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285 pages, Paperback
First published January 1, 1983
Le grand écrivain et visionnaire Dostoïevsky disait que la solution spirituelle du destin russe est entre les mains des « starets ». Ceux-ci avaient voué un culte particulier à la Théotokos, et la Vierge a marqué s. Séraphin de Sarov de son propre signe de sophrosynè en disant « qu’il est de sa race ». C’est une catégorie de la sainteté qu’on peut définir, protection maternelle. La première qualité d’un starets — disait s. Séraphin — est l’amour maternel pour ceux qu’il dirige : « Sois pour les autres comme une mère. » Ce culte du maternel explique un fait d’une importance incalculable : l’intérêt tout spécial de ces guides spirituels envers les couvents féminins. Le célèbre starets d’Optina, Macaire, a le premier ouvert les portes de sa cellule aux femmes, véritable événement : les femmes étaient reçues auparavant dans un bâtiment hors du couvent ! Le starets Ambroise a fondé le couvent féminin de Chamordino (avec 1 000 religieuses) remarquable par ses activités de protection : orphelinat, asile pour les délinquants, hôpital, asile pour les femmes âgées et enfin école de formation féminine pour les jeunes filles. Dans la pensée d’Ambroise, ce couvent dans l’ensemble de ses activités, devait être une école de formation de la femme russe et ce projet est devenu sa plus intime préoccupation, à tel point que c’est chez ces religieuses qu’il est venu consciemment, sachant d’avance le moment de son départ, pour mourir. Tous les deux, le starets Ambroise et s. Séraphin de Sarov (couvent de Divéievo), vers la fin de leur vie se sont consacrés à la mission des couvents féminins. Les deux figures les plus frappantes du XIXe siècle et peut-être de toute l’histoire russe, se donnent à l’éducation spirituelle de la femme. Ce fait ne peut être aucunement fortuit : il témoigne de la clairvoyance la plus pénétrante de ces organes de l’Esprit-Saint et il concerne l’heure actuelle plus que tout autre.(p.264)