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“« — Tu as entendu parler de Marcion, Martin ? Marcion était un chrétien qui vivait il y a mille huit cents ans à Rome. En regardant autour de lui, en regardant cet univers traversé de souffrances, de massacres, de maladies, de guerres et de violence, Marcion l’hérétique en conclut que le Dieu qui avait créé tout ça ne pouvait pas être bon, que le mal était une composante de sa création. Les scénaristes de la chrétienté trouvèrent un rebondissement assez vaseux pour répondre à la question du mal : ils inventèrent Lucifer. Mais la version de Marcion était bien meilleure : Dieu est responsable du mal comme de tout le reste, il est responsable de la maladie de Gustav aussi. Non seulement le mal fait partie de sa création, mais il en est un des leviers. C’est grâce à la violence et au conflit que la création évolue vers des formes toujours supérieures. Regarde Rome. Selon Plutarque, Jules César a pris plus de huit cents villes, soumis trois cents nations, fait un million de prisonniers et tué un autre million de ses ennemis. Rome était une société vicieuse, avec un goût certain pour la cruauté. Pourtant, son ascension a permis au monde d’évoluer[…] »”
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“- Tu crois ça ? Alors, pour toi, les choses sont simples : il y a les bons et les méchants ? Quelle chance tu as ! Tiens, si tu avais le choix au moment des élections entre trois candidats : le premier à moitié paralysé par la polio, souffrant d'hypertension, d'anémie et de nombreuses pathologies lourdes, menteur à l'occasion, consultant une astrologue, trompant sa femme, fumant des cigarettes à la chaîne et buvant trop de martinis ; le deuxième obèse, ayant déjà perdu trois élections, fait une dépression et deux crises cardiaques, fumant des cigares et s'imbibant le soir au champagne, au porto, au cognac et au whisky avant de prendre deux somnifères ; le troisième enfin un héros de guerre décoré, respectant les femmes, aimant les animaux, ne buvant qu'une bière de temps en temps et ne fumant pas, lequel choisirais-tu ?
Servaz sourit.
- Je suppose que vous vous attendez à ce que je réponde le troisième ?
- Eh bien bravo, tu viens de rejeter Roosevelt et Churchill et d'élire Adolf Hitler. Tu vois : les choses ne sont jamais ce qu'elles paraissent.”
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Servaz sourit.
- Je suppose que vous vous attendez à ce que je réponde le troisième ?
- Eh bien bravo, tu viens de rejeter Roosevelt et Churchill et d'élire Adolf Hitler. Tu vois : les choses ne sont jamais ce qu'elles paraissent.”
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“- Vous croyez que mes crimes rendent vos mauvaises actions moins condamnables ? Vos petitesses et vos vices moins hideux ? Vous croyez qu'il y a les meurtriers, les violeurs, les criminels d'un côté et vous de l'autre ? C'est cela qu'il vous faut comprendre : il n'y a pas une membrane étanche qui empêcherait le mal de circuler. Il n'y a pas deux sortes d'humanité. Quand vous mentez à votre femme et à vos enfants, quand vous abandonnez votre vieille mère dans une maison de retraite pour être plus libre de vos mouvements, quand vous vous enrichissez sur le dos des autres, quand vous rechignez à verser une partie de votre salaire à ceux qui n'ont rien, quand vous faites souffrir par égoïsme ou par indifférence, vous vous rapprochez de ce que je suis. Au fond, vous êtes beaucoup plus proches de moi et des autres pensionnaires que vous ne le croyez. C'est une question de degré, pas une question de nature. Notre nature est commune : c'est celle de l'humanité toute entière.”
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“the concept reflected, unintentionally, the state of justice in this country: an ultramodern facade and entrance hall masking the dilapidation and lack of”
― The Circle
― The Circle
“Dokonce i ten nejpříšernější zločin se stával malým a směšným tváří v tvář nekonečné věčnosti hor.”
― The Frozen Dead
― The Frozen Dead
“selfishness and indifference have increased.”
― The Frozen Dead
― The Frozen Dead
“Aethiopica by Heliodorus of Emesa. And now is she my daughter with me here, my daughter I say, named by my name, and on her all my hopes depend. And beside other things, wherein she is better than I could wish, she has quickly learned the Greek tongue and has come to perfect age with such speed as if she had been a peerless branch, and so far doth she surpass every other in excellent beauty that all men’s eyes, as well strangers as Greeks, are set on her.”
― The Frozen Dead
― The Frozen Dead
“He gave a sigh and mused that entire countries were on the verge of collapse, that the names of the Four Horsemen of the Apocalypse were, finance, politics, religion and the depletion of resources, and they were whipping their horses as hard as they could, but the ant farm continued to dance on a volcano and be fascinated by things as insignificant as football.”
― The Frozen Dead / A Song for Drowned Souls / Don't Turn Out the Lights
― The Frozen Dead / A Song for Drowned Souls / Don't Turn Out the Lights
“Le caractère morbide de la vallée ne faisait qu’accroître l’impression de malaise.
La route sinuait sous un ciel sombre, parmi de grands sapins touffus gantés de blanc. Le chasse-neige était passé par là : il avait laissé de hautes congères sur le bord de la route. Ils dépassèrent une dernière ferme prisonnière du froid – les barrières de ses champs disparaissant presque sous le manteau neigeux, un tortillon de fumée s’élevant de sa cheminée – puis ce fut le règne définitif du silence et de l’hiver.
Il avait cesse de neiger mais la couche était très épaisse. Un peu plus loin, ils rejoignirent et dépassèrent le chasse-neige, dont le fanal tournoyant jetait une vive lueur orangée sur les sapins blancs, et la route devint difficile.
Ils roulèrent alors à travers un paysage pétrifié de hautes sapinières impénétrables et de tourbières gelées prises dans les méandres de la rivière. Au-dessus d’eux se levaient, formidables et gris, les flancs boisés de la montagne. Puis la vallée se resserra encore. La forêt surplomba la route qui surplomba le torrent, tandis qu’à chaque virage ils voyaient devant eux les grandes racines des hêtres mises à nu par les affouillements du talus. Au détour d’un virage, ils découvrirent plusieurs bâtiments en béton et en bois. Avec des rangées de fenêtres aux étages et de grandes baies vitrées au rez-de-chaussée. Un sentier traversait le torrent sur un pont rouillé puis une prairie blanche et menait jusqu’à eux. Servaz vit un écriteau rouillé en passant : « COLONIE DES ISARDS ». Les bâtiments avaient un aspect délabré. Ils étaient déserts.
Il se demanda qui avait bien pu coller une colonie de vacances dans un endroit aussi lugubre. Il sentit un courant d’air froid sur son échine en pensant au voisinage de l’Institut. Mais il était probable, vu son état d’abandon, que la colonie avait fermé bien avant que l’Institut Wargnier n’ouvre ses portes.
Cette vallée était d’une beauté terrassante.
Une atmosphère de conte de fées.
C’était bien ça : une version moderne et adulte des sinistres contes de fées de son enfance. Car, au fond de cette vallée et de cette forêt blanche, songea-t-il en frissonnant, c’étaient bien des ogres qui les attendaient.”
― The Frozen Dead
La route sinuait sous un ciel sombre, parmi de grands sapins touffus gantés de blanc. Le chasse-neige était passé par là : il avait laissé de hautes congères sur le bord de la route. Ils dépassèrent une dernière ferme prisonnière du froid – les barrières de ses champs disparaissant presque sous le manteau neigeux, un tortillon de fumée s’élevant de sa cheminée – puis ce fut le règne définitif du silence et de l’hiver.
Il avait cesse de neiger mais la couche était très épaisse. Un peu plus loin, ils rejoignirent et dépassèrent le chasse-neige, dont le fanal tournoyant jetait une vive lueur orangée sur les sapins blancs, et la route devint difficile.
Ils roulèrent alors à travers un paysage pétrifié de hautes sapinières impénétrables et de tourbières gelées prises dans les méandres de la rivière. Au-dessus d’eux se levaient, formidables et gris, les flancs boisés de la montagne. Puis la vallée se resserra encore. La forêt surplomba la route qui surplomba le torrent, tandis qu’à chaque virage ils voyaient devant eux les grandes racines des hêtres mises à nu par les affouillements du talus. Au détour d’un virage, ils découvrirent plusieurs bâtiments en béton et en bois. Avec des rangées de fenêtres aux étages et de grandes baies vitrées au rez-de-chaussée. Un sentier traversait le torrent sur un pont rouillé puis une prairie blanche et menait jusqu’à eux. Servaz vit un écriteau rouillé en passant : « COLONIE DES ISARDS ». Les bâtiments avaient un aspect délabré. Ils étaient déserts.
Il se demanda qui avait bien pu coller une colonie de vacances dans un endroit aussi lugubre. Il sentit un courant d’air froid sur son échine en pensant au voisinage de l’Institut. Mais il était probable, vu son état d’abandon, que la colonie avait fermé bien avant que l’Institut Wargnier n’ouvre ses portes.
Cette vallée était d’une beauté terrassante.
Une atmosphère de conte de fées.
C’était bien ça : une version moderne et adulte des sinistres contes de fées de son enfance. Car, au fond de cette vallée et de cette forêt blanche, songea-t-il en frissonnant, c’étaient bien des ogres qui les attendaient.”
― The Frozen Dead
“the words of his daughter’s married lover, the only time he had met him,”
― The Circle
― The Circle
“Alors que l’impunité régnait chez les délinquants, à force d’interdic et d’injon on infantilisait le reste de la société”
― La Chasse
― La Chasse
“Svět se proměnil v obrovské a čím dál šílenější zkušební pole, na němž Bůh, Ďábel nebo náhoda zatápějí pod kotlem.”
― The Frozen Dead
― The Frozen Dead
“¿Qué espacio quedaba aún para cualquier forma de sabiduría y de libre albedrío en un mundo donde, por un lado, se uniformizaba la opinión, se abolía la verdad, se higienizaba el pensamiento y, por el otro, se fomentaba el odio y se dejaba que se produjeran los crímenes más atroces? La humanidad había enloquecido, de eso no cabía ninguna duda. Y tampoco cabía ninguna duda de que el Mal estaba más activo que nunca, sobre todo en aquellos que querían imponer a los otros su propia visión del Bien. Era demasiado viejo y estaba demasiado cansado para no ver que el combate estaba perdido. Occidente se encaminaba hacia una nueva era de tinieblas.”
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“Alors que l’impunité régnait chez les délinquants, à force interdit et d’injonction, on infantilisait le reste de la société”
― La Chasse
― La Chasse
“The carrier of malaria is the mosquito. The carrier of madness, or at least its preferred carrier, is the media.”
― The Frozen Dead
― The Frozen Dead
“They believe in the religion of privilege, the creed of greed and the dogma of perks – for themselves,”
― The Circle
― The Circle



