Using the playful, orally inspired, and partially invented language for which he is renowned, Patrick Chamoiseau recalls the brilliant, magical universe of his early childhood in Martinique. At the center of this universe is his extraordinarily vigorous mother and her creative, pragmatic ways of coping with poverty and five children. As Chamoiseau presents these first impressions of an exceptional child growing up in a rich Creole culture, he also reflects in oblique but incisive ways on colonialism. He probes the boundary between reality and imagination, between the child’s awakening understanding and the adult’s memory of those earlier days.
Patrick Chamoiseau is a French author from Martinique known for his work in the créolité movement.
Chamoiseau was born on December 3, 1953 in Fort-de-France, Martinique, where he currently resides. After he studied law in Paris he returned to Martinique inspired by Édouard Glissant to take a close interest in Creole culture. Chamoiseau is the author of a historical work on the Antilles under the reign of Napoléon Bonaparte and several non-fiction books which include Éloge de la créolité (In Praise of Creoleness), co-authored with Jean Bernabé and Raphaël Confiant. Awarded the Prix Carbet (1990) for Antan d’enfance. His novel Texaco was awarded the Prix Goncourt in 1992, and was chosen as a New York Times Notable Book of the Year. It has been described as "a masterpiece, the work of a genius, a novel that deserves to be known as much as Fanon’s The Wretched of the Earth and Cesaire’s Return to My Native Land".
Chamoiseau may also safely be considered as one of the most innovative writers to hit the French literary scene since Louis-Ferdinand Céline. His freeform use of French language — a highly complex yet fluid mixture of constant invention and "creolism" — fuels a poignant and sensuous depiction of Martinique people in particular and humanity at large.
La plume mi-créole, mi-française, toujours poétique, de Patrick Chamoiseau, n'en fait pas une lecture facile. Mais l'effort en vaut la peine, tant le voyage au cœur de ses souvenirs martiniquais est immersif, plein de vie et d'héritage. J'ai hâte de lire les tomes suivants.
~"Peux-tu dire de l’enfance ce que l’on n’en sait plus ? Peux-tu, non la décrire, mais l’arpenter dans ses états magiques, retrouver son arcane d’argile et de nuages, d’ombres d’escalier et de vent fol, et témoigner de cette enveloppe construite à mesure qu’effeuillant le rêve et de mystère, tu inventoriais le monde ? Mémoire ho, cette quête est pour toi. Et quel est ce recel, que veut dire ruine, ces paysages vides, faussement déménagés ? L’oubli, sur place, agriffe encor (impuissant) et traque l’émotion persistante du souvenir tombé. A quoi sert-il, qui dénude tes hautes branches, ce nouvel effeuilleur ? Enfance, c’est richesse dont jamais tu n’accordes géographie très claire ? Tu y bouscules les époques et les âges, les rires et l’illusion d’avoir ri, les lieux et les sensations qui n’y sont jamais nées. Tu y mènes bacchanale de visages et de sons, de douleurs et de dentelles, de brins d’histoire dont rien n’a l’origine, et d’êtres ambigus, aimés ou tellement tu les dessines, les transportes, les préserves –, mémoire, pourquoi accordes-tu cette richesse sans autant l’offrir ? Et quand s’écoule d’un au-delà des yeux, sans annonce ni appel, un lot de souvenirs, quand s’élève en bouffée la mensongère estime d’un temps heureux, que l’en réinvestit cette période sorcière où chaque brin du monde donnait lecture des possibles du monde, où la réalité même du monde était niche indéfinie de fourmis toutes très folles, et que l’on s’y sent, non pas étranger, mais en humeur d’exilé – est-ce, mémoire, moi qui me souviens ou toi qui te souviens de moi ? Mémoire, passons un pacte le temps d’un crayonné, baisse palissades et apaise les farouches, suggère le secret des traces invoquées au bord de tes razziés. Moi, je n’emporte ni sac de rapt ni coutelas de conquête, rien qu’une ivresse et que joie bien docile au gré (coulée du temps) de ta coulée."~