À la fois roman historique, roman de moeurs, roman d'aventures, roman autobiographique, Les anciens Canadiens de Philippe Aubert de Gaspé a connu une grande fortune, à compter de sa première publication en 1863 jusqu'à aujourd'hui. L'oeuvre brosse d'abord un portrait presque idyllique de la société traditionnelle, sous le régime seigneurial français. Elle immortalise une solide amitié entre deux jeunes hommes, devenus des frères ennemis une fois obligés de combattre dans des armées rivales pendant la guerre de la Conquête. L'auteur porte un jugement sévère sur la mère patrie qui a abandonné le Canada à son sort. Et, sympathique aux conquérants, il soutient que la Conquête n'a pas été une catastrophe pour la population canadienne, contrairement à ce que tant d'autres ont prétendu. Philippe Aubert de Gaspé (1786-1871) est né à Québec. Après avoir fréquenté le Petit Séminaire, il étudie le droit et est admis au barreau en 1811. Dès 1804, il reçoit une commission de lieutenant de milice, devenant même capitaine en 1812. Il est nommé shérif de la ville de Québec, mais ses mauvaises pratiques administratives lui feront perdre son poste en 1822 et, à la suite d'une longue enquête, il sera emprisonné (1838-1841). Entre-temps, il se sera réfugié au manoir de la famille à Saint-Jean-Port-Joli. À sa sortie de prison, il participe à nouveau à la vie sociale et culturelle de la capitale et se lie d'amitié avec plusieurs membres du Club des Anciens, un groupe d'intellectuels de Québec. C'est là, âgé de plus de soixante-dix ans, qu'il décide d'écrire son grand roman, Les anciens Canadiens. Philippe Aubert de Gaspé est certainement l'un des plus illustres écrivains du XIXe siècle québécois.
La famille de De Gaspé, originaire de France, appartenait à la noblesse, et vint s’établir au Canada dès les premiers temps de la fondation de la Nouvelle-France. Le père de Philippe-Aubert, le seigneur Pierre-Ignace Aubert de Gaspè, fut conseiller législatif de Québec.
Le futur écrivain passe une partie de son enfance au domaine seigneurial de Saint-Jean-Port-Joli. Ensuite, il fait ses études classiques au Séminaire de Québec de 1798 à 1806, où il rencontre Louis-Joseph Papineau. Il se dirige vers le droit pour être admis au barreau le 15 août 1811.
Il devient vice-président de la première société littéraire de Québec, en 1809 et membre fondateur du Jockey Club en 1815. Il est également membre fondateur de la Banque de Québec. Il a occupé pendant longtemps, la charge de shérif de Québec. Nommé à ce poste en 1816, il s’acquitte mal. Il doit démissionner en 1822 et, endetté et accusé des malversations dans ses fonctions, il se retire dans son manoir de Saint-Jean-Port-Joli, dont il était le seigneur. Le futur auteur des Anciens Canadiens y a demeuré longtemps. Le souvenir qu’il y a laissé est celui d’un gentilhomme et d’un bon citoyen.
Incapable de rembourser une partie des dettes, une caution élevée, Aubert de Gaspé père est mis en prison en 1838, année de l’insurrection des Patriotes. Sa tragédie personnelle coïncide avec celle du peuple qui se soulève contre la clique.
En avril 1863, il publie Les Anciens Canadiens. Ce livre bénéficie d’un succès énorme.
Les Anciens Canadiens sont à la littérature québécoise ce que la Chanson de Roland est à la littérature française. C’est toutefois dans le second livre, les Mémoires, publiée en 1866, que de Gaspé a donné sa pleine mesure. Ce livre terminera une œuvre importante bien que tardivement commencée.
Les Anciens Canadiens c’est un roman calqué sur l’histoire du Canada et sur les mœurs canadiennes du XIXe siècle. Ce livre renferme plusieurs anecdotes légendaires et entremêlées de beaucoup de traditions de familles. C’est une peinture vive et animée de ce bon vieux temps où les mœurs et les usages avaient encore quelque chose de patriarcal.
Ce qui ajoute à la valeur du livre, ce sont les quelques soixante pages de Notes et éclaircissements qui, publiées à la fin du volume, deviennent une source de matériaux aussi curieux qu’instructifs. Plusieurs points d'histoire jusqu’alors obscurs, y sont éclaircis on expliqués d’une manière lucide et savante.
Il décède le 29 janvier 1871 à Québec.
Philippe-Aubert De Gaspé est le père de Philippe-Aubert de Gaspé-fils, l’auteur du premier roman canadien-français.
I read this thing forty-five years for an undergraduate history course. The professor wanted us to read it as he believed that it showed that Quebecois literature was dominated by the naive glorification of a chivalrous past that never existed and xenophobia. In fact the work made me cringe.
5 étoiles & 5/10 cœurs. J'adore vraiment ce livre. Ce n'est pas un livre typique, dans la mesure où l'auteur ne suit vraiment pas les schémas typiques avec son livre. C'était fascinant de voir la vie de mes ancêtres dans les années 1760 et même les années 1800. Bien sûr, il y avait beaucoup d'alcool, quelques jurons et beaucoup de discussions sur les démons, les sorcières, les fantômes, les présages, etc. (l'auteur ne présente pas les fantômes comme réels). Bien sûr, je n'étais pas non plus d'accord avec la religion - je ne suis pas catholique. Mais oh, les personnages - j’aime tellement les personnages - les plaisanteries d’Arché et Jules sont tellement drôles! J'aime tellement Arché; c'est un homme si noble. Il y a tellement d'humour dans ce livre; et aussi beaucoup de bonnes pensées. L'intrigue est tellement bonne aussi. Et c'est une perspective unique sur la conquête du Canada, un côté dont on entend rarement parler. Recommandé fortement à ceux qui aiment le Québec. Âge recommandé: 16+.
Une citation préférée : « Les grands guerriers sont nombreux; la nature avare prend des siècles pour enfanter un héros. » Une belle citation préférée : « Quel heureux temps que celui de l'enfance et de l'adolescence ! Toujours à la jouissance du moment, oublieuse du passé, insouciante de l'avenir, la vie s'écoule aussi paisible que l'onde de ce charmant ruisseau.... » Une citation humoristique préférée : « — Maintenant, mon cher Arché, continua Jules, capitulons: je suis bon prince, et mes conditions seront des plus libérales. Je consens, pour te plaire, à retrancher, foi de gentilhomme, un tiers des quolibets et des espiègleries que tu as le mauvais goût de ne pas apprécier. Voyons: tu dois être satisfait, sinon tu es déraisonnable ! Car, vois-tu, je t'aime, Arché; aucun autre que toi n'obtiendrait une capitulation aussi avantageuse. « De Locheill ne put s'empêcher de rire, en secouant un peu le gamin incorrigible. »
This is about two friends, one Scottish and the other French, during the 1700s when England conquered Quebec. Lochiel, the Scot, is torn between his love for those who have practically adopted him in Quebec when he was penniless, and his duty to England after having his fortunes restored and becoming a soldier. Sprinkled throughout the main plot are many stories and songs from the mouths of the characters, highlighting the history, culture, and superstitions of Old Quebec and the Habitants.
And these side stories and songs are partly what lead me to give only 3 stars. While interesting, many of them don't add to the story. They feel forced. On the other hand, the author apologizes for this in advance in his preface, so I shouldn't have been surprised at it. Secondly, the characters didn't seem to speak naturally. The dialogue seemed forced and overly flowery. Finally, the life depicted before the English came seems too idealistic and rose-coloured. Perhaps the author focused on one family that was exceptional - generous to their tenants, noble and grand in the best sense of the words - but there was a darker side to life then, and it was completely glossed over.
However, if you want a romantic glimpse of life in French Canada, even during the fall of Quebec on the Plains of Abraham, this is your story.
The writing goes along as a story teller - and then dries up in interest and then comes back again.. its a very old book - so the language is not contemporary and there are no devices used to keep the reader engaged. I ended up buying the audiobook for Champlain's Dream and found something much closer to what I was looking for.
Quelle drôle de patente. Ce sont des mémoires déguisés en roman ; le narrateur annonce ses couleurs d'emblée. Il veut rappeler à ses lecteurs les usages de ses ancêtres de la Nouvelle-France, dont il a été témoin. Sauver le passé de l'oubli, plus simplement. L'intrigue est un prétexte : deux amis, un fils de seigneur et un Écossais, verront leur amitié mise à rude épreuve par les événements de la Conquête. L'écriture est inégale, la construction narrative est boiteuse ; les personnages s'expriment de manière idéalisée comme s'ils étaient rescapés d'un roman de Rousseau. Le rythme est sans cesse interrompu par des anecdotes digressives, des chansons, des contes, des descriptions de traditions et de repas qui visent à montrer les us et coutumes de la Nouvelle-France, à illustrer la force de caractère de ses habitants sans faire progresser le récit. Ça reste une oeuvre fondatrice, de ce point de vue plutôt stimulante pour les initiés littéraires ou historiens. Il y a là-dedans déjà une expression de ce que Belleau appelait le conflit des codes, qui m'apparaît un trait déterminant de la culture québécoise. Pour les autres, c'est vraiment une curiosité, ou bien le nom d'un restaurant du Vieux-Québec.
Lire le livre sans connaître un peu l'histoire de la Nouvelle-France et de la Conquête peut faire en sorte que le lecteur n'appréciera pas ce roman. Ceci dit, personnellement, j'ai adoré! L'auteur donne une foule de détails qui permettent aux lecteurs de "voir" les paysages, d' "entendre" les personnages et de revivre l'épopée racontée dans le roman. J'ai trouvé intéressant d'apprendre que ce roman est en grande partie basé sur des faits historiques. Ça rend l'oeuvre encore plus intéressante! Je conseille aux lecteurs de prendre le temps de lire les notes en bas de page et à la fin du roman. Il y a une foule de détails qui permettent d'en apprendre beaucoup sur les us et coutumes des "anciens canadiens".
L'intérêt de cette lecture fut davantage historique que littéraire. L'auteur ne se prend pas trop au sérieux, et on peut difficilement lui reprocher de ne pas écrire aussi bien que Flaubert.
C'est plutôt un troisième pressage de Chateaubriand, influence assumée du dernier seigneur de Saint-Jean-Port-Joli.
«Les dernières paroles du capitaine à son fils furent: — Sers ton nouveau souverain avec autant de fidélité que j'ai servi le roi de France; et que Dieu te bénisse, mon cher fils, pour la consolation que tu m'as donnée!»
I found this book very interesting for its description of how French Canadians lived around the time of the 1759 Conquest by Britain. The story itself is told in a style that now seems very old-fashioned. It is in a way more of a sociological study than a novel. The notes are also full of interesting historical facts.
Did not know of Joseph Coulon de Jumonville was killed by Washington and precipitated the 7-year war between France and the UK. And what Horace Walpole said about George Washington is indeed interesting
oeuvre riche en anecdotes et faits divers autobiographiques, l'histoire fictive n'est pas pour moi l'élément principal de ce livre. J'ai adoré la sections notes et commentaires.
Philippe Aubert de Gaspé rédige et publie en 1863 à l'âge de 76 ans cette oeuvre de souvenirs romancés où il tente d'instruire son public sur les us des "anciens canadiens", c'est-à-dire la noblesse terrienne française ruinée par la Guerre de la Conquête. Né 27 ans à peine après la Conquête de la Nouvelle-France, Aubert de Gaspé descendant direct des seigneurs de Saint-Jean-Port-Joli, s'offre comme guide expert pour faire revivre les années qui suivirent le changement de régime. L'idée devait tomber juste au milieu de 19ème alors que se préparait la Confédération et le résultat n'est pas trop mauvais.
Aubert de Gaspé nous invite à suivre le destin de deux étudiants du collège jésuite de Québec, Jules d'Haberville, fils aîné de seigneur de Saint-Jean-Port-Joli et Archibald de Locheill, Écossais de Calédonie dont la famille s'est compromise lors des révoltes gaéliques du début du siècle. Bien qu'ils s'aiment comme des frères, ils seront amenés à combattre dans des camps opposés lors des aléas de la guerre de sept ans et participeront directement à cette première et dernière grande guerre en sol canadien, l'offensive de 1759 et la subséquente destruction de la Nouvelle-France.
Bien qu'il s'agisse surtout d'une histoire sur-romancée qui semble ne servir qu'à relier des épisodes à caractère résolument anthropologique entre eux, on revit quand même les années 50-60 du 18ème siècle telles qu'elles furent pour notre peuple alors qu'il vivait l'expérience fondatrice de sa collectivité. Les dialogues cependant dérangent grandement, écrits en grand français bourré de références classiques idiotes (combien de fois peut-on lire "Blanche Albion" pour "Angleterre" sans flipper, sérieusement?) pour satisfaire au goût d'alors qui insistait pour qu'on prétende écrire comme on parle. Néo-classicisme de rigueur donc, soyez sur vos gardes, ça use en crisse.
This book is considered one of the first French-Canadian novels. Its interest lies in describing French-Canadian culture before the British conquest of the French colony of Quebec, so it is full of folktales and descriptions of customs. The plot is minimal; the story is of two young men, one Scottish and the other Quebecois, who find themselves on opposite sides of the war. I couldn't take the folksiness, frankly. The Scottish man seems to be there as a model for how the locals should handle their defeat against the English (basically: get over it).