Ample fresque historique embrassant mythologie et monde contemporain, Fille d’Amanitore dépeint l’articulation de la beauté et la brutalité propre au monde des humains, au travers de récits de vie de femmes d’aujourd’hui, filles et mères, en des mondes où se mêlent demeure ancestrale des divinités, terre des humains et le no man’s land d’Amanitore, la candace à la mémoire oubliée. Entre réminiscences antiques et platoniciennes, Léonora Miano invite à repenser le fondement divin du désir, réinterroge la puissance de la filiation féminine, et le poids des non-dits dans la transmission mère-fille.Et que mon règne arrive est une exhortation à la reconquête de leurs mémoires et leur par des femmes subsahariennes, pour les affranchir du discours bien-pensant de la « sororité planétaire », autre leurre du féminisme européocentré. Dans cette proposition pour affranchir la femme subsaharienne de toute forme de domination, coloniale et masculine, Léonora Miano l’inviter à habiter ses spiritualités, et orchestre le règne du féminin dans le monde par la voie africaine.
Quelle belle découverte de cette autrice. En tant que française caucasienne je découvre avec Fille d'Amanitore une mythologie que je ne connais pas. Avec les deux pièces, on traverse les réflexions sur le féminin et le rapport au masculin, la sororité, la réappropriation par les femmes africaines des notions de féminin, de féminisme, d'amour et de croyances. C'est beau, c'est nuancé, ça fait aimé le fait d'être une femme et ça nous rappelle la nécessité de faire entendre les voix qui sont trop souvent éteintes.