Des pierres, du vent, des femmes : ainsi les Coréens aiment présenter Jeju, une île aux décors de carte postale située au sud de la péninsule. Mais pour l'auteur de ce recueil paru en 1979, ces pierres évoquent le travail forcé, et les murs de basalte où perchent de sinistres corbeaux. Ce vent, c'est tantôt un vent d'hiver glacial, tantôt un souffle chargé de la fumée des incendies allumés en représailles contre les insulaires accusés de sympathies communistes. Quant aux femmes, elles pleurent le plus souvent un mari ou un enfant disparu lors des troubles dont Jeju est le théâtre dès 1947. Car cette île, aujourd'hui connue pour ses plages et ses mandariniers, est alors en proie à un mouvement insurrectionnel qui est suivi d'une brutale répression. Avec la publication de ces dix nouvelles dont plusieurs se déroulent sur son île natale, Hyun Ki-young devient le premier écrivain à briser le silence imposé par les gouvernements successifs sur ces pages tragiques de l'histoire coréenne.
Hyun Ki-young was born on Jeju Island in 1941 and graduated from Seoul National University. He has served as the Managing Director of the National Literary Writers Association and as the President of the Korean Arts & Culture Foundation (2003). Hyun was also the director of the Committee for the Investigation of the April 3rd Jeju Uprising as well as the President of the Jeju Institute for the Investigation of Social Problems.