Le steampunk joue avec l'histoire du XIXeme siècle, la tord et en imagine des ressorts différents de notre réalité. Dans cette anthologie, vous marcherez dans les pas des inventeurs en quête de gloire, de pouvoir, de connaissance ou d'argent. Pris dans les feux croisés de la politique, ces ingénieurs interrogent leur sens moral : ils devront décider entre mettre leur création au service du gouvernement ou du peuple. Cependant, ce choix leur appartient-il vraiment? Pour le meilleur ou pour le pire, ou juste différemment. prenez place dans notre machine à remonter le temps!
Un recueil de nouvelles pour le coup assez sombre.
J’ai trouvé que dans toutes les nouvelles, c’était le plus sombre aspect des inventions au service du pouvoir qui était abordé. C’est le thème, bien sûr, et c’était très bien réalisé, mais un peu d’optimiste aurait été bienvenu dans ce monde de noirceur.
J’ai commencé le recueil un peu dubitative avec la première nouvelle. Il faut dire que le protagoniste était franchement peu agréable, surtout à l’égard des femmes pendant les premières pages. Alors j’ai décidé de me moquer et de rire ouvertement de ce personnage grotesque, qui finalement ne s’avère pas si mauvais (elle est d’ailleurs peut être là, cette touche d’optimisme).
Ensuite vient Prophétesse, sans doute le texte du recueil qui m’a le plus marqué. Sa protagoniste, une prêtresse ayant perdu la foi, est assez frappante. Et aussi terrifiante. Elle part avec de bonnes intentions, certes… mais le risque de dérive semble très, très important. Ambitieuse, cette petite…
Les deux nouvelles suivantes sont sombres également, et liées à des conflits de pouvoirs entre pays. Et ça finit… plus ou moins mal pour les petites gens.
Comme on peut s’y attendre, dès qu’un objet innovant fait son apparition, il faut s’en saisir avant le voisin et assoir sa position.
En bref, un recueil très sympathique, une bonne dose de steampunk, même si j’aurais aimé un peu plus d’optimisme.
Petit pour la couverture : j’adore, c’est élégant, doré, et mécanisé, du pur steampunk comme on l’aime.
Invention et jeux de pouvoir est la quatrième anthologie de nouvelles staempunk des éditions Oneiroi. Après Ecologie et folie technologie, Mécanique et lutte des classes, et Exploration et frontières culturelles, la maison d’édition spécialisée dans le steampunk revient avec un nouveau recueil de nouvelles autour d’une thématique commune :
Le steampunk joue avec l’histoire du XIXe siècle, la tord et en imagine des ressorts différents de notre réalité. Dans cette anthologie, vous marcherez dans les pas d’inventeurs en quête de gloire, de pouvoir, de connaissance ou d’argent. Pris dans les feux croisés de la politique, ces ingénieurs interrogent leur sens moral : ils devront décider entre mettre leur création au service du gouvernement ou du peuple. Cependant, ce choix leur appartient-il vraiment ? Pour le meilleur ou pour le pire, ou juste différemment. Prenez place dans notre machine à remonter le temps !
Au programme, quatre nouvelles :
- Le Prix du charbon d’Alexandre Boise : à partir d’un protagoniste plutôt antipathique à mon goût, l’auteur parvient à construire un récit plaisant autour d’un complot, autour du Président de la République et du général Boulanger, à l’occasion d’une exposition universelle à Paris (décidément un trope courant en steampunk) ; ce n’est pas ma nouvelle préférée du recueil, mais elle est tout de même sympathique à lire
- Prophétesse de Sacha Page : dans une Rome antique où le culte d'Isis a prospéré et où des animaux mécaniques et des automates sont conçus et fabriqués grâce à l'ingénierie venue de Grèce, une prêtresse cherche à utiliser la religion à des fins politiques, sur fond de lutte pour la libération et l’affranchissement des esclaves
- Zvukofon de Matthieu Clerjaud : dans un pays slave fictif mais similaire à la Russie tsariste, un inventeur bien intentionné mais peu politisé découvre les usages politiques de la technologie et notamment comment les techniques de communication qu’il invente peuvent être utilisées à des fins de propagande
- Soleil noir de Paul Carto : sous la Second Empire, en pleine rivalité avec la Prusse, deux frères inventeurs issus d'une famille de la noblesse bretonne opposée à l'Empire veulent éviter que leurs invention ne tombe entre de mauvaises mains
Si je dois faire un classement de ces quatre nouvelles, je dirais que la deuxième et la troisième sont clairement au-dessus du lot, tandis que la première et la dernière sont plaisantes sans m’avoir autant plu. Dans l’ensemble, c’est un recueil bien construit et agréable à lire, mêlant émerveillement, dépaysement, et réflexion sur les usages politiques de la technologie. Si ce n’est pas l’essence même du steampunk, que demande de plus ?
C'est toujours compliqué de noter un recueil de nouvelles, parce qu'on ne peut pas toutes également les aimer. Mais il se trouve qu'ici toutes doivent tourner autour d'enjeux de pouvoir par rapport à une invention et toues les nouvelles remplissaient parfaitement cette mission. J'ajoute que j'ai aimé les 4 nouvelles et que j'ai eu un coup de cœur pour une d'entre elle : c'est aussi à l'aune de celle-ci que j'ai mis ma note. Il s'agit de celle d'Alexandre Boise, qui est aussi celle qui ouvre ce recueil et qui m'a donc mis dans les meilleurs dispositions pour le reste du livre. Cette nouvelle n'est pas parfaite et la caractérisation manque peut-être parfois un peu de subtilité mais j'ai pris tant de plaisir à lire les aventures des deux héros... Quand j'étais enfant mon héro littéraire a été Arsène Lupin pendant vraiment très longtemps et j'ai aussi été bercé par les dessins-animés des années 80-90. Parmi ceux-ci il y avait les aventures de Sherlock Holmes: je les ai oublié mais ce que je n'ai pas oublié c'est le magnifique générique dessiné et orchestré par le non moins magnifique Hayao Miyasaki... Et la 1ere nouvelle de ce recueil a réunis ces deux madeleines de Proust en ajoutant un personnage féminin fort et inspirant: C'est l'unification des aventures que j'aimais lire et, grâce à l'écriture très visuelle, les aventures que j'avais aimé regardé, avec un petit plus... Bref, une expérience de divertissement parfait! Je trouve tout à fait regrettable que les éditions Oneroi et leur anthologie Steampunk, qui font la part belle aux nouvelles plumes ne soient pas plus connues: Je recommande chaudement!
Cette anthologie de nouvelles Steampunk comporte quatre nouvelles de qualité, très bien écrites. Deux ont cependant plus retenu mon attention.
Prophétesse, écrite par Sacha Page, se distingue des trois autres par son angle d'attaque. Son récit se déroule à Rome, dans le Colisée, où les Jeux, qui perdurent depuis des siècles, mêlent humains et automates. le texte est rythmé et l'univers foisonnant.
Le Prix du charbon, d'Alexandre Boise, est incontestablement mon coup de coeur. Je me suis surprise à rire en lisant cette nouvelle écrite dans un style plein de panache. le personnage principal, Nicéphore, est un inventeur tour à tour visionnaire et pétri d'a priori, ce qui le rend drôle et touchant. L‘écriture du personnage est empreinte de justesse, vu l'époque et le contexte. Remis à sa place par son acolyte féminin au caractère bien trempé, le duo marche du tonnerre. Il est certain que l'auteur a un véritable don pour dépeindre des personnages emplis de contradictions, aussi agaçants qu'attachants, bref totalement humains.
Moins accroché que les autres recueils de la collection même si le thème est plaisant. J'ai de loin préféré la nouvelle de Sacha Page que j'ai trouvé la plus originale.