Comment vivre plus librement la joie quand les passions nous tiennent ? Comment oser un peu de détachement sans éteindre un coeur ? Eprouvé dans sa chair, Alexandre Jollien tente ici de dessiner un art de vivre qui assume ce qui résiste à la volonté et à la raison. Le philosophe se met à nu pour ausculter la joie, l'insatisfaction, la jalousie, la fascination, l'amour ou la tristesse, bref ce qui est plus fort que nous, ce qui nous résiste... Convoquant Sénèque, Montaigne, Spinoza ou Nietzsche, il explore la difficulté de pratiquer la philosophie au coeur de l'affectivité. Loin des recettes et des certitudes, avec Houei-neng, patriarche du bouddhisme chinois, il découvre la fragile audace de se dénuder, de se dévêtir de soi. Dans l'épreuve comme dans la joie, il nous convie à renaître à chaque instant à l'écart des regrets et de nos attentes illusoires. Cette méditation inaugure un chemin pour puiser la joie au fond du fond, au plus intime de notre être.
Alexandre Jollien (26 november 1975) is a Swiss philosopher and writer. He mainly writes philosophical essays. One aspect of his life that has a major influence on his work is his disability: his essays often are about the concrete impact of this disability on his life and how to deal with it.
Le narrateur va voir son médecin pour qu'il lui donne un remède contre ses passions. Celui-ci lui propose d'écrire un traité des passions. Pfff, j'ai failli m'endormir !
Avec un style tout à fait original, bien à lui, Alexandre Jollien nous narre ses tentatives de soigner la passion qui le ronge. Commençant sous la forme d'un carnet plus ou moins intime, le récit nous emmène bien vite sur la piste des grands philosophes classiques ou récents, européens et asiatiques. Un livre très agréable à lire, qui finit par nous amener à nous poser les mêmes questions que l'auteur, et peut-être à chercher aussi à nous guérir de certaines de nos passions.
"La foi de mon enfance m'a légué un lourd héritage : sentiment de grande culpabilité, peine à éprouver une joie totale sans craindre une tuile, terreur de la punition, exigences morales souvent accablante, et j'en passe. Cependant, au milieu de ce fatras, je découvre aussi un goût de l'autre, une certaine sensibilité pour les faibles et la conviction intime que si Dieu existe, il transcende les caricatures qui l'avilissent, qu'il dépasse toute représentation."