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“If women were the equals of men, men would no longer equal themselves. Why then should women resemble what men would have ceased to be?”
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“Toutes les sociétés actuelles, y compris les sociétés "socialistes", reposent, pour l'élevage des enfants et les services domestiques, sur le travail gratuit des femmes”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“Ce qui explique les violences conjugales, c'est la conjugalité”
― Penser le genre
― Penser le genre
“En prétendant que le mariage peut se substituer aux rapports de production dans le système capitaliste comme critère d'appartenance de classe dans ce système, on masque et l'existence d'un autre système de production, et le fait que les rapports de production dans ce système constituent précisément maris et femmes en classes antagoniques (les uns retirant un profit matériel de l'exploitation des autres).”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“aucune révolution sociale na pu se faire sans l'appui d'éléments issus de castes dominantes". On peut soutenir que l'appui de quelques ennemis de classes - ou plutôt d'individus ayant abandonné leur position de classe, car s'ils la gardent, ils restent des ennemis - est utile à certains moments. Dire qu'il est important à tous moments est aller un peu loin. Mais dire qu'il est déterminant, qu'il est une condition indispensable, que sans lui "la révolution ne peut se faire", est à la fois une contre-vérité historique et une ineptie politique, car c'est confondre conviction intellectuelle et position réelle de classe.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“I contend, on the contrary, that far from it being the nature of the work performed by women which explains their relationship to production, it is their relationship to production which explain why their work is excluded from the realm of value. It is women as economic agents who are excluded from the (exchange) market, not what they produce.”
― Close to Home: A Materialist Analysis of Women's Oppression
― Close to Home: A Materialist Analysis of Women's Oppression
“De même, il se fait couramment une confusion entre les femmes d'ouvriers et les ouvrières, appartenance de classe tantôt sur une définition marxiste de la classe - sur leur rapport de production - tantôt en reprenant à son compte la définition des femmes comme propriété et extension du mari.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“[L'idéologie masculine, du sexisme] produit et se manifeste par, entre autres, le déplacement de la haine de l'oppresseur - le capitaliste - sur les serviteurs et possessions de celui-ci. La "bourgeoise" est la cible favorite des "révolutionnaires" mâles.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“L'échec de ses tentatives est dû à ce qu'elles ont toutes accepté la prétention exorbitante de la psychanalyse d'être, non pas un système d'interprétation de la subjectivité, mais la subjectivité même.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“On est en face d'un paradoxe : d'une part le mariage est le lieu - institutionnel - d'une exploitation pour les femmes, d'un part, précisément en raison de cette exploitation, leur situation potentielle (celle de toutes les femmes et pas seulement celle des femmes effectivement mariées) est si mauvaise que le mariage est encore la meilleure carrière - économiquement parlant - pour elles. Si une situation initiale ou potentielle est mauvaise, l'état de mariage ne fait ensuite qu'aggraver cette situation, et renforce donc sa propre nécessité. (p. 126)”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“When the colonizers spoke of indigenous women - ignoring their own patriarchy, which they doubtlessly considered normal, just like today - it was always with tears in their eyes. They only referred to the differences between these two patriarchical regimes - the French one and the Algerian one - at the cost of any mention of their far more considerable commonalities.”
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“La source première de la pensée matérialiste étant l'action politique, il est logique de penser que le point de vue matérialiste sur une question donnée sera produit par un mouvement politique engagé sur cette question, à partir des lieux sociaux où existe un intérêt objectif à démasquer l'idéologie, c'est-à-dire par ses victimes [...] On retrouve la même négation de la réalité politique dans les implications de la proposition selon laquelle la ligne ne passe pas entre hommes et femmes, mais entre féministes et antiféministes [...] l'antiféminisme des hommes correspond à leurs intérêts objectifs, il n'y a rien de plus à dire sur ce sujet. En revanche, l'antiféminisme des femmes diffère radicalement de l'antiféminisme des hommes ; il lui est même diamétralement opposé. Ce qui est racisme chez l'oppresseur est haine de soi chez l'opprimée.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“Dans l'immédiat on peut poser que la libération des femmes ne se fera sans la destruction totale du système de production et de reproduction patriarcale.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“Notre hypothèse est que la raison pour laquelle le travail ménager n'est pas considéré comme productif et comptabilisé est qu'il est effectué - dans le cadre du ménage - gratuitement : il n'est pas rémunéré, ni échangé d'une façon générale. Et ceci, non en raison de la nature des services qui le composent - puisqu'on les trouve tous sur le marché - ni en raison de la nature des personnes qui le fournissent (puisque la même femme qui cuit gratuitement une côtelette dans son ménage est rémunérée dès qu'elle le fait dans un autre ménage) mais en raison de la nature particulière du contrat qui lie la travailleuse - l'épouse - au ménage, à son « chef ». (p. 63)”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“L'échec de ses tentatives est dû à ce qu'elles ont toutes accepté la prétention exorbitante de la psychanalyse d'être, non pas un système d'interprétation de la subjectivité, mais la subjectivité même [...] Sous couvert d'introduire le matérialisme dans la subjectivité, on introduisait en fait l'ennemi dans la place, l'idéalisme dans l'histoire.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“Qu'est-ce que le genre ? En tan que concept, il correspond à peu près à « sexe social ». La recherche a prouvé que la plupart des différences entre les sexes, les différences de statu social, de richesse et de pouvoir, mais aussi les différences dites « psychologiques », d'aptitudes et d'attitudes entre femmes et hommes, ne sont causées ni par le sexe anatomique, ni par les différences de fonction dans la procréation que ce sexe anatomique induit. En fait, le sexe anatomique n'induit que cela : des différences de fonction entre femelles et mâles dans la procréation. Le reste, couramment appelé différence de sexe, et couramment aussi rapporté à cette différence anatomique, est donc une construction sociale. La raison de cette construction sociale se trouve, selon certaines, dans les différences de fonction dans la procréation. Pour d'autres, dont je suis, la différence anatomique ne sert que de marqueur, de signe de repérage qui rend plus facile l'identification des personnes à exploiter. C'est une position considérée aujourd'hui comme osée, mais qui sera un jour, j'en suis sûre, tenue pour une évidence. (p. 57-58)”
― Classer, dominer: Qui sont les "autres" ?
― Classer, dominer: Qui sont les "autres" ?
“La première division du travail est naturelle, c'est la division du travail entre le sexes". C'est aussi la première - ou disons la plus importante - erreur d'Engels, et A. Leclerc, qui n'a pas cité ses sources, la reprend entièrement à son compte. Ayant montré que toute division du travail est la conséquence et le moyen de la hiérarchie et de l'oppression, Engels trouve cependant que celle entre les sexes est "naturelle", et que dans ce cas mais dans ce cas seulement, [...] la hiérarchie suit et ne précède pas. Il renie sa propre méthode et jette ainsi une ombre non seulement sur cette analyse mais sur toutes les autres. Car si on peut renverser l'ordre causal pour les femmes, pourquoi pas pour les autres ? Le ver est dans le fruit. Cent ans se sont écoulés depuis et de nombreuses études ont montré que le contenu de cette division était variable, donc pas naturel.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“Toute démarche qui tend à nous faire mieux accepter les contraintes sociales est dangereuse, et ne peut en aucun cas être qualifiée de "libératrice". C'est pourquoi la "revalorisation du corps des femmes", sans autre précision, est un projet extrêmement ambigu.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“On peut commencer à préciser la signification de la "gratuité" du travail ménager : c'est un travail qui, non payé, n'est pas non plus rémunéré, parce qu'il est effectué pour autrui.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“Le retournement de l'accusation de racisme est une réaction classiquement défensive et une défense classiquement réactionnaire. Et cela fait quelque temps déjà que l'on voit les femmes accusées de sexisme par des gens qui souvent n'en connaissent même pas le sens originel, mais qui ont l'excuse de ne pas poser aux « révolutionnaires », encore moins aux « féministes ». L'accusation de « contre-racisme » ou de « sexisme à l'envers » est typiquement réactionnaire ; elle l'est déjà a priori, avant tout examen, en cela seul qu'elle pose implicitement une symétrie entre oppresseurs et opprimés. Il est incroyable qu'on ose proférer de telles choses à propos des Noirs, dont le mouvement est plus ancien, plus connu et plus reconnu, que celui des femmes. Il est incroyable que quiconque se prétendant non seulement au courant des luttes, mais de surcroît « spécialiste », fasse preuve d'une telle ignorance, au sens premier d'absence d'information ; et que quelqu'un qui ignore des faits élémentaires de l'histoire contemporaine ose aborder le sujet. En effet, le « concept » de « contre-racisme » a été démystifié depuis longtemps pour ce qu'il est : une tentative d'intimidation. (p. 161)”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“Le boulanger, les filatures, les entreprises de confection vendent aujourd'hui un travail auparavant fourni gratuitement par les femmes. Ces fabrications sont considérées comme des productions et officiellement comptabilisées dans le produit national : le travail qui y est incorporé est considéré comme productif et les individus qui effectuent ce travail comme des producteurs, ce qui n'était pas le cas tant que ces fabrications étaient créées par le travail gratuit des femmes.
La plupart de ces productions ont été maintenant abandonnées par les femmes ; elles ne diffèrent pas en nature des productions domestiques telles que ménage, cuisine, soins aux enfants, qui continuent d'être effectuées gratuitement par les femmes pour la plus grande partie. Que cette gratuité ne dépend pas de la nature des travaux est encore prouvée par le fait que lorsque les femmes fournissent ces services hors de la famille, ils sont rémunérés.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
La plupart de ces productions ont été maintenant abandonnées par les femmes ; elles ne diffèrent pas en nature des productions domestiques telles que ménage, cuisine, soins aux enfants, qui continuent d'être effectuées gratuitement par les femmes pour la plus grande partie. Que cette gratuité ne dépend pas de la nature des travaux est encore prouvée par le fait que lorsque les femmes fournissent ces services hors de la famille, ils sont rémunérés.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“Toute science construit son objet. Ceci signifie que non seulement son contenu théorique mais les limites et la définition de son champ d'application, son domaine même, loin de préexister à la discipline, en sont une création.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“La conscience de classe des prolétaires n'est pas le résultat de la théorie marxiste du capital ; au contraire, c'est la théorie marxiste du capital qui est fondée sur la prémisse nécessaire de l'oppression des prolétaires [...]
La lutte des femmes est un fait politique concret, qui ne fait pas qu'ajouter un élément nouveau au domaine politique, mais le bouleverse de fond en comble. On exprimerait la même chose en disant que la conscience des femmes opprimées change la définition même de l'oppression [...]
Comme le féminisme-mouvement vise la révolution sociale, le féminisme-point de vue théorique, et chacun est indispensable à l'autre, doit viser une révolution de la connaissance.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
La lutte des femmes est un fait politique concret, qui ne fait pas qu'ajouter un élément nouveau au domaine politique, mais le bouleverse de fond en comble. On exprimerait la même chose en disant que la conscience des femmes opprimées change la définition même de l'oppression [...]
Comme le féminisme-mouvement vise la révolution sociale, le féminisme-point de vue théorique, et chacun est indispensable à l'autre, doit viser une révolution de la connaissance.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“[Le] couple mère-enfant ne désigne pas une association d'individus mais essentiellement un système de rôles et d'obligations : une formation sociale. De surcroît cette formation sociale est le résultat empirique - en termes d'associations d'individus physiques - d'une structure d'exploitation : le système politique patriarcal.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“On m'accordera que le premier empêchement à lutter contre son oppression, c'est de ne pas se sentir opprimée. Donc le premier moment de la révolte ne peut consister à entamer la lutte mais doit consister au contraire à se découvrir opprimée : à découvrir l'existence de l'oppression. L'oppression est découverte d'abord quelque part. Dès lors son existence est établie, certes, mais non son étendue. C'est à partir de la preuve qu'elle existe qu'on la cherche ensuite ailleurs, ici, là, en progressant de proche en proche. La lutte féministe consiste autant à découvrir les oppressions inconnues, à voir l'oppression là où on ne le voyait pas, qu'à lutter contre les oppressions connues. (p. 164)”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“Toute connaissance est le produit d'une situation historique, qu'elle le sache ou non. Mais qu'elle le sache ou non fait une grande différence ; si elle ne le sait pas, si elle se prétend "neutre", elle nie l'histoire qu'elle prétend expliquer, elle est idéologie et non connaissance. Toute connaissance qui ne reconnaît pas, qui ne prend pas pour prémisse l'oppression sociale, la nie, et en conséquence la sert objectivement.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“Le sexe est simplement un marqueur de la division sociale [hiérarchique de genre] ; il sert à reconnaître et identifier les dominants des dominé[e]s”
― Penser le genre
― Penser le genre
“La charge des enfants est l'aspect de l'état de divorce qui éclaire le plus le mariage et en même temps confirme la continuation du mariage après le divorce [...] Leur revenu après le divorce est toujours très inférieur à celui de leur mari. Les pensions fixées par le tribunal sont toujours dérisoires. La contribution financière de la femme est nécessairement supérieure en valeur absolue à celle du mari, ce qui, compte tenu de son revenu inférieur, représente une valeur et un sacrifice relatif beaucoup plus grand pour elle.”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“Une institution présente ne peut être expliquée par le simple fait qu'elle a existé dans le passé, même si ce passé est récent. Je ne nie pas que certains éléments du patriarcat d'aujourd'hui ressemblent à des éléments du « patriarcat » d'il y a cent ans : simplement cette durée - si tant est qu'il y ait durée, c'est-à-dire qu'il s'agisse bien de la même chose - ne constitue pas en elle-même un facteur explicatif. (p. 18)”
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
― L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat
“[Le « modèle français »] a érigé le genre dominant en modèle, ce qui était facile tant que celui-ci était le seul. Dans un deuxième temps, sommé par le genre dominé de lui faire une place, il lui dit : « Entrez et faites comme chez moi. » Il demande au dominé de se conformer à son modèle, d'être comme lui. C'est évidemment impossible, car les hommes ne sont des hommes que dans la mesure où ils exploitent des femmes. Les femmes ne peuvent donc pas, par définition, faire comme les hommes, 1) parce qu'elles n'ont personne à exploiter ; 2) parce qu'il faudrait qu'elles cessent d'être exploitées elles-mêmes pour pouvoir être à égalité avec les hommes, et 3) parce que si les hommes n'avaient plus de femmes à exploiter, ils ne seraient plus des hommes. C'est pourquoi les femmes ne peuvent pas être les égales des hommes tels qu'ils sont aujourd'hui, car « tels qu'ils sont aujourd'hui » présuppose la subordination des femmes. (p. 67-68)”
― Classer, dominer: Qui sont les "autres" ?
― Classer, dominer: Qui sont les "autres" ?




