Ils sont nés en 1900, non dans ce monde mais dans l’imaginaire d’un écrivain, simples personnages d’un roman tout entier voué à la fantaisie : Le Magicien d’Oz. Mais déjà le siècle les convoque, déjà les voilà lâchés dans une réalité qui flirte avec l’apocalypse, exhibés autant que menacés, indésirables orphelins en quête d’un paradis perdu. Séparément, puis ensemble, Dorothy, jeune femme un peu naïve, Nick Chopper, un mutilé de 14-18, et Oscar Crow, son alter ego sans mémoire, ainsi qu’Elfeba, une aviatrice qui rêve d’écrire dans le ciel et Avram et Eizik, deux nains recherchés par le FBI, vont errer de par l’Europe et les Etats-Unis jusqu’au bout de l’arc-en-ciel des possibles – l’Histoire les veut freaks, les sait autres, et les nouvelles politiques du pire se liguent pour leur interdire l’accès à la condition humaine.
Réclamés tour à tour par la guerre, les cirques, les asiles et les camps, manipulés par toutes sortes de charlatans, Dorothy et ses compagnons n’auront de cesse de guetter des signes de cet Oz mythique qui les a vus naître, dans l’espoir à la fois fou et saugrenu de devenir, enfin, ce qu’ils sont. Le monde est-il en train de commencer ou de finir ? La tornade qui se prépare va-t-elle les sauver ou les détruire ?
CosmoZ raconte les cinquante premières années du siècle, vues, vécues et réinventées par une tribu interlope dans un univers peuplé de vrais bourreaux et de faux guérisseurs où la seule magie encore digne de ce nom est la résistance au cauchemar. Dans cette anti-féerie en forme de livre des métamorphoses qui se joue des frontières entre imaginaire et réalité, Claro propose au lecteur un redoutable voyage aux limites du merveilleux comme de l’inquiétude.
Né en 1962, Claro est l'auteur de plusieurs romans, notamment Livre XIX (Verticales, 1997) et Enfilades (Verticales, 1998).
Il a également traduit de nombreux écrivains de langue anglaise (William T. Vollmann, Thomas Pynchon, Salman Rushdie, John Barth, Dennis Cooper, Mark Z. Danielewski, James Flint...)
For English readers: I don't know if this novel is going to be translated and when, but this new take on the famous characters from the Magician of Oz, full of a gritty realism that contrasts sharply with the elements of wonder, is a masterpiece. Never before, I believe, have I seen such an extravaganza set in the first half of the darkest 20th century.
From the trenches of World War One to the Nazi death camps, with the Dust Bowl and the heydays of Hollywood with Tod Browning and Disney as well as the actual production of the Oz movie, Dorothy, the Tin Man, the Scarecrow, the Lion as well as two Munchkin are summoned into our world (by its darkest power of attraction, by its emptiness that echoes with their own) into which they are incarnated and wherein they look for answers and for the meaning of their carnal existence, searching after Oz, a true Oz this time. A desperate, poignant, dark quest, this novel is a brilliant mise en abîme written in a stylish language that constantly explores the melancholic link between fiction and reality and how they are the two poles of the same eternal question that haunts us all.
Come per una vendetta della letteratura su follie e crudeltà della storia così Claro smonta l'opera di Frank Baum e trasforma i suoi personaggi in viaggiatori attraverso due guerre mondiali, l'Europa e gli Stati Uniti. Lungo e non sempre immediato gratifica il lettore di capitoli bellissimi. Per complessità e creatività questo CosmoZ, stranissimo romanzo mondo, non può non farmi considerare Claro uno dei grandissimi della letteratura europea contemporanea proprio accanto a Volodine e Cartarescu.
"Oui, il y avait un monde, un autre monde, où venaient se sédimenter tous les possibles, un monde qui se contentait d’une existence en mode mineur, dans lequel les gestes ne laissaient pas de trace appuyée, au sein duquel les pensées n’engendraient pas nécessairement des actes. Elle y avait vécu…"