Un jeune Égyptien, Choukri, prépare une thèse de doctorat à Moscou. Boursier de son gouvernement dans le cadre des échanges culturels avec l'Union soviétique, il réside au foyer des étudiants étrangers, venant assez souvent du tiers-monde, de pays ravagés par une dictature militaire. Reclus dans ce lieu, ruminant sa solitude et ses frustrations sexuelles, il observe son petit monde en voyeur : les étudiants qui ne font que manger, boire et échanger sans vergogne leurs conquêtes féminines, les longues files d'attente devant les magasins, l'engouement général pour n'importe quel produit occidental de consommation, la grisaille qui domine les êtres et les choses. S'il parvient, malgré la rigueur du climat, à connaître les principales voies de la capitale, les grandes institutions culturelles et les stations du métro, il ne peut en revanche nouer aucune relation humaine en dehors de la résidence internationale. Et pendant ce temps-là, en 1973, ce qui se passe en Égypte sous Sadate n'aide en rien à dissiper son désarroi...
Autofiction à la manière d'«Amrikanli» - un autre livre de Sonallah Ibrahim -, écrite dans un style nerveux et économe, «Le Gel» est l'un des tout premiers récits en langue arabe à dénoncer le "socialisme réel" en Union soviétique, naguère adulé par la quasi-totalité de l'intelligentsia de gauche.
Sonallah Ibrahim (Arabic: صنع الله إبراهيم) was an Egyptian novelist and short story writer. Ibrahim was one of the "sixties Generation" who was known for his leftist and nationalist views which are expressed rather directly in his work. His novels, especially the last ones, incorporate many excerpts from newspapers, magazines and other political sources as a way to enlighten the people about a certain political or social issue. Because of his political opinions he was imprisoned in the 1960s. His imprisonment is featured in his first book, a collection of short stories called "That smell" تلك الرائحة, is one of the first writings in Egyptian literature to adopt a modernist style. His latest book, Memoirs of the Oasis Prison, returns to the same theme. In harmony with his political ideas, he recently refused to accept a prestigious literary award worth 100,000 Egyptian pounds from Egypt's ministry of culture.