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Maxime Gorki Maxime Gorki > Quotes

 

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“En haut, au cœur de la montagne, la Couleuvre rampa et se blottit. Lovée au sein d’une crevasse humide, elle regardait la mer.

Le soleil brillait haut dans le ciel. Dans le ciel les sommets exhalaient leur chaleur. A leurs pieds les vagues venaient se briser...

Au fond d’une gorge noyée d’obscurité et d’embruns, dans un tonnerre de pierres, un torrent se précipitait vers la mer…

Tout en écume blanche, puissant et grisonnant, il fendait la roche et, hurlant de colère, se jetait dans les flots.

Soudain du ciel, dans la crevasse où la Couleuvre se blottissait, tomba le Faucon, la poitrine déchirée, les plumes ensanglantées...

Dans un cri bref, il s’était écrasé, et, plein de colère impuissante, frappait de sa poitrine l’âpreté de la pierre...

D'abord, la Couleuvre effrayée recula, mais bientôt elle comprit que l’oiseau blessé n’avait plus longtemps à vivre…

Elle rampa et, fixant le Faucon droit dans les yeux, lui siffla :

- Quoi, voilà donc que tu meurs ?
- Oui, je meurs ! lui répondit l’oiseau dans un profond soupir. Je meurs mais j’ai vécu dans la gloire !... J'ai connu la félicité !… J’ai combattu vaillamment !… J'ai vu le ciel comme jamais tu ne sauras t’en approcher !... Pauvre créature !
- Le ciel !?… Qu'est-ce le ciel pour moi ? Un espace vide où je ne puis ramper. Ici je me sens bien : il y fait si douillettement chaud et humide !

Ainsi répondit la Couleuvre à l'oiseau épris de liberté, gloussant au fond d’elle-même de devoir écouter de pareilles sornettes.

Ainsi pensait l’ophidien : "Qu’on vole ou bien qu’on rampe, chacun connaît ici la fin : tous nous reposerons sous terre et tout finira en poussière..."

Mais le Faucon tenta de se soulever, dressa la tête et porta son regard alentour.

Au fond de cette gorge, dans cette obscurité, l'eau suintait entre les pierres grises, l’air était suffocant et puait la charogne.

Alors le Faucon rassemblant toutes ses forces laissa échapper un cri de douleur et de chagrin :

- Oh, que ne puis-je une dernière fois m’envoler et rejoindre le ciel ! Là, j’étreindrais mon ennemi… contre ma poitrine et... il s’étoufferait de mon sang ! Ô, Ivresse de la bataille !...

L’entendant ainsi gémir la Couleuvre se dit : "Comme il doit être bon de vivre dans le ciel !"

Elle proposa à l’oiseau épris de liberté : "Va, approche-toi du gouffre et précipite-toi dans le vide. Et qui sait ? tes ailes te porteront. Ainsi te sera-t-il donné de vivre encore un instant dans ce monde qui est le tien."

Le Faucon frémit et fièrement dans un cri s'approcha de l’abîme, s’agrippant de ses griffes, rampant sur la pierre glissante.

Arrivé au bord du précipice, il déploya ses ailes, prit une profonde inspiration ; ses yeux clignèrent plusieurs fois et il se jeta dans le vide.

Il tomba plus vite qu’une pierre et se brisa les ailes, dévalant et roulant sur les roches, y laissant ses plumes…

Le flot du ruisseau le saisit, le lava de son sang et l’inondant d’écume l’emporta vers la mer.

Dans un rugissement de douleur, les vagues amères battaient contre les pierres... Le corps de l’oiseau à tout jamais disparut dans le vaste océan…”
Maxime Gorki
“Lénine et Trotsky n'ont aucune idée de la liberté et des droits de l'homme. Ils sont déjà corrompus par le sale poison du pouvoir.”
Maxime Gorki
“En haut, au cœur de la montagne, la Couleuvre rampa et se blottit. Lovée au sein d’une crevasse humide, elle regardait la mer.

Le soleil brillait haut dans le ciel. Dans le ciel les sommets exhalaient leur chaleur. A leurs pieds les vagues venaient se briser...

Au fond d’une gorge noyée d’obscurité et d’embruns, dans un tonnerre de pierres, un torrent se précipitait vers la mer…

Tout en écume blanche, puissant et grisonnant, il fendait la roche et, hurlant de colère, se jetait dans les flots.

Soudain du ciel, dans la crevasse où la Couleuvre se blottissait, tomba le Faucon, la poitrine déchirée, les plumes ensanglantées...

Dans un cri bref, il s’était écrasé, et, plein de colère impuissante, frappait de sa poitrine l’âpreté de la pierre...

D'abord, la Couleuvre effrayée recula, mais bientôt elle comprit que l’oiseau blessé n’avait plus longtemps à vivre…

Elle rampa et, fixant le Faucon droit dans les yeux, lui siffla :

- Quoi, voilà donc que tu meurs ?
- Oui, je meurs ! lui répondit l’oiseau dans un profond soupir. Je meurs mais j’ai vécu dans la gloire !... J'ai connu la félicité !… J’ai combattu vaillamment !… J'ai vu le ciel comme jamais tu ne sauras t’en approcher !... Pauvre créature !
- Le ciel !?… Qu'est-ce le ciel pour moi ? Un espace vide où je ne puis ramper. Ici je me sens bien : il y fait si douillettement chaud et humide !

Ainsi répondit la Couleuvre à l'oiseau épris de liberté, gloussant au fond d’elle-même de devoir écouter de pareilles sornettes.

Ainsi pensait l’ophidien : "Qu’on vole ou bien qu’on rampe, chacun connaît ici la fin : tous nous reposerons sous terre et tout finira en poussière..."

Mais le Faucon tenta de se soulever, dressa la tête et porta son regard alentour.

Au fond de cette gorge, dans cette obscurité, l'eau suintait entre les pierres grises, l’air était suffocant et puait la charogne.

Alors le Faucon rassemblant toutes ses forces laissa échapper un cri de douleur et de chagrin :

- Oh, que ne puis-je une dernière fois m’envoler et rejoindre le ciel ! Là, j’étreindrais mon ennemi… contre ma poitrine et... il s’étoufferait de mon sang ! Ô, Ivresse de la bataille !...

L’entendant ainsi gémir la Couleuvre se dit : "Comme il doit être bon de vivre dans le ciel !"

Elle proposa à l’oiseau épris de liberté : "Va, approche-toi du gouffre et précipite-toi dans le vide. Et qui sait ? tes ailes te porteront. Ainsi te sera-t-il donné de vivre encore un instant dans ce monde qui est le tien."

Le Faucon frémit et fièrement dans un cri s'approcha de l’abîme, s’agrippant de ses griffes, rampant sur la pierre glissante.

Arrivé au bord du précipice, il déploya ses ailes, prit une profonde inspiration ; ses yeux clignèrent plusieurs fois et il se jeta dans le vide.

Il tomba plus vite qu’une pierre et se brisa les ailes, dévalant et roulant sur les roches, y laissant ses plumes…

Le flot du ruisseau le saisit, le lava de son sang et l’inondant d’écume l’emporta vers la mer.

Dans un rugissement de douleur, les vagues amères battaient contre les pierres... Le corps de l’oiseau à tout jamais disparut dans le vaste océan… »”
Maxime Gorki, Le bourg d'Okourov

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