John William Wainwright was a rear gunner in World War II, after which he spent twenty years as a policeman in Yorkshire. He wrote eighty crime novels between 1965 and 1992, sometimes under the pseudonym 'Jack Ripley'. He also wrote some short stories (mostly uncollected in book format), 7 radio plays, and an indefinite amount of magazine articles and newspaper columns.
An excellent thriller that keeps you guessing until the end. This is a take on how we deal with our demons and how we expect people closest to us to understand our dark sides.
On étouffe dans cette petite salle d'interrogatoire, on sent la sueur, le mauvais café, et l'humidité de la pièce. On voit les gouttelettes s'accumuler sur le visage du principal suspect. La tension dans le corps de l'agent chargé de le retranscrire est palpable. Il tente de ne pas se laisser dépasser par ses émotions, et par son instinct qui lui crie que cogner résoudra plus sûrement l'affaire que n'importe quelle palabre. Après tout, les supérieurs se sentent acculés par la vindicte médiatique et populaire et veulent une résolution rapide, et sans conteste. Et puis, il y a l'inspecteur Lyle, un poil plus brillant, plus empathique, un "homme qui s'empêche" en somme, qui voit le suspect comme un homme rusé, dont il s'agit de détruire point par point l'argumentaire défensif. Et il y a la femme du suspect. Cette dernière, chacun la voit avec des yeux différents, tantôt épouse éplorée, tantôt femme castratrice, tantôt principale accusatrice, tantôt témoin, tantôt pleine de hargne, tantôt rongée par la culpabilité. C'est elle finalement qui sera le noeud saillant de cette histoire.
C'est parfois dans ces romans qu'on appelait autrefois "de gare" que se cachent des pépites qui valent véritablement la peine d'être lu. Ce roman en est clairement une.
Lorsque l'on nous crie "À table !", c'est une injonction des plus agréables (pour ceux qui aiment manger) et de suite on a envie de s'y mettre, à table. Ici, le fait de se mettre à table implique que l'on va parler, avouer son crime, ou plutôt ses crimes, dans ce roman.
Brainwash… le titre original disait bien ce qu'il voulait dire lui aussi : lavage de cerveau.
Pourtant, l'inspecteur Lyle n'a rien d'un tortionnaire ou d'un Inquisiteur qui serait capable de vous faire avouer n'importe quoi, comme le bris du vase de Soissons ou la participation à l'assassinat de JFK.
Sans en avoir l'air, passant du coq à l'âne, l'inspecteur Lyle ammènera George Barker sur les contradictions de son récit, comme le fait qu'un fox-terrier l'accompagnait, furetait partout et n'a pas senti l'odeur du sang dans le fossé.
Revenant sur des faits qui semblent anodins, Lyle va jouer une partie de tennis où chacun va se renvoyer la balle, même si l'inspecteur a tout d'un Nadal Djokovic Federer tandis que le suspect hautement suspect a plus l'air de nager dans les tréfonds du classement ATP.
On envie que Lyle arrive à le faire craquer, il y arrivera, mais la bête n'est pas morte, elle a toujours du venin et leur match continuera jusqu'au bout de la nuit.
Véritable huis-clos étouffant, ce roman est à l'origine du film "Garde à vue" où Lino Ventura, en inspecteur, affronte Michel Serrault, le suspect de crimes à caractère pédophile puisque des petites filles ont été violées et tuées.
Si dans le film, les dialogues étaient d'Audiard, dans le roman, ils sont de l'auteur, ne vous attendez pas donc à des répliques bourrées d'humour mais malgré tout, le face-à-face est un délice de fin gourmet pour qui aime se plonger dans des atmosphères remplies de fumée de cigarettes, de transpiration et de flic qui savent amener les suspects, par la force de leur bagout, à se tromper dans ce qu'ils affirment et à voir les failles dans les détails les plus abscons.
Tout comme dans son autre roman « Une confession », l'auteur maîtrise ses personnages, ne les détaille pas trop, juste ce qu'il faut, mais leur donne une présence importante. Ici, il nous plonge dans le roman d'un coup, sans perdre de temps, car les crimes ont eu lieu et un suspect est aux arrêts sans l'être vraiment.
Jusqu'au bout, l'auteur jouera avec nos nerfs, nos pieds, nos émotions, et même dans le final, il nous réservera encore des surprises. Magnifique !