Je n'ai pas accompli mon rêve d'enfant : manœuvre maçon pour gagner 10 francs par jour. Mais à seize ans, j'ai écrit Périple d'un cachalot, un roman de trois cent cinquante pages qu'on lit encore aujourd'hui. J'ai donc décidé de raconter ma vie dans un livre qui ressemble comme un frère à l'un de mes romans. Mes lecteurs y apprendront que je fus apprenti dans une imprimerie pour cinq francs par semaine. Que j'ai aimé dès douze ans la femme que j'ai eu le malheur de perdre en l'an 2002. Qu'à l'âge de dix-huit ans je connus la guerre et les vraies épreuves, mais que les soirs d'hiver et les collines de Provence ne cessèrent jamais de m'émouvoir et de me consoler de tout. Que j'ai appris bien plus à l'imprimerie qu'à l'école. Qu'à quinze ans j'ai rencontré Giono et tout ce qui l'entourait : la musique, les grands écrivains, la dimension du monde. Bref; j'ai décidé de dire la vérité dans un véritable roman autobiographique où le lecteur retrouvera l'atmosphère des lieux et les caractères des personnages qui authentifient mon œuvre de fiction. P.M
Pierre Magnan was a bestselling French author of detective novels steeped in the sights and sounds of his beloved Provence; to readers, his sleuth, Commissaire Laviolette, was as indelibly linked to the land of lavender as Colin Dexter’s Inspector Morse was to the colleges of Oxford.
Magnan’s autumnal years were prolific; he wrote more than 30 books and saw his novels adapted for French television and cinema. He was never afraid to experiment and shifted easily to non-fiction, writing, amongst other publications, a gentle portrait of Giono (Pour Saluer Giono, 1990), a study of Provençal novels (Les Romans de ma Provence, 1998) and two volumes of memoirs. In The Essence of Provence (1998) he followed the story of L’Occitane from roadside soap stand to globally known brand. “La Provence was present in all his books,” noted Marie-Laure Goumet, his editor at Robert Laffont.