Le texte en lui-même est d'un grand intérêt car il reprend un thème qui est abordé dans toute l'oeuvre de Xénophon, contemporain de Platon, qui fut aussi disciple de Socrate et est surtout connu pour son Anabase : celui du commandement. L'économie, au sens du livre, est surtout relative à la question de l'économie domestique, et du soin que l'on doit apporter à ses affaires si l'on souhaite faire venir la prospérité chez soi. Pour répondre à cette question, Socrate raconte à Critobule quels furent les enseignements qu'il reçut de Ischomaque, lequel aborde l'ensemble des points méritant de l'attention : il s'agit, pour le décrire de façon moderne, de gestion et de management, saupoudré de constantes évocations de la divinité. L'éducation de la femme, maîtresse des choses de l'intérieur et souvent liée à l'homme suite à un mariage arrangée est un des fondements les plus important. L'ordre et l'organisation rationnel, le calcul et la prévoyance entrent également en ligne de compte. Puis c'est un long et bel éloge de l'agriculture que fait Xénophon, qui nous présente cette activité comme étant non seulement lucrative, bonne pour la santée, et propre à faire des citoyens vertueux et courageux. Enfin, la question du commandement occupe une place de choix : c'est l'oeuil du maître qui fait croitre la récolte, c'est à dire qu'il faut non seulement surveiller, mais encore enseigner correctement à chacun ce qu'il doit pratiquer, et non agir de manière aveugle et tyrannique, sous peine de rencontrer bien des tourments et des inquiétudes.
Je suis assez mitigé sur ces nouvelles éditions en poche des Belles Lettres : d'un coté, on peut avoir enfin une version bilingue sous un format maniable à un pris abordable, mais l'impression du texte grecque est, pour parler sans ambages, parfaitement atroce : l'accentuation, les esprits, tous les signes diacritiques sont presque illisible, voir même certaines lettres. C'est dommage que l'éditeur ne porte pas un plus grand soin à la qualité de l'impression. J'ai dans les mains des bilingues en poche édités par Gallimard Flammarion, le résultat est incomparablement plus propre. Dans un autre ouvrage de la même édition, où se trouvait le Timon de Lucien, c'était une ligne entière qui manquait.
J'avais lu une traduction il y a quelque années. Je ne suis pas peu fier d'avoir réussi d'en retraduire une bonne partie directement à partir du grec, grâce au soutien de mon enseignante qui a la patience de soulever mes erreurs, et de combler mon ignorance.