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Geo Bogza Geo Bogza > Quotes

 

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“Ghiorghiță maică (îl căinează mumă-sa)
Știu eu ce te doare pe tine
Dar nu-ți pierde firea și nu te mai gândi
Că mi te prăpădești de tot,
Ghiorghiță a continuat totuși să se gândească
Și să se prăpădească.”
Geo Bogza
“Când nimeni nu va mai ști niciuna dintre limbile
ce se vorbesc astăzi pe fața pământului,
Când oamenii vor comunica între ei prin formule matematice,
Când istoria lumii va putea fi cuprinsă în șapte silabe,
Oamenii acelei ere vor mai învăța
șaptesprezece mii de pierdute cuvinte,
De dragul lui Shakespeare.”
Geo Bogza, Orión
“J'ai gardé pour la fin, comme un hommage, les lignes où je parlerai du travail des femmes des Motzi. Travail rude et dur, la plupart du temps côte à côte avec les hommes, dans les bois, par des chemins abrupts, parmi les meutes de loups. Mais ce n'est pas de cela que je veux parler ici. Je veux simplement dire le travail que doit fournir une femme Motz pour faire de ses mains calleuses une chemise de chanvre.
(p. 66)”
Geo Bogza, Au pays de la pierre
“Les bergers qui vivent en été sur les sommets de Hășmașul Mare sont témoins, souvent avec effroi, de certaines tempêtes terrifiantes. Nulle part, aussi loin que se portent les regards et aussi loin que va l’imagination à l’intérieur des frontières du pays, il ne pleut, il ne neige et il ne vente tant, et avec autant de fureur, que sur ce colosse de pierre, contre lequel se brisent tous les nuages d’Ardeal.
Au bord d’un précipice, un sapin se met à vaciller, jusqu’à ce qu’il touche celui de gauche, ensuite celui de droite, comme s’il faisait ses adieux aux frères avec lesquels il avait passé son enfance, et, d’un saut tragique, il se jette dans le vide. D’autres, emportés par la folie générale, se précipitent à sa suite vers des destinations inconnues et fatales. On les retrouvera plus tard, qui sait où, mordant la poussière et couverts de blessures profondes, comme des soldats tombés au combat.
Une seule tempête, qui a fait rage il y a déjà un certain temps sur ce monde dévasté par de violents tremblements d’air a arraché de ses flancs cinquante milliers de sapins, les emportant dans les ravins. On les y aperçoit encore maintenant, tel un amas d’ossements frêles, emmêlés chaotiquement, qui pourrissent au fond des vallées perdues.
Même les pics les plus orgueilleux se sentent menacés par les ouragans qui se déchaînent contre eux. Aveugles, brutales, les masses d’air les frappent de plein fouet, essayant de les arracher de leur place. Mais les pics, obstinés, résistent. Face à la puissance brute des éléments, ils opposent la leur, avec des dizaines d’arêtes tranchantes, qui s’entrechoquent violemment.

(traduction Dolores Toma)”
Geo Bogza, Cartea Oltului
“L’œuf phénoménal

La chèvre peut ronger le chou jusqu'au trognon.
Cela ne me concerne pas.

Le chou peut devenir superbe crinoline,
Laissant mourir de faim la chèvre.
Cela ne me concerne pas.

Le problème et la chèvre et du chou ne me concerne pas.

Mais je rêve, depuis longtemps je rêve d'un coq grandiose.
Un coq avec des parents au soleil
Et d'une poule extraordinaire
Qui puissent enfin nous donner l’œuf phénoménal.

Oh, je rêve depuis longtemps
Cet œuf.
Oui, cet œuf dont, sans le casser,
On pourra faire une immense omelette
Pour l'histoire de tous les siècles à venir.

Le problème de la chèvre et du chou ne me concerne pas.
Qu'ils se débrouillent comme ils pourront.

Mais moi je ne veux plus, pour rien au monde, non, je ne veux plus
Ces omelettes que les maîtres queux
Invoquent pour casser des millions d'œufs.

Des millions de jeunes d’œuf écoulés de la coque,
Des millions de coquericos de moins sous le soleil,
Des millions de soleils empêchés de paraître,
Toute l'histoire du monde pervertie,
Sous prétexte que c'est ainsi qu'on fabrique l'Omelette.

Quant à moi, moi depuis longtemps je rêve
L’œuf phénoménal.

(traduit du roumain par Romulus Vulpes”
Geo Bogza
“Confession

Je me rappelle les gros godillots lourds avec lesquels j'ai fait les premiers pas dans la vie,
Les godillots que je chaussais à quatorze ans
Et avec lesquels je descendais au port aux grands bateaux,
Piétinant la boue et la neige, évitant de marcher dans les caillots de sang.
Je portais alors une capote noire de marin, qui sentait l'étuve,
Et les godillots étaient grands et lourds pour mes pieds de quatorze ans,
Je marchais péniblement avec eux dans les rues sales du port,
Entre des marins, des porteurs et des prostituées.
J'étais un grand gars, maigre et timide, qui pouvait faire rire bien des gens,
Et ils en riaient.
Que serais-je devenu si je n'avais pas eu les godillots ?
Ils m'aidaient à ne pas pleurer, à ne pas trébucher de timidité,
Me donnant un énorme et douloureux équilibre.
Ils étaient gros et lourds et me tenaient les pieds sur la terre,
Ils étaient mes amis et mes alliés et mes anges gardiens,
Avec eux je faisais mes premiers pas dans la vie.
Dans la capote noire de marin, qui sentait l'étuve,
Avec eux je marchais dans les rues sales du port,
Rêvant d'écraser son mes pas toute la laideur du monde.

(traduit du roumain par Ileana Vulpescu)”
Geo Bogza
“Fetele salutară din apusul galben al soarelui băieții cari plecau la moarte
Și de pe zidurile orașului se jeluiră ca în biblie și în legende:
Să fi fost cel puțin una cu prunc sădit în pântec
L-ar fi crescut toate mare, l-ar fi făcut bărbat
Pentru nopțile lungi de iarnă care aveau să urmeze
Și când inima lor chiar dacă nu s-ar fi dat
Avea totuși nevoie de cineva care s-o ceară
Care s-o dorească
Și să se chinuie că n-o poate avea.
Fetele au răscolit prin bălțile din preajma caselor puhave
Căutând sămânța omenească de pe vremea când neluată în seamă
Se scursese odată cu lăturile, cu excrementele și resturile de mâncare
Prin stranii procese de onanie
(Sămânța omenească altădată ca un colier de perle, ca o bijuterie
Era acum verde și putredă)
Fetele au pus flămânde gura în mocirlă
Și-au supt-o pe toată, picătură cu picătură
Apoi întinse cu pântecul rotund la soare
Au așteptat
Așa cum nu se așteaptă decât în biblie și în legende.
(...) de furie au sărutat dezmetice toate obiectele plăsmuite cilindric
Și au izbucnit în hohote de plâns încolăcindu-și pulpele pe arborii gigantici.
(ÎN ANUL ACELA VECHILE AȘEZĂRI SE ZDRUNCINARĂ)”
Geo Bogza
“Un obstacle inattendu s’oppose, dès le premier instant, à ce voyage, qui s’annonce comme le plus fécond qui soit, d’un bout à l’autre d’une noble existence, à ce voyage qui pourrait donner lieu à un vaste et grave tour du monde : la séparation, difficile au plus haut point, de la contrée d’où il va partir.
Où le monde pourrait-il être aussi grandiose que sur ces sommets sur lesquels rien ne fait obstacle aux regards, où qu’ils veuillent se diriger, et où ils se dirigent, effectivement, jusqu’à ce qu’ils touchent l’infini ? Quels autres horizons pourraient se comparer à l’océan de pierre, sur l’étendue duquel émerge le Ceahlău, à l’océan instable dont les vagues donnent à l’univers un bercement plus large, une résonance plus profonde ?
Quitter ce moutonnement infini de montagnes, si proche à la fois du ciel et des fondements sonores de la terre, voilà ce qui paraît impossible. Tout son tumulte retient l’être dans les yeux duquel il s’est miré, le tirant en arrière, ne le laissant se détacher qu’à grande peine et douloureusement, provoquant aussitôt en lui le sentiment d’une perte irréparable.

(traduction Dolores Toma)”
Geo Bogza, Cartea Oltului
“At times, however, during this long nightmare, in the eyes of one of us a light still gleamed: "It is not true, he is not gone." Oh, what a great and profound joy ! As though one suddenly hears that some dearly beloved people whom one thought dead are still alive.
What a great joy it is to have so many friends with you, walking with you, alongside millions of people who know that "you are not gone," that you are not dead, that you are still alive, of the same flesh and blood as mankind.”
Geo Bogza, Anii împotrivirii
tags: death
“La vérité est que, après être venu à la lumière du jour et après s’être mis à courir sur les rochers, le filet d’eau ne perd à aucun moment le contact avec une infinité de gisements liquides, qui, par des voies secrètes, vont l’enrichir sans cesse, tout comme l’être humain, quelque évolué qu’il fût, ne se coupe pas de ses gisements ancestraux obscurs, dont il reçoit sans cesse des énergies insoupçonnées et des impulsions énormes.
Des milliers de galeries s’entrelacent dans la pierre, tel un inimaginable labyrinthe de nervures, infiltrant leurs pointes d’aiguille jusque sous les crêtes les plus hautes, dans des dépôts, pas plus grands qu’un ongle, sous la croûte des rochers, pour laisser s’écouler dans le ruisseau qui vient de naître, goutte-à-goutte, toute la sève et toute la force de Hășmașul Mare.
L’Olt semble être, ainsi, un arbre aux racines ramifiées sous l’écorce d’un vaste et chaotique territoire, si bien que, si on pouvait l’arracher, tel un sapin par la tempête, il tirerait avec lui la ronde immense des crêtes, des précipices et des pics où il a vu la lumière du jour. C’est à travers ce fabuleux réseau de racines, comme à travers un arbre de vie géant, que la montagne fait parvenir la nourriture à la rivière à laquelle elle a donné le jour.

(traduction Dolores Toma)”
Geo Bogza, Cartea Oltului
“Dans cet espace, où les masses de pierre semblent écraser tout, la source se montre si frêle, qu’il ne serait pas étonnant que sa vie s’éteignît un instant après. Étonnante est, au contraire, la témérité avec laquelle elle affirme son existence face aux pics altiers. Dans la nuit saisie d’étonnement, l’Olt commence son histoire, digne d’être écoutée, dans un recueillement absolu, par les montagnes, par les hommes, par l’univers entier.
À l’éternité des montagnes, il oppose une autre éternité : celle de l’eau qui jaillit du rocher et qui, par ce dont elle est composée, est plus vieille que toutes les montagnes réunies. Des centaines et des milliers de siècles sont condensés dans le chuchotement de la source, l’un sous l’autre, remontant de plus en plus loin, jusque dans la nuit et avant la nuit des temps. Dans ce lit d’ères, l’eau coule sur son passé, comme sur une roche gigantesque, dont la couche la plus profonde remonte à l’instant où la terre s’est détachée du soleil.
C’est alors qu’elle a commencé à exister, et, depuis lors, dans chaque molécule et dans son énorme totalité, elle est restée la même. Le mince filet de l’Olt provient directement des masses liquides géantes qui ont recouvert la planète, à l’époque où les continents étaient encore loin de naître. Depuis, dans les ruisseaux, dans les fleuves, dans les mers, l’eau est restée la même : élémentaire, unique.

(traduction Dolores Toma)”
Geo Bogza, Cartea Oltului
“La neurasthénie est blanche comme les os des morts.”
Geo Bogza
“Pierre cubique
Pour un pavage de l'âme

Pour déchirer le ridicule apparent de l'enveloppe, il convient que les pointes intellectuelles ne soient pas émoussées par des calculs mercantiles.

Un aigle peut toujours être abattu d'une balle et dépecé.
Mais il ne sera jamais capturé dans une souricière.
Une fois lancé, il faut du tact pour ne pas verser dans le burlesque.
Mais trop de tact censurera tout éclat, vous exposant à la constipation de l'âme.

Chez certains, les sourires ironiques entrent en scène au mauvais moment. Si la crispation de la réalité ne les interrompt pas brusquement, ils se brisent en même temps que le personnage, dans le tintamarre des pots d'argile.

Si l'on ne se détourne pas faussement du marécage, mais qu'on le traverse héroïquement en s'y enfonçant à fond, on peut trouver par-delà une couche d'eau pure.

Tous les blasons existants ont été profanés. Pour atteindre une noblesse nouvelle, non susceptible de l'être, il convient préalablement de se faire vacciner l'âme à la boue.

Si j'arbore quelquefois un cœur dans ma poitrine, j'ai néanmoins toujours dans ma poche une boîte de préservatifs.

Je ne publierai un livre que lorsque je serai sûr de pouvoir me détacher entièrement de ses pages, pour bondir sur le lecteur et l'étrangler.

Ma phrase doit être un organe viril impétueux, pour dépuceler les âmes encrassées et y déposer la semence des cieux nouveaux.

L'art est souvent le droit suprême de l'artiste de tout bafouer.

(poème de Geo Bogza, publié en 1928,
traduit du roumain par Șerban Cristovici)”
Geo Bogza
“Le sentier est, peut-être, le premier témoignage de la place que l’homme allait prendre dans l’univers, et, dans les temps les plus reculés, il était probablement riche de significations importantes. Avec lui, l’errance et le chaos prenaient fin, pour faire place à une ère nouvelle, celle de la certitude. De la grotte à la rivière, et de la rivière à la grotte, une génération finit par coucher l’herbe, et les suivantes héritèrent du sentier battu, et le conservèrent, comme un trésor légué par les ancêtres. Aujourd’hui encore, au fond des bois dans lesquels le règne des temps immémoriaux n’a pas été troublé, rien n’a autant d’importance que cette corde poudreuse, la seule capable de chasser des cœurs l’inquiétude et la peur de s’égarer.
Pour les premiers hommes, mis brusquement face à l’immensité et à l’énigme de l’espace, le sentier a dû être plus important que la hache ou que l’arc pour la chasse. Telle une liane infinie, il liait un horizon à un autre, permettant aux hommes de s’agripper les uns aux autres, pour ne pas sombrer dans l’inconnu, comme dans un gouffre sans fond.
À des époques totalement oubliées, un sentier aura signifié toute une civilisation. Une civilisation pour la conquête de laquelle de nombreuses générations d’hommes et de femmes, dont personne ne se rappelle plus l’origine, n’ont cessé de durcir la plante de leurs pieds en parcourant des sols vierges et rudes. Millénaire après millénaire, ère après ère, des tribus et des peuplades ont parcouru la terre de long en large, guidées par le soleil et les étoiles, jusqu’à ce qu’elles eussent réussi à la marquer de l’empreinte de leurs pieds, imprimant en elle les méridiens de leur audace et de leur opiniâtreté.

(traduction Dolores Toma)”
Geo Bogza, Cartea Oltului

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