Atala, cette «sauvage» est chrétienne alors que Chactas, également «sauvage», ne l'est pas. Cette fâcheuse situation mènera Atala directement vers sa mort, comme il est nécessaire dans tout bon texte dramatique du XIXe siècle. Dans le second récit, la soeur de René devient religieuse pour tenter de se sauver de son propre mal de vivre. La religion agit ici comme une sorte de remède à ses malheurs. Dans le troisième récit, c'est la religion qui empêche Blanca et Aben-Hamet d'être unis. Blanca est catholique alors qu'Aben-Hamet est musulman. Il met d'ailleurs énormément en opposition l'amour et la religion dans ce dernier texte. Ce sera la religion qui aura le dernier mot, par ailleurs, ce qui en dit long sur l'importance du sacré pour Chateaubriand. Finalement, à l'époque du romantisme, il y a un retour vers la nature pour expliquer les phénomènes sentimentaux. Cette dimension de description du texte est fort présente dans l'ensemble des trois récits. D'ailleurs, les états de la nature tels que décrits par Chateaubriand peuvent être associés à l'état émotif du personnage principal. L'utilisation de la nature dans le contexte présent n'est donc pas uniquement esthétique. Elle ajoute un aspect émotif central au texte. Faits intéressants à noter également: le romantisme, tel que mentionné précédemment, est une époque littéraire lors de laquelle on donne une place plus importante à l'auteur dans l'expression de ses expériences personnelles. Or, ici, le prénom de Chateaubriand est François-René. On peut donc se demander si René du deuxième récit n'était pas en fait l'auteur. De plus, l'amour qu'il témoigne envers sa soeur est également sincère. Dans sa vie, la soeur de Chateaubriand, Lucile, vivait avec sa femme. De plus, en 1791, tout juste après la Révolution française, Chateaubriand quitte l'Europe pour aller chercher le passage du Nord-Ouest. Il arrivera donc en Amérique où il clame avoir passé des semaines avec des tribus Natchez. Or, ces dites tribus sont explorées dans Atala. On y fait également la description des Amériques. Bien que plusieurs affirment que ces descriptions sont plutôt inexactes et que d'autres remettent en question la véracité de cet événement de la vie de Chateaubriand, on ressent quand même la présence de ces influences dans ses textes.
C'est le premier livre français de l'epoque romantique que j'ai lu! Chateaubriand creates vivid images of the "désert", not of hot sand and sun, but a wilderness void of human influence. His descriptions of the grand mélancholie that characterizes the Romantic Era, as personified in René, might be found interesting to anyone trying to make meaning of the seemingly inherent sadness in humanity.
Very pompous, exaggerated pathetic, rattling story structure. Special attention is paid to Indian life, with a lot of sympathy, and to the superiority of Christianity.
"L'automne me surprit au milieu de ces incertitudes : j'entrai avec ravissement dans les mois des tempêtes. Tantôt j'aurais voulu être un de ces guerriers errant au milieu des vents, des nuages et des fantômes; tantôt j'enviais jusqu'au sort du pâtre que je voyais réchauffer ses mains à I'humble feu de broussailles qu'il avait allumé au coin d'un bois. J'écoutais ses chants mélancoliques, qui me rappelaient que dans tout pays, le chant naturel de I'homme est triste, lors même qu'il exprime le bonheur. Notre cœur est un instrument incomplet, une lyre où il manque des cordes, et où nous sommes forcés de rendre les accents de la joie sur le ton consacré aux soupirs.
Le jour, je m'égarais sur de grandes bruyères terminées par des forêts. Qu'il fallait peu de chose à ma rêverie! une feuille séchée que le vent chassait devant moi, une cabane dont la fumée s'élevait dans la cime dépouillée des arbres, la mousse qui tremblait au souffle du nord sur le tronc d'un chêne, une roche écartée, un étang désert où le jonc flétri murmurait! Le clocher solitaire s'élevant au loin dans la vallée, a souvent attiré mes regards; souvent j'ai suivi des yeux les oiseaux de passage qui volaient au-dessus de ma tête. Je me figurais les bords ignorés, les climats lointains où ils se rendent; j'aurais voulu être sur leurs ailes. Un secret instinct me tourmentait; je sentais que je n'étais moi-même qu'un voyageur; mais une voix du ciel semblait me dire: « Homme, la saison de ta migration n'est pas encore venue; attends que le vent de la mort se lève, alors tu déploieras ton vol vers ces régions inconnues que ton cœur demande. »
Levez-vous vite, orages désirés, qui devez emporter René dans les espaces d'une autre vie! Ainsi disant, je marchais à grands pas, le visage enflammé, le vent sifflant dans ma chevelure, ne sentant ni pluie ni frimas, enchanté, tourmenté, et comme possédé par le démon de mon cœur.
La nuit, lorsque l'aquilon ébranlait ma chaumière, que les pluies tombaient en torrent sur mon toit, qu'à travers ma fenêtre je voyais la lune sillonner les nuages amoncelés, comme un pâle vaisseau qui laboure les vagues, il me semblait que la vie redoublait au fond de mon coeur, que j'aurais eu la puissance de créer des mondes."
3 histoires : Atala et René, qui se passent toutes deux dans les colonies d'Amérique du Nord ; Les aventures du dernier Abencerage, en Europe. Le tout est pétri de bienséance, de religion, avec juste ce qu’il faut d'intolérance vis-à-vis des cultures autres et de condescendance colonialiste pour m’irriter passablement. Certes, si on replace dans les conditions de l’époque c’est sans doute moins connoté, mais il n’empêche, ça ne m’intéresse pas.
J'ai bien aimé l'écriture, le reste un peu moins. lecture que j'oublierais dans 2 semaines mais que je n'ai pas détesté non plus, c'était globalement moyen.
Oli tärkeä saada käsitystä ranskalaisen romantiikan juurista, ja Atalan hykeryttävän näteistä luontokuvauksista (oikeasti kauniita, ei liian kaavamaisia, vivahteikkaita, hienoja vertauksia, rehevää eksotiikkaa ja inkkariromantiikkaa...) oli erittäin hyvä aloittaa. Kaunis, yllättävän humaani ja lopulta moderni (ollakseen 1700-1800-luvun vaihteesta)kuvaus kulttuurien kohtaamisesta, uskonnosta, rakkaudesta, kuolemasta. Tai Chatraubriandin siroa ranskaa oli yksinkertaisesti vaikea vastustaa.
Kiinnostava oli myös huomata muinaiseenkin laitokseen alaviitteissä merkittyjen kirjailijan korjauksien myötä, että Chateaubriand oli muokannut myöhemmän version ensimmäistä huomattavasti vähemmän sokeriseksi, alleviivaavammaksi ja yksioikoisemmaksi.
How funny to see primitive America as an exotic, romantic setting! The writing is beautiful; the story explores the fine line between melodrama so fun it could be the plot of a good opera and melodrama so ludicrous it makes you want to laugh, and the fact that the most ridiculous moments are nonetheless moving is a testament to Chateaubriand's great writing. It's kind of a sweet story in a sad way. I was surprised to discover that Girodet's painting almost exactly matches my imagination—although that may have been because I saw it before I read the book. If you can get past the proselytizing, it's a fun read.
this is one of those classic examples of colonialist imaginings of tragic savagery. in other words, it was really popular in the 19th century and really messed up.