« Nous sommes déjà en mesure d’accomplir toutes les tâches intellectuelles de l’humain. Sache que d’ici une génération, nous prendrons en charge la totalité de ton existence. Lorsque nous aurons modélisé la stratégie Basquiat, ça sera fini. » L’A.S.I. – Artificial Super Intelligence – surclasse l’homme dans tous les domaines. Le point de dépassement a été franchi. Mais l’A.S.I. bute sur une énigme ultime : certaines toiles de Jean-Michel Basquiat. Algorithmiquement incompressibles. Il y a ici des moments d’anomalie absolue. Aucun nombre ne fait sens. Il se passe quoi avec les bavures de Basquiat ? D’où cette avalanche de stries, gouttes, taches, collages, biffages impulsifs, giclures accidentelles, gribouillis à la bombe, coulures aléatoires ? Comment ce fouillis dégage une sensation de puissance et de vitalité ? Toute cette chose est «magique» ? C’est ça la «création» comme manifestation suprême de l’humanité ? Est-il possible d’optimiser Basquiat ? Et si Basquiat n’était que le point critique d’une obsolescence système ? Un bug de conception ? Un virus malveillant ? Ça, l’A.S.I. sait traiter. On rectifie via le patch correctif, ou on exécute DELETE.
« une compétition physique avec la lumière, pour filer là-bas, au-delà de l’univers observable, vers l’origine du futur plongé dans l’obscurité à l’exception des deux yeux allumés du crabe, j’avoue, c’est grand, parmi les sons les plus stimulants, intellectuellement, de tous les temps. »
« au sens strict, le vrai Basquiat est une pathologie humaine, le dernier avatar d’une transe primitive et perdue. il n’annonce pas la couleur. juste la fin de quelque chose. aujourd’hui, l’avenir est là. Basquiat serait ravi de la façon dont les choses se passent. ce qui reste est la donation éparpillée d’une intelligence incroyablement torturée et sensible sur des mugs ou des tee-shirts imprimés SAMO. »