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“C'est dimanche dans le delta, sur la route de Mahmoudia, là où les dernières collines de la Dobroudja surplombent le bras de Sfântu Gheorghe. Sur la gauche de la route, en bordure d'un champ incliné qui vient d'être moissonné, sont éparpillés des carrioles attelées d'ânes ou de mulets. À mi-pente de la colline, autour d'une petite scène où le prêtre officie parmi des icônes portatives, et tout un bric-à-brac qu'un œil profane pourrait identifier comme du matériel de camping, quelques centaines de paysans et de paysannes, âgés pour la plupart, s'agenouillent dans le chaume, se relèvent, s'agenouillent de nouveau, entonnent des cantiques, lèvent haut de lourdes bannières qui claquent au vent comme des oriflammes.
Quand la messe se termine enfin, la plupart des carrioles, où se sont entassés pêle-mêle les fidèles, leurs bannières et leurs icônes, reprennent la route en dur, dans un grand raclement de roues cerclées de fer, en direction de Mahmoudia, mais quelques-unes s'engagent sur une piste à peine visible qui, parmi des prairies à moutons, rejoint la berge du Danube.
("Au pays des mille et une horreurs", "Le Figaro", 5 juillet 1990)”
― L'homme qui a vu l'ours: Reportages et autres articles 1980-2005
Quand la messe se termine enfin, la plupart des carrioles, où se sont entassés pêle-mêle les fidèles, leurs bannières et leurs icônes, reprennent la route en dur, dans un grand raclement de roues cerclées de fer, en direction de Mahmoudia, mais quelques-unes s'engagent sur une piste à peine visible qui, parmi des prairies à moutons, rejoint la berge du Danube.
("Au pays des mille et une horreurs", "Le Figaro", 5 juillet 1990)”
― L'homme qui a vu l'ours: Reportages et autres articles 1980-2005
“De manière imprévisible, sitôt que l'on avait tourné le coin de ce bois et que l'on atteignait, sur le versant opposé de la colline, les parages de la ferme de Montaubert, on découvrait un panorama à la fois splendide, à certains égards, et consternant : splendide parce que la Butte de Braseux, distante peut-être d 'un kilomètre et occupant la plus grande partie du paysage, pouvait apparaître comme une sorte de pyramide à degrés, un peu aplatie et démesurément étendue, sur les pentes de laquelle, à différents niveaux, s'activaient de diligents archéologues. Consternant, parce qu'un second examen, corroboré par la lecture de la carte, révélait qu'il s'agissait en réalité d'un "centre d'enfouissement technique", c'est-à-dire d'une montagne de déchets, flanquée d'ailleurs d'une énorme usine de traitement de ces mêmes déchets, ou plus vraisemblablement de déchets d'une autre sorte.”
― La Traversée de Bondoufle
― La Traversée de Bondoufle




