Marie Desplechin nous plonge dans le Paris du XIX° siècle. Nous sommes en 1885 et nous suivons Lucie, treize ans, une jeune fille de bonne famille. Son avenir semble tout tracé : bien tenir pour devenir une épouse modèle. Pour ce, ses parents la confie aux domestiques afin qu’ils lui enseignent les bonnes manières. Mais, avec l’aide de Annette, Fanny et Marceline, Lucie ne pas seulement apprendre le ménage et le repassage. Elle va aussi apprendre la vie dans ce « ventre de Paris » qui grouille de situations insolites. Avec menus détails et une écriture très précise, Marie Desplechin révèle une condition sociale du passé et les aspirations des jeunes filles de cette époque, à la veille de grands bouleversements.
Ce roman était très intéressant. J'ai aimé l'incipit qui est composé d'une série de phrases courtes, des ordres dictés à une jeune fille. On a là l'idée du peu de liberté qu'une jeune fille pouvait avoir à la fin du XIXe siècle en France.
Si j'ai beaucoup aimé ce roman, je trouve qu'il existe d'autres romans traitant des mêmes thèmes mais plus profonds et plus captivants. Notamment, Miss Charity de Marie-Aude Murail ou encore The Evolution of Calpurnia Tate.
J’avais acheté Satin grenadine dans la boutique souvenir à Orsay après une expo qui ne m’avait pas trop convaincue. Le résumé du bouquin par contre avait su attirer mon attention. Lucie est une jeune fille de la bonne société au XIXe siècle et elle pense qu’au XXe les femmes auront le droit de parler à table, de se marier ou non, et d’aller vivre avec les sauvages en Amérique.
J’ai été tout de suite séduite par l’écriture délicate de Marie Desplechin, sa Lucie est un petit esprit curieux et attendrissant. Elle n’est pas agaçante comme peuvent l’être des personnages de type Flavia de Luce (dans son jusqu’au-boutisme d’une certaine façon) et surtout elle cadre avec l’époque. Elle a certes des pensées un peu révolutionnaires sur le rôle de la femme, mais c’est tout de même une enfant qu’on a éduqué dans un milieu où l’on ne sait pas comment travaillent les domestiques, comment vivent les gens normaux et pour qui les couturières n’ont pas de prénoms. Les chapitres courts permettent de pénétrer dans ce Paris où tout ce que connaît Lucie c’est une maison étouffante où on la laisse avec sa gouvernante et un parc où elle peut courir et observer les insectes. J’ai vraiment beaucoup aimé la première grosse partie du roman, mais la conclusion m’a un peu laissé sur ma faim. Beaucoup de choses arrivent en même temps et le personnage de Jacques pour qui j’avais de bonnes espérances fini un peu comme un type falot et vaguement désagréable. Cependant je garde un très bon souvenir de ce qui m’a plu dans cette petite histoire et j’aimerai que Marie Desplechin ait écrit d’autres ouvrages du même genre, et avec Lucie ça serait encore mieux.
Plongée dans le monde de Lucie et le Paris du XIXème siècle. Les différences de classe sociale, le socialisme, le rêve de réussite, l'instruction, le féminisme… C'est bien écrit et on est bien dan cet univers.