En 1571, Michel de Montaigne a trente-huit ans. Lassé de ses charges de magistrat et de sa vie de soldat, écœuré des guerres de religion, il se retire en son château orné de deux petites tours. Dans l’une d’elles, au dernier étage, il aménage sa “ librairie ”, un bureau bibliothèque où il rédige jusqu’à son dernier souffle les Essais. Quand on visite aujourd’hui ce lieu, on aperçoit sur les poutres de la charpente, artistement gravées, des citations d’auteurs que Montaigne affectionnait. Pêle-mêle : Sophocle, Euripide, Xénophane, Pline, Térence, Horace, Lucrèce, Sextus Empiricus, saint Paul, Érasme. Au faîte de ce panthéon, l’Ecclésiaste. Tout le scepticisme et le pessimisme de Montaigne se reflètent sur ce plafond. Montaigne disait aimer les citations parce que, ramassant la pensée d’un grand esprit, elles lui donnaient l’occasion de penser par lui-même. Comme les auteurs de Montaigne sont aussi ceux de Frédéric Schiffter, ce dernier a prélevé quelques-unes des sentences et maximes de son choix pour se livrer à son tour à un essai de méditation. Le Plafond de Montaigne est un ciel d’intelligence vers lequel s’élève l’âme de n’importe quel honnête homme.
Frédéric Schiffter est un philosophe, écrivain et essayiste.
Il revient en France, après la mort de son père, alors qu'il est âgé de dix ans. Il a enseigné la philosophie dans plusieurs lycées du Pays basque dont au Lycée Cantau d'Anglet.
Philosophe et romancier, nourri par Montaigne, les moralistes, Schopenhauer ou encore Cioran, il développe un scepticisme alerte et raffiné, accordant une grande importance au style.
Il a collaboré à des publications éphémères - L’Imbécile dirigée par Frédéric Pajak - et participe ponctuellement aux dossiers et aux numéros hors-série de Philosophie Magazine.
Frédéric Schiffter a obtenu en 2010 le Prix Décembre pour son essai Philosophie sentimentale (Flammarion) et, en 2016, le Prix Rive Gauche pour un récit autobiographique : On ne meurt pas de chagrin (Flammarion).