What do you think?


La pérégrination vers l'ouest Livres I-X
Le Xiyou ji est probablement le roman le plus extravagant qui ait jamais été écrit.Son thème est celui d'un moine qui, au VIIe siècle, partit pour l'Inde (vers le paradis de l'Ouest) chercher les livres qui lui permettraient de retrouver les soutras véritables du Bouddha. Il fit une relation de ce voyage. Les conteurs s'emparèrent du schéma narratif. Le récit - historique et géographique - d'un moine servit de prétexte à l'imaginaire des raconteurs qui ameutèrent et rameutèrent toutes les figures de l'imaginaire de l'âme chinoise, la taoïste et la bouddhiste. Cette structure-cadre permit d'englober fantômes, revenants et monstres, l'intrigue autorisant de rattacher chacun des contes l'un à l'autre.Au XVIe siècle, le très probable compilateur - Wu Cheng'en - rassembla cette masse de récits pour en faire une seule uvre. S'il a bien repris la trame romanesque traditionnelle, il l'ourdit sans cesse en la déraisonnant, par nécessité ou par jeu, pour créer une fantasmagorie bouddhique qui laisse toutes les interprétations la pénétrer, mais leur foisonnement même reconduit sans cesse le sens à l'insensé. Ce roman est, au fond, la culture obstinée et assidue du Vide, comme l'indique le nom du personnage principal, un singe, «Conscience de la vacuité du monde».
1180 pages, Leather Bound
Published January 1, 1991
About the author
Wu Cheng'en
677 books208 followersLibrarian Note: There is more than one author by this name in the Goodreads database.
Wu Cheng'en (simplified Chinese: 吴承恩; traditional Chinese: 吳承恩; pinyin: Wú Chéng'ēn, ca. 1505–1580 or 1500–1582, courtesy name Ruzhong (汝忠), pen name "Sheyang Hermit," was a Chinese novelist and poet of the Ming Dynasty, best known for being the probable author of one of the Four Great Classical Novels of Chinese literature, Journey to the West, also called Monkey.
Wu Cheng'en (simplified Chinese: 吴承恩; traditional Chinese: 吳承恩; pinyin: Wú Chéng'ēn, ca. 1505–1580 or 1500–1582, courtesy name Ruzhong (汝忠), pen name "Sheyang Hermit," was a Chinese novelist and poet of the Ming Dynasty, best known for being the probable author of one of the Four Great Classical Novels of Chinese literature, Journey to the West, also called Monkey.
Ratings & Reviews
Friends & Following
Create a free account to discover what your friends think of this book!
Community Reviews
Displaying 1 - 1 of 1 review
August 30, 2026
Ce roman, connu aussi sous le titre "Voyage en Occident", est présenté dans l'Encyclopaedia Universalis comme "fantaisie de haute liesse" (tome V, 570b). On ne saurait trouver meilleure formule. L'ouest désigne l'Inde, le roman se plaçant du point de vue chinois. Taisons, l'empereur des Tang, après avoir réchappé de l'enfer, mande le point bouddhiste Xuanzang pour aller en Inde afin de rapporter des textes sacrés du bouddhisme. À partir de ce fait historique - le voyage s'est déroulé de 629 à 645 -, le roman s'augmente d'un imaginaire débordant, mêlant monstres, dieux, immortels... en vingt livres de cinq chapitres chacun. Ce tome de la Pléiade contient les cinquante premiers chapitres. Le roman est dû à Wu Cheng'en, érudit du XVIe s., reprenant une tradition orale multiséculaire.
Xuanzang reçoit le nom en religion : Tripikata, signifiant en sanskrit "les trois corbeilles" en référence au corpus des textes sacrés. Il n'apparaît qu'au livre III. En effet, il n'est pas le personnage principal. Ce rôle revient à un être fantastique : un singe d'une naissance surnaturelle, instruit dans les pratiques magiques et finalement converti et devenu le premier discipline de Tripikata, après avoir commis quelques troubles parmi les dieux et être resté piégé pendant cinq siècles (il a fallu l'intervention de Bouddha lui-même pour mettre un terme à ses méfaits). Singet, connu comme le Beau Roi-Singe, a aussi le titre de Grand Saint égal au Ciel. Son nom en religion est "Conscient-de-la-Vacuité". La troupe s'adjoindra deux autres condisciples : Porcet et Sablet, respectivement "Conscient-de-la-Pureté" et "Conscient-des-Capacités", plus un dragon transformé en cheval !
Les aventures sont rocambolesques, à peu près toutes sur le même schéma : la troupe rencontre un obstacle naturel, est confrontée à quelque monstre, s'ensuit une bagarre épique qui finit à l'avantage des pèlerins. Parfois, Singet ou le moine Tripikata requièrent l'aide de la boddhishatva Guanyin. Tandis que Singet massacre allègrement ses adversaires en usant de ses pouvoirs extraordinaires, la boddhishatva, parangon de compassion, préfère les convertir. Et la troupe poursuit son périple... Et on circule entre les mondes.
En arrière-plan, le fonds religieux transparaît, avec la notion de l'unité des trois doctrines : taoïsme, bouddhisme, confucianisme. De ce dernier, rien n'est dit. Quant au taoïsme, il est très présent, notamment sous la forme de prêtres pas toujours sympathiques. En fait, le taoïsme est présenté presque toujours négativement. C'est le bouddhisme qui est valorisé, notamment à travers la figure de Tripikata, loin de l'héroïsme, souvent faible, mais pieux et savant, essayant de discipliner le turbulent Singet.
Le texte est farci de références à l'alchimie chinoise. Cet apport ésotérique doit expliquer des énumérations et des successions de nombres qui ne laissent pas d'étonner.
Cette matière picaresque charriant des éléments secrets fait penser irrésistiblement penser à Rabelais.
Il faut saluer le travail du traducteur et commentateur, André Lévy (1925-2017), personnage au destin extraordinaire et à la culture insondable. Non seulement il livre une traduction du texte chinois parfaitement fluide et agréable, mais il donne en notes les équivalents des termes chinois, sanskrits (qu'il privilégie dans la traduction) et japonais, nous révélant la circulation entre les cultures. Son introduction est indispensable. Il réalise de véritables prouesses en restituant les nombreux poèmes inclus au roman, sous la forme d'octosyllabes, le plus souvent rimés.
La fin de ce premier tome laisse nos quatre moines, une nouvelle fois, en mauvaise posture, au prise avec une maudite créature. Comme tous les chapitres, le cinquantième se termine sur une relance : "Si, en fin de compte, vous ne savez comment cela finit cette fois, écoutez la séance qui vient" (formule caractéristique des romans de cette époque). Reste donc à lire le deuxième tome !
Xuanzang reçoit le nom en religion : Tripikata, signifiant en sanskrit "les trois corbeilles" en référence au corpus des textes sacrés. Il n'apparaît qu'au livre III. En effet, il n'est pas le personnage principal. Ce rôle revient à un être fantastique : un singe d'une naissance surnaturelle, instruit dans les pratiques magiques et finalement converti et devenu le premier discipline de Tripikata, après avoir commis quelques troubles parmi les dieux et être resté piégé pendant cinq siècles (il a fallu l'intervention de Bouddha lui-même pour mettre un terme à ses méfaits). Singet, connu comme le Beau Roi-Singe, a aussi le titre de Grand Saint égal au Ciel. Son nom en religion est "Conscient-de-la-Vacuité". La troupe s'adjoindra deux autres condisciples : Porcet et Sablet, respectivement "Conscient-de-la-Pureté" et "Conscient-des-Capacités", plus un dragon transformé en cheval !
Les aventures sont rocambolesques, à peu près toutes sur le même schéma : la troupe rencontre un obstacle naturel, est confrontée à quelque monstre, s'ensuit une bagarre épique qui finit à l'avantage des pèlerins. Parfois, Singet ou le moine Tripikata requièrent l'aide de la boddhishatva Guanyin. Tandis que Singet massacre allègrement ses adversaires en usant de ses pouvoirs extraordinaires, la boddhishatva, parangon de compassion, préfère les convertir. Et la troupe poursuit son périple... Et on circule entre les mondes.
En arrière-plan, le fonds religieux transparaît, avec la notion de l'unité des trois doctrines : taoïsme, bouddhisme, confucianisme. De ce dernier, rien n'est dit. Quant au taoïsme, il est très présent, notamment sous la forme de prêtres pas toujours sympathiques. En fait, le taoïsme est présenté presque toujours négativement. C'est le bouddhisme qui est valorisé, notamment à travers la figure de Tripikata, loin de l'héroïsme, souvent faible, mais pieux et savant, essayant de discipliner le turbulent Singet.
Le texte est farci de références à l'alchimie chinoise. Cet apport ésotérique doit expliquer des énumérations et des successions de nombres qui ne laissent pas d'étonner.
Cette matière picaresque charriant des éléments secrets fait penser irrésistiblement penser à Rabelais.
Il faut saluer le travail du traducteur et commentateur, André Lévy (1925-2017), personnage au destin extraordinaire et à la culture insondable. Non seulement il livre une traduction du texte chinois parfaitement fluide et agréable, mais il donne en notes les équivalents des termes chinois, sanskrits (qu'il privilégie dans la traduction) et japonais, nous révélant la circulation entre les cultures. Son introduction est indispensable. Il réalise de véritables prouesses en restituant les nombreux poèmes inclus au roman, sous la forme d'octosyllabes, le plus souvent rimés.
La fin de ce premier tome laisse nos quatre moines, une nouvelle fois, en mauvaise posture, au prise avec une maudite créature. Comme tous les chapitres, le cinquantième se termine sur une relance : "Si, en fin de compte, vous ne savez comment cela finit cette fois, écoutez la séance qui vient" (formule caractéristique des romans de cette époque). Reste donc à lire le deuxième tome !
Displaying 1 - 1 of 1 review

