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“MOI, TROUBADOUR
Moi troubadour et la fille d'amour
Nous errons la nuit autour des lanternes ;
Signes de mouchoir, adieu sans retour
À toi notre étoile, astre de déveine.
Nous allons ailleurs vers un sort meilleur
Avant que le blé ne sorte des graines
Avant que les fleurs ne perdent couleur.
Moi troubadour et la fille d'amour
Qui de son caveau tirons la beauté
Marcherons à présent rompus, hébétés
Par la vie, par l'astre et par la rengaine.
Aux portes de l'ombre allons-nous buter
Avant que le blé ne sorte des graines
Avant que le temps des moissons ne vienne ?
Et dans le cœur blanc des nuits de septembre
Nous nous blottirons, icônes sans voix,
Dans les coins perdus, dans l'oubli des chambres
Nous rappellerons, frappant de nos doigts,
Que de notre vie sont mortes les branches
Avant que le blé ne sorte des graines
Avant que le temps des moissons ne vienne.
Vous entendrez des mots silencieux
Assis pensifs dans l'ombre et dans l'absence
Mille soleils brûleront dans vos cieux
Hommes à genoux dans un rêve immense,
Et ce jour viendra pour tous ceux, tous ceux
Dont la vie fleurit, dont la vie commence
Avant que le blé ne sorte des graines
Avant que le temps des moissons ne vienne.
(p. 406-407 de L'Anthologie de la poésie yiddish de Charles Dobzynski)”
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Moi troubadour et la fille d'amour
Nous errons la nuit autour des lanternes ;
Signes de mouchoir, adieu sans retour
À toi notre étoile, astre de déveine.
Nous allons ailleurs vers un sort meilleur
Avant que le blé ne sorte des graines
Avant que les fleurs ne perdent couleur.
Moi troubadour et la fille d'amour
Qui de son caveau tirons la beauté
Marcherons à présent rompus, hébétés
Par la vie, par l'astre et par la rengaine.
Aux portes de l'ombre allons-nous buter
Avant que le blé ne sorte des graines
Avant que le temps des moissons ne vienne ?
Et dans le cœur blanc des nuits de septembre
Nous nous blottirons, icônes sans voix,
Dans les coins perdus, dans l'oubli des chambres
Nous rappellerons, frappant de nos doigts,
Que de notre vie sont mortes les branches
Avant que le blé ne sorte des graines
Avant que le temps des moissons ne vienne.
Vous entendrez des mots silencieux
Assis pensifs dans l'ombre et dans l'absence
Mille soleils brûleront dans vos cieux
Hommes à genoux dans un rêve immense,
Et ce jour viendra pour tous ceux, tous ceux
Dont la vie fleurit, dont la vie commence
Avant que le blé ne sorte des graines
Avant que le temps des moissons ne vienne.
(p. 406-407 de L'Anthologie de la poésie yiddish de Charles Dobzynski)”
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“SOLITAIRE
Nul ne sait ce que je dis
Ce que je veux nul ne le sait.
Sept souriceaux, une souris
Sont endormis sur le parquet.
Une souris, sept souriceaux,
Pourtant il me semble en voir huit ?
Alors je mets mon chapeau
Je souhaite bonne nuit.
Alors je mets mon chapeau
Et me laisse aller,
Où irai-je si tard la nuit
Tout seul, esseulé ?
À la foire une gargote
Me fait signe : eh toi, gogo
Viens, j'ai tonneau plein de vin
Et d'or plein tonneau.
Vite alors j'ouvre la porte
Et tombe au-dedans :
Qui que vous soyez, bonne fête
À tous, braves gens !
Nul ne sait ce que je dis
Ce que je veux nul ne le sait.
Deux ivrognes, une bouteille
Sont endormis sur le parquet.
Deux ivrognes, une bouteille
Il me semble en voir trois pourtant,
Vaut-il la peine à ce jeu d'être
Le quatrième ? Non, vraiment !
Alors je mets mon chapeau
Et me laisse aller,
Où irai-je si tard la nuit
Tout seul, esseulé ?
(p. 416-417 de L'Anthologie de la poésie yiddish de Charles Dobzynski)”
―
Nul ne sait ce que je dis
Ce que je veux nul ne le sait.
Sept souriceaux, une souris
Sont endormis sur le parquet.
Une souris, sept souriceaux,
Pourtant il me semble en voir huit ?
Alors je mets mon chapeau
Je souhaite bonne nuit.
Alors je mets mon chapeau
Et me laisse aller,
Où irai-je si tard la nuit
Tout seul, esseulé ?
À la foire une gargote
Me fait signe : eh toi, gogo
Viens, j'ai tonneau plein de vin
Et d'or plein tonneau.
Vite alors j'ouvre la porte
Et tombe au-dedans :
Qui que vous soyez, bonne fête
À tous, braves gens !
Nul ne sait ce que je dis
Ce que je veux nul ne le sait.
Deux ivrognes, une bouteille
Sont endormis sur le parquet.
Deux ivrognes, une bouteille
Il me semble en voir trois pourtant,
Vaut-il la peine à ce jeu d'être
Le quatrième ? Non, vraiment !
Alors je mets mon chapeau
Et me laisse aller,
Où irai-je si tard la nuit
Tout seul, esseulé ?
(p. 416-417 de L'Anthologie de la poésie yiddish de Charles Dobzynski)”
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“Tous tremblent devant cette pichenette sur le nez, s'effraient bien plus à son idée qu'à celle d'être mis au monde sur la Terre. Cet ange alcoolique a rendu malheureux plus d'un enfant avec sa pichenette sur le nez… Si vous voyez sur la Terre un enfant au nez épaté, vous devez savoir que l'ange Simon Bär y a été trop fort avec sa pichenette sur le nez.
[Vor diesem Nasenstüber zittern alle, sie haben vor ihm einen weit grösseren Schrecken als vor dem Geborenwerden auf der Erde. Mehr als ein Kind hat dieser trunksüchtige Engel mit seinem Nasenstüber unglücklich gemacht… Wenn ihr auf Erden ein Kind mit einer Stubsnase seht, dann sollt ihr wissen, dass ihm Simon Bär, der Engel, einen zu starken Nasenstüber versetzt hat.]”
― The Book of Paradise: The Wonderful Adventures of Shmuel-Aba Abervo
[Vor diesem Nasenstüber zittern alle, sie haben vor ihm einen weit grösseren Schrecken als vor dem Geborenwerden auf der Erde. Mehr als ein Kind hat dieser trunksüchtige Engel mit seinem Nasenstüber unglücklich gemacht… Wenn ihr auf Erden ein Kind mit einer Stubsnase seht, dann sollt ihr wissen, dass ihm Simon Bär, der Engel, einen zu starken Nasenstüber versetzt hat.]”
― The Book of Paradise: The Wonderful Adventures of Shmuel-Aba Abervo
“SUR LA ROUTE UN ARBRE
Sur la route il est un arbre
Qui reste ployé
Et tous les oiseaux de l'arbre
Se sont égaillés.
Trois vers l'ouest et trois vers l'est
Et le reste au sud
Laissant l'arbre à la tempête
À la solitude.
Je dis à ma mère : écoute
Si tu n'y fais rien,
Ni une ni deux, ma mère
Oiseaux je deviens !
Je veux m'asseoir sur cet arbre
Je le bercerai,
L'hiver de belles complaintes
Le consolerai.
Mère dit : nenni, mon fils !
Et ses pleurs ruissellent
Tu pourrais, hélas, sur l'arbre
Prendre froid mortel !
Je dis : Mère, c'est dommage
Pour tes yeux si beaux
Et avant qu'on s'en avise
Je suis un oiseau.
Geint la mère : Itsik, mon âme,
Au nom de Dieu, tiens,
Prends au moins ce petit châle
Et couvre-t'en bien,
Emporte avec toi tes bottes
Rude, l'hiver vient,
Mets ton bonnet de fourrure
Quel malheur est mien !
Emporte aussi ton chandail
Et mets-le, vaurien,
Si tu ne veux être l'hôte
De tous les défunts !
Qu'il est dur de lever mes ailes,
Trop de choses, trop
Tu mis sur le corps, ma mère,
Du fragile oiseau.
Et tristement je regarde
En ses yeux si beaux,
Son amour même m'empêche
De devenir oiseau.
(p. 418-419 de L'Anthologie de la poésie yiddish de Charles Dobzynski)”
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Sur la route il est un arbre
Qui reste ployé
Et tous les oiseaux de l'arbre
Se sont égaillés.
Trois vers l'ouest et trois vers l'est
Et le reste au sud
Laissant l'arbre à la tempête
À la solitude.
Je dis à ma mère : écoute
Si tu n'y fais rien,
Ni une ni deux, ma mère
Oiseaux je deviens !
Je veux m'asseoir sur cet arbre
Je le bercerai,
L'hiver de belles complaintes
Le consolerai.
Mère dit : nenni, mon fils !
Et ses pleurs ruissellent
Tu pourrais, hélas, sur l'arbre
Prendre froid mortel !
Je dis : Mère, c'est dommage
Pour tes yeux si beaux
Et avant qu'on s'en avise
Je suis un oiseau.
Geint la mère : Itsik, mon âme,
Au nom de Dieu, tiens,
Prends au moins ce petit châle
Et couvre-t'en bien,
Emporte avec toi tes bottes
Rude, l'hiver vient,
Mets ton bonnet de fourrure
Quel malheur est mien !
Emporte aussi ton chandail
Et mets-le, vaurien,
Si tu ne veux être l'hôte
De tous les défunts !
Qu'il est dur de lever mes ailes,
Trop de choses, trop
Tu mis sur le corps, ma mère,
Du fragile oiseau.
Et tristement je regarde
En ses yeux si beaux,
Son amour même m'empêche
De devenir oiseau.
(p. 418-419 de L'Anthologie de la poésie yiddish de Charles Dobzynski)”
―
“LE TAILLEUR NOTE MANGUER CHANTE.
Tourterelles dans l'or du soir,
Années de l'enfance envolées,
Je voudrais seller mon cheval louvet,
Au galop vers vous m'en aller.
Je voudrais vers vous revenir,
Attelant mon cheval louvet
Et dans la roulotte de mon grand-père
Chez moi je vous ramènerais.
Sentier tortueux, petits saules,
Et floraisons dans tous les coins,
Voilà qui s'enlacent et s'aiment
Le plus proche et le plus lointain.
Ce qui fut voici bien longtemps
Aujourd'hui c'est renouvelé
En sandales d'argent s'en va
Le prodige à travers le blé.
Un tour suffit à l'anneau d'or
Pour que s'ouvre tout l'univers,
Que tout brille, bourdonne et vole
En rimes, en strophes, en vers.
Trilili, trille de l'oiseau,
Refleurissent tous les vergers,
Combien de joie, combien de peine.
Faut-il pour survoler l'été?
L'herbe et le grillon, tsi tsi tsi
Au soir dans la fraîche buée,
Que de joie faut-il que de peine
Pour qu'enfin l'été soit joué!
Tourterelles au feu du soir,
Années de l'enfance envolées,
Je voudrais seller mon cheval louvet
Au galop vers vous m'en aller,
Je voudrais vers vous revenir,
Attelant mon cheval louvet
Et dans la roulotte de mon grand-père
Vous ramènerais.
(p. 427-428 de L'Anthologie de la poésie yiddish de Charles Dobzynski)”
―
Tourterelles dans l'or du soir,
Années de l'enfance envolées,
Je voudrais seller mon cheval louvet,
Au galop vers vous m'en aller.
Je voudrais vers vous revenir,
Attelant mon cheval louvet
Et dans la roulotte de mon grand-père
Chez moi je vous ramènerais.
Sentier tortueux, petits saules,
Et floraisons dans tous les coins,
Voilà qui s'enlacent et s'aiment
Le plus proche et le plus lointain.
Ce qui fut voici bien longtemps
Aujourd'hui c'est renouvelé
En sandales d'argent s'en va
Le prodige à travers le blé.
Un tour suffit à l'anneau d'or
Pour que s'ouvre tout l'univers,
Que tout brille, bourdonne et vole
En rimes, en strophes, en vers.
Trilili, trille de l'oiseau,
Refleurissent tous les vergers,
Combien de joie, combien de peine.
Faut-il pour survoler l'été?
L'herbe et le grillon, tsi tsi tsi
Au soir dans la fraîche buée,
Que de joie faut-il que de peine
Pour qu'enfin l'été soit joué!
Tourterelles au feu du soir,
Années de l'enfance envolées,
Je voudrais seller mon cheval louvet
Au galop vers vous m'en aller,
Je voudrais vers vous revenir,
Attelant mon cheval louvet
Et dans la roulotte de mon grand-père
Vous ramènerais.
(p. 427-428 de L'Anthologie de la poésie yiddish de Charles Dobzynski)”
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