L’androgyne apparaît ici moins comme un symbole de totalité que comme le résultat du divorce des sexes, la fiction décadente sanctionnant l’impossible « résurrection de l’idéal Androgyne". En effet, l’androgyne terminal se révèle, dans ses incarnations homosexuelles, comme la figure d’une eschatologie dévoyée, non pas représentée sous la forme d’une réintégration harmonieuse des sexes dans le cosmos, mais sous celle de leur corruption physique et morale. Aussi, en accueillant en son sein l’androgynie, qui se manifeste par une masculinisation de la femme – motif le plus sollicité dans les textes de l’époque – et une féminisation de l’homme, l’humanité semble faire marche arrière, aller à rebours de l’évolution, retourner à l’informe, tant il est vrai que la confusion des sexes est perçue comme une confusion des espèces mâle et femelle. Transformé en produit défectueux d’une société malade, l’androgyne sera donc dorénavant indissociable de l’inverti, son double clinique. La médecine participera à cette approche négative de l’androgynie en la ramenant à un sexe surnuméraire, en la reléguant en marge de la sexualité et en la combattant comme une maladie.
Jane de la Vaudère was the pen name of Jeanne Scrive, a French novelist, poet and playwright who was born April 15, 1857, in Paris, and died on July 26, 1908. Her father was a famous doctor, Gaspard-Léonard Scrive, Surgeon-General of the French Army during the Crimean War. She is considered by contemporary critics a participant in the Decadent movement and Naturalism.
Her poetic works include Les Heures perdues, L'Eternelle chanson, Minuit, and Evocation. She is also remembered for a collection of decadent novels and short stories, such as Les Androgynes (1903), Les Demi-Sexes (1897), or Les Sataniques (1897) — probably her masterpiece. She wrote exotic novels as well, including Les Courtisanes de Brahma, La Porte de Félicité or La Gueisha amoureuse.
She collaborated with the Théâtre du Grand Guignol.
Rien ne vaut un petit Jane de la Vaudère de temps en temps.
Je trouve qu'elle réussit très bien cette atmosphère du demi-monde Parisien. Certes, ce roman est peut-être un peu daté. Certains le jugeront sans doute homophobe. Personnellement, je pense qu'il s'attaque surtout à un type d'homme qui existe encore aujourd'hui. Ceux qui se réunissent entre eux, unis par leur haine des femmes. Parce que le patriarcat est homoérotique par nature. Les hommes réservent leur estime et leur respect qu'à d'autres hommes.
A travers ces hommes qui se réunissent pour se moquer des femmes et de la féminité, elle souligne aussi que pédérastie, patriarcat, abus et domination vont main dans la main. L'objectif a toujours été de créer une classe d'hommes dont on peut abuser sans perdre sa virilité.
A ce titre, le personnage de Chozelle est une illustration parfaite de ce type d'intellectuel persuadé de sa supériorité et qui au final n'est qu'un imposteur. L'autrice ne manque aucune occasion de le ridiculiser et de le montrer pour ce qu'il est. A travers lui, c'est comme si elle réglait leur compte à tous ces auteurs misogynes qui se prennent pour des génies. Et ça fait un bien fou.
Dans ce livre, la lumière provient des personnages féminins. Bien que courtisanes, ces dernières sont toujours traitées avec la plus grande sympathie. Les descriptions des fêtes sont grandioses. C'est prodigieux, c'est décadent.
La fin est parfaite et irrévérencieuse :
Bref, il n'y a que Jane de la Vaudère pour faire ça.