En 5 longs poèmes, Hortense Raynal réveille l’enfance, le foin, la jeunesse ardente et l’âpreté de la vie rurale dans une traversée sensible de sa région natale. Une belle ode au pays d’Oc et aux réalités qu’on n’ose pas dire, une sorte de langue d’en bas, rugueuse, organique, qui heurte la mémoire de celle qui a quitté pour aller vivre « à la ville ».
On pense aux souvenirs de Paola Pigani, aux folies naturelles de Savtizkaya. Dans ce texte puissant, on voit se dessiner la sincérité d’une déjà grande poétesse. À lire, même à déclamer si l’envie vous en prend. Un premier ouvrage qui en appelle d’autres.
Une maison vide. Un livre de recettes. Et la nostalgie d'une enfance passée au rythme de la nature. Dans le foin. Sur un chemin bordé d'arbres. Parmi les animaux. Entre les pots de gelée de coings.
Cette cadence se reflète dans la poésie d'Hortense Raynal, qui suit les saisons pour combler l'absence et rendre hommage aux souvenirs, aux anciens. Et particulièrement à une grand-mère qui n'a pas choisi sa route :
Connaissant le paysage mais pas le pays, tâtonnant, la narratrice convoque pourtant avec clarté et émotion les champs, les sabots, les toits en paille, le café du village. Se jouant de la ponctuation, elle incorpore également des mots en langue d'oc dans ses vers. « Ruralités » est un trésor sur la question de ce qu'on reçoit en héritage, comment le porter, comment le transformer, comment le transmettre.
L'avant-propos du livre a été rédigé par Marie-Hélène Lafon.