J'ai très facilement le vague à l'âme, particulièrement l'été. On passe tellement de jours à l'attendre qu'une fois qu'il est arrivé, on ressent le besoin d'être heureux à tout prix. Cette saison passe en coup de vent, comme un jour de fête. Et pourtant, chaque printemps, on s'illusionne et on échafaude de grands projets ; «Ah! Moi,cet,été, je me louerai un chalet, orientation sud-ouest, tout en pin, avec une petite terrasse au deuxième étage. Je vais me trouver une vieille mobylette pour allez faire les courses. Je pense aussi m'acheter un chien. Un boston terrier à l'odorat surdéveloppé et aux yeux globuleux, une belle bête musculeuse et intrépide.Nous irons ensemble chercher des brioches au village, au son du moteur 2 temps. Un jour, je nous mettrai chacun un casque d'aviateur en cuir brun sur lat tête et je nous prendrai en photo, ensuite je la ferai encadrer et la mettrai dans le vestibule du chalet pour que tous les nombreux amis que j'inviterai, en orchestrant bien sûr une savante rotation pour ne négliger personne, puissent le voir et s'extasier ; " Toi, t'es un spécial ! ".
J'ai commencé le livre avant de lire les commentaires, heureusement.
Écrit à la manière d'une conversation de souper-retrouvailles, un peu coq-à-l'âne, j'ai adoré le rythme. On doit se laisser guider à travers les brides d'histoires, même si l'on a l'impression que ça va nulle part.
C'est principalement l'histoire d'un "fuckboy" qui fini par tomber en amour... avec l'idée d'être en amour? Les derniers chapitres à mon avis ont été écrits à la hâte... Ceux-ci manquait le mordant du personnage d'au début. Mais bon, peut-être que l'amour adoucit ?
Bref, c'est divertissant, j'ai eu quelques sourires en lisant.
« La frontière entre l’excitation et la répulsion demeure souvent très mince. » (fact ahah)
« En vérité, aujourd'hui, en plus d'être tourmenté et hésitant, je me sens mélancolique. J'ai très facilement le vague à l'âme, particulièrement l'été. On passe tellement de jours à l'attendre qu'une fois qu'il est arrivé, on ressent le besoin d'être heureux à tout prix, Cette saison passe en coup de vent, comme un jour de fête. Et pourtant, chaque printemps, on s'illusionne et on échafaude de grands projets… Promesse estivale quand tu nous tiens. Au menu : éparpillement oisif, culpabilité mordante et désolation généralisée. »
J’aime beaucoup Benoit Roberge le chroniqueur et scénariste, il me fait beaucoup rire et j’ai eu beaucoup de plaisir, il y a quelques années, à visionner ses capsules web Le cas Roberge. J’étais curieuse de lire ce qui pouvait bien se cacher dans la tête de ce spécimen rare et comment il réussirait à traduire tout ça sous forme de roman. Eh bien, Benoit Roberge a été à la hauteur de sa réputation! Éparpillé, le roman porte très bien son nom! Et à l’image de son auteur, l’histoire est un fouillis bien ordonné. Des passages jouissifs (j’ai noté des chapitres entiers - très courts il faut dire), du grand n’importe quoi parfois, mais dans la continuité tout de même. Et je crois bien que c’est l’effet recherché. On ne parle pas ici de grande littérature mais de plaisir de lecture, simplement. Le style très imagé, qui lui vient surement de son expérience de scénariste, m’a charmé. Les chapitres courts, les phrases toutes aussi courtes, les énumérations donnent un rythme intéressant au récit. C’est coquin, léger. Une belle lecture.
«Éparpillé», c’est grosso modo l’histoire d’un montréalais du Plateau Mont-Royal qui tombe amoureux d’une serveuse dans un café au premier coup d’œil. Le récit gravite autour de cette très courte rencontre et recense les états d’âme du narrateur face à l’échec de cette éventuelle relation.
J’ai personnellement eu beaucoup de difficulté à avoir de l’empathie ou une quelconque émotion pour ce personnage qui se lamente et porte un jugement péjoratif sur à peu près tout le monde. Bien que je comprenne qu’on ait voulu créer un personnage irrévérencieux, ses propos étaient plus déplacés qu’audacieux. Peut-être est-ce simplement une question d’intérêts personnels, mais ce genre d’humour n’est définitivement pas le mien.
Les métaphores — quelques fois intéressantes, mais la plupart du temps discutables — auraient eu intérêt à se faire moins présentes et mieux choisies.
Finalement, sans vouloir dévoiler le dénouement, le roman se termine de façon brusque et très prévisible.
Le titre du livre résume bien ce qu’on retrouve entre ses pages : des bribes d’histoires éparpillées, qui n’arrivent pas tout à fait à prendre une forme cohérente. Parsemé de métaphores maladroites, le style d’écriture m’a souvent laissée perplexe. Je n’ai d’ailleurs été happée à aucun moment par le récit. Il m’a semblé que l’on demeurait à la superficie des événements et des personnages, ce qui empêchait de développer quelque sentiment que ce soit à leur égard.
Ce que j’ai principalement retenu du roman, c’est une emphase sur l’égocentrisme et l’amour reposant uniquement sur l’apparence physique et la jeunesse. Ce sont des thèmes qui ne m’interpellent pas, et même, qui me découragent. Cette phrase du personnage principal résume bien cette impression : « Depuis l’enfance, je m’observe le nombril à la loupe ».
Également, la fin déçoit par son caractère prévisible et fleur bleue. Bref, si ce roman ne m’a pas plu, et ce, à bien des égards.