Roman sur l’amitié, à l’âge où l’enfance entre dans l’adolescence et que le besoin de se définir s’intensifie. Liliane, la narratrice, raconte sa rencontre en 1937 avec Solange Ast, alors âgée de 12 ans. Dès les premiers instants, « Je l’ai aimée tout de suite » dira-t-elle. Juive, d’origine polonaise, Solange vit dans une famille aimante et tellement différente de celle de Lili qu’elle rêve d’en faire partie. Généreuse, accueillante, vive, lumineuse, déterminée, Solange est l’amie dont Lili avait besoin. Solange trouve en Lili une confidente et une complice hors pair. Les deux filles grandissent ensemble jusqu’à ce que la guerre les sépare. Qu’arrivera-t-il alors aux deux inséparables amies ?
Court roman inspiré d’une histoire vraie. L’écriture fluide rend la lecture facile et rapide. Les personnages des fillettes sont décrits avec la candeur du jeune âge. Bien qu’elles soient fort différentes, l’opposition du caractère des deux filles montre comment des opposés peuvent être complémentaires et avoir besoin l’une de l’autre (un peu comme dans le roman de Ferrante, L’amie prodigieuse). L’histoire nous mène lentement vers le contexte de la deuxième guerre mondiale. Malgré l’horreur, l’autrice choisit de miser sur le réconfort qu’apporte l’intériorisation de l’autre. Sensible et touchant. Je donne un 4/5.
Citations:
« Car il ne faut pas se taire sous l’insulte. Se taire, c’est accepter d’être ce que l’autre veut faire de toi. » p. 224
« Lili, agir est la seule manière de ne pas perdre espoir. » p. 232
« Le deuil est un sentiment puissant. On peut l’habiter et s’y sentir étrangement vivant. On peut y trouver une forme de paix. » p. 291