Se présentant comme un « texte terroir tout terrain », le recueil d'Aurélie Olivier développe une poésie de l'agroalimentaire, en forme de retour sur son enfance dans une ferme d'élevage. À l'histoire de l'industrialisation de la campagne se mêle celle, plus intime, de sa famille. À l'aune de son histoire particulière, Aurélie Olivier examine ce que l'industrie agro-alimentaire et les fermes qui en sont à la base disent du monde. Catholicisme, genre et sexualisation des corps, consommation, Aurélie Olivier dissèque l'enfance rurale qui a été la sienne dans une langue propre à son milieu d'origine : pudique, parcimonieuse, tout en étant chargée de références et de double-sens.
déjà conquise par les éditions du commun dont les collections sont phénoménales, je suis très heureuse d'avoir enfin pu acheter et lire ce recueil de poésie très concis qui me faisaient de l'œil depuis sa sortie. la voix de l'autrice arrive à s'imposer au sein de l'univers agricole qui semble rester austère à tout, le réel s'immisce durement entre statistiques et noms de multinationales le texte est aride mais l'on s'englue peu à peu dans un monde pollué et désenchanté émancipé d'idéalisation et de misérabilisme, le monde agricole émerge d'une toute nouvelle façon dans l'univers poétique contemporain. le décrire, c'est aussi lui donner une place dans le paysage littéraire.
"Les marges sont comme le fond des fossés / invisibles et mortelles."
Après le Ventre de Paris, j’enchaîne sur de la poésie bien en lien, de la poésie qui parle de viscères, de chair fraîche (ou pas), des difficultés de l’agriculture… Une recommandation de Margorito que je ne regrette pas d’avoir lu, encore une jolie claque, et plein de messages forts passés à travers ce court recueil de poésie.
« Les bâtiments sont désinfectés au Kärcher ni vue, ni connue, la mort est dit simulée
Dans les cages d'étourdissement la palpitation de la vie est abattue »
Récit d'un corps marqué par l'agro-industrie. Une langue saisissante et inventive, qui déstructure les mots et les réveille, pour incarner l'absurdité d'un monde paysan prolétarisé à l'accéléré. Un texte qui enrage et bouleverse, que l'on referme assoiffé d'en lire encore.
Bien mais ? J'ai beaucoup aimé la prose, entre écriture statistique, discours rapporté, écriture organique et jeux de mots. Mais je ne m'attendais pas à ce que les poèmes se concentrent autant sur le monde agricole en tant que tel, et il m'a semblé peut-être un peu de la dimension personnelle. Je comprend le caractère écrasant du travail agricole, l'omniprésence dans la vie des ceux qui le vivent, mais très franchement, il m'aurait fallu 20 pages de plus pour que le recueil me semble complet. Ça demande relecture !
Incroyable de lire ce que j'ai vécu moi aussi à la ferme dans l'enfance. J'ai fait la lecture à ma Maman, agricultrice qui a aussi cassé son corps à la ferme. J'ai hâte d'écouter l'épisode du podcast de l'affranchie avec l'autrice.
Bon, je dois avouer que je suis un peu déçue de ma lecture. Peut être que je n’ai pas su l’apprécier à sa juste valeur. Les thèmes abordés (la ferme, le milieu agricole, la place de la femme dans celui-ci, le rapport à son corps) sont très intéressants, mais j’avoue qu’à moi, ça ne me parle pas trop. Ce qui est réussi, c’est la plume un peu tranchante, rude et non idéalisée qui colle parfaitement avec les propos et l’image qu’on se fait de la ferme. Pour autant, je trouve que ce n’est pas très poétique ! Je n’ai pas été interpellé par l’émotion, ni par la poésie (dans le sens sonore) des mots. Aujourd’hui pour moi ce n’est pas un recueil que je recommanderais, mais à relire dans quelques années je saurai sûrement mieux l’apprécier !
Un court livre fait de textes/poèmes extrêmement beaux et sensibles. Écrit par une jeune femme qui a passé enfance et adolescence dans une ferme bretonne puis est partie.
Elle pose un regard aussi original qu'interpelant sur ce monde-là. Une découverte très forte !
Hélas, je suis assez hermétique à la poésie, ce qui n'a pas manqué une fois encore. Pour autant j'ai apprécié l'effort avec lequel l'autrice s'attache à utiliser peu de mots pour décrire une réalité si forte
un court recueil absolument puissant, qui met en poésie l'agriculture intensive et ses dégâts. le genre de livre qui nous habite et nous hante en(cor)e plusieurs instants après l'avoir re(fermé).
C’est nous, c’est l’enfance, c’est les non dits et ce qu’on aurait jamais pu comprendre sans venir de ce milieu. Ce sont des parallèles, juste, l’exploitation des ressources, des femmes, des animaux. Tous les chiffres qu’elle donne n’enlève rien à la fluidité de la poésie, au contraire, ce sont des points d’intérêts.