Goodreads helps you follow your favorite authors. Be the first to learn about new releases!
Start by following Hervé Guibert.
Showing 1-26 of 26
“Distance is one of the most beautiful forms of respect”
―
―
“I'm not able to rid myself of my self.”
― The Mausoleum of Lovers: Journals 1976-1991
― The Mausoleum of Lovers: Journals 1976-1991
“Like a luminous fish, he who glowed all night goes out into the end, to escape my caresses; I offer my lips to a black hole.”
― Fou de Vincent
― Fou de Vincent
“The imagination is always more horrible than the truth.”
― The Mausoleum of Lovers: Journals 1976-1991
― The Mausoleum of Lovers: Journals 1976-1991
“Je ne vois rien, dit Josette, mais si je voyais, je haïrais tout ce que je vois. Je haïrais les hortensias rouges sur mon passage, et je haïrais les pochettes de disques, je haïrais les images de la télévision, je haïrais le visage de mon père et de ma mère, je haïrais le ciel et je haïrais la nuit, je haïrais la transparence des larmes, je n’aimerais aucune couleur que celle de tes yeux décolorés, je n’aimerais voir que toi.”
―
―
“He kissed me a second time, his mouth was dry, he drenched me with saliva, his precious commodity, what he spits on the street.”
― Crazy for Vincent
― Crazy for Vincent
“Ma vie avait pris une autre tournure, le vieillissement m'ayant porté à d'autres affections, d'autres élans du coeur.”
― La piqûre d'amour et autres textes, suivi de, La chair fraîche
― La piqûre d'amour et autres textes, suivi de, La chair fraîche
“Somewhat melancholy happiness of offering an object one likes, and that one had bought for oneself!”
― The Mausoleum of Lovers: Journals 1976-1991
― The Mausoleum of Lovers: Journals 1976-1991
“Dans la cour de l'hôpital éclairée par ce soleil de juin qui devenait la pire injure au malheur, je compris, pour la première fois car quand Stéphane l'avait dit je n'avais pas voulu le croire, que Muzil allait mourir, incessament sous peu, et cette certitude me défigura dans le regard des passants qui me croisaient, ma face en bouille s'écoulait dans mes pleurs et volait en morceaux dans mes cris, j'étais fou de douleur, j'étais le Cri de Munch.”
― À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie
― À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie
“I'm so happy that I suddenly feel cold, tenatized by a joy that freezes me. He says 'I'm wrecked, I traveled all day hitchhiking to catch up with you, let's go to your hotel.' I had only dreamed and dream of nothing but the moment I would find myself alone with him in my hotel room, and yet my lips drily reply, 'We'll go later, let's go to the screening first.' At the end of the screening, Vincent announces that he's leaving again; a burning misery follows an icy joy.”
― Fou de Vincent
― Fou de Vincent
“Muzil passa une matinée à l'hôpital pour faire des examens, il me raconta à quel point le corps, il l'avait oublié, lancé dans les circuits médicaux, perd toute identité, ne reste plus qu'un paquet de chair involontaire, brinquebalé par-ci par-là, à peine un matricule, un nom passé dans la moulinette administrative, exsangue de son histoire et de sa dignité.”
― À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie
― À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie
“I know that to say 'we'll see each other tonight,' up front, and with an exclamation point rather than a question mark, gives me more of a chance than 'are you free tonight?' In surprise, there's always a moment of hesitation; he knows that I know that it contains the possibility of his resorting to a lie, and that if he says no to me it isn't necessarily that he isn't free, but that he has decided as much, that he detected a hint of pathos in my voice, and doesn't want to come to its rescue; he only says yes when we share a common prescription; he is always the diagnostician of our relationship.”
― Crazy for Vincent
― Crazy for Vincent
“Любовь — единственно подлинная потеря времени.”
―
―
“Les billes, je les aime tant et j'en ai tant gagné que je pourrais m'en emplir la bouche et tout le cordon intestinal, n'être plus qu'un bonhomme de billes : j'en ai plusieurs trousses que je décharge le soir dans une boîte à chaussures. Quand ce n'est pas la saison du scoubidou et de la cocotte-surprise, et je me rejette dans la bataille. Je suis devenu le boss des billes, c'est moi qui ai lancé la bille à cent, une trouvaile : mes rivaux ne pratiquent que la bille à dix. Chaque matin j'emporte une trousse vide, une trousse à demi pleine, et dans mes poches quelques calots qui comptent pour dix. J'ai mon emplacement réservé, juste à droite de la porte qui mène du préau à la cour, tout contre le mur il y a dans le sool gris comme un minuscule coquetier qui semble taillé tout exprès pour que j'y mette ma bille, j'ai mon créneau, je le paye en billes, et j'ai mes employés qui surveillent les joueurs. Je calcule la distance qui doit être appropriée à un tel lot : elle doit rendre la bille pratiquement invisible. Les billes pleuvent, je vérifie que ma petite bille ne bouge pas, je la fixe pour l'en empêcher. Pendant ce temps-là mes employés ramassent les billes et en remplissent une de mes deux trousses ouvertes par terre, je les surveille à peine, je les paye trop bien. Personne ne gagne. Quand mes deux trousses et toutes mes poches sont pleines à craquer, et que les poches de mes employés sont aussi pas mal remplies, je retire ma bille adorée. Je fais toujours avant de disparaître une petite distribution gratuite, pour apaiser ceux qui se sont sauvagement dépossédés ans cette mise insensée, je les fais courir en envoyant les grappes de billes à pleines mains le plus loin possible. J'aime qu'après cela, on me regarde avec reconnaissance.”
― My Parents
― My Parents
“Les images ont des insinuations diaboliques. Mes parents ont inconsidérément punaisé des reproductions arrachées à des pages de magazine, sans autre souci de présentation, de deux tableaux assez célèbres : la terrasse de café d'une nuit d'été à Arles, par Van Gogh, qui s'est muée en imae presque abstraite de la chaleur molle, de la déliquescence, de la vacance, de l'été (une préfiguration aussi du plaisir que mon corps adulte pourrait me faire connaître), et Le Cri de Munch, qui s'est mué, lente défiguration du personnage déjà défiguré, en image de la peur et de la mort.”
― My Parents
― My Parents
“maintenant qu'il connaissait cette douleur Muzil la craignait par-dessus tout, ça se lisait désormais dans son oeil la panique d'une souffrance qui n'est plus maîtrisée à l'intérieur du corps mais provoquée artificiellement par une intervention extérieure au foyer du mal sous prétexte de la juguler, il était lair que pour Muzil cette souffrance était plus abominable que sa souffrance intime, devenue familière”
― À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie
― À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie
“J'avais reconsulté entre-temps le docteur Chandi, à qui j'avais confié ma volonté expresse de mourir "à l'abri du regard de mes parents", et devant lequel, en évoquant le coma dans lequel était tombé Fichart, l'ami de Bill, je repris les mots de l'unique testament autographe de Muzil : "la mort, pas l'invalidité". Pas de coma prolongé, pas de démence, pas de cécité, la suppression pure et simple au moment adéquat. Mais le docteur Chandi se refusait à prendre en note quoi que ce soit de définitif, se bornant à indiquer que le rapport à la maladie ne cessait de se transformer, pour chaque individu, dans le cours de sa maladie, et qu'on ne pouvait préjuger des mutations vitales de sa volonté.”
― À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie
― À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie
“Un été je suis seul avec elle à Toulon, par une forte chaleur elle me traîne jusqu'à la bibliothèque municipale pour quérir des renseignements sur Napoléon, elle possède presque toutes les réponses aux questions de ce nouveau concours, il lui en manque une ou deux, elle tanne un bibliothécaire pour qu'il l'aiguille sur la bonne voie ; à la suivre comme une furie, derrière cet homme en blouse grise, à travers ces salles silencieuses, j'ai peut-être un tout petit peu honte. Je sais qu'elle a déjà perdu.”
― My Parents
― My Parents
“Ce que je peux adorer les images : celles qu'on me donne à l'école quand j'ai accumulé dix points de bonne conduite, cette monnaie miraculeuse de la sagesse qui fait de l'écolier un petit actionnaire de ses hypocrisies, les vignettes historiques ou naturalistes, les saintes dévorées par les lions, les bestioles les plus inimaginables, le tapir, le sapajou. Mais celles que j'aime encore le plus, ce sont les images cartonnées, beaucoup trop aimablement coloriées, que place le beurre Préval dans ses boîtes demi-sel entre le carton à la glycérine et le fin papier ondulé qui protège le bloc de beurre : elles représentent les rois de France, qui sont tous jolis comme des coeurs ou vilains comme des diables, qui ont des airs sournois de levrette efflanquée, des pâleurs d'hémophile, des toques d'empoisonneur, des pourpoints d'hermine, et qui puent délicieusement le beurre. Un texte biographique au dos, explique combien le passage de ce sire dans la constellation des rois a été brève et cruelle, une raison de plus pour l'adorer.”
― My Parents
― My Parents
“Depuis que j'ai doue ans, et depuis qu'elle est une terreur, la mort est une marotte. J'en ignorais l'existence jusqu'à ce qu'un camarade de classe, le petit Bonnecarère, m'envoyât au cinéma le Styx, où l'on s'asseyait à l'époque dans des cercueils, voir L'enterré vivant, un film de Roger Corman tiré d'un conte 'Edgar Allan Poe. La découverte de la mort par le truchement de cette vision horrifique d'un homme qui hurle d'impuissance à l'intérieur de son cercueil devint une source capiteuse de cauchemars. Par la suite, je ne cessai de rechercher les attributs de les plus spectaculaires de la mort, suppliant mon père de me céder le crâne qui avait accompagné ses études de médecine, m'hypnotisant de films d'épouvante et commençant à écrire, sous le pseudonyme d'Hector Lenoir, un conte qui racontair les affres d'un fantômr rnchaîné dans les oubliettes du château des Hohenzollern, me grisant de lectures macabres jusqu'aux stories sélectionnées par Hitschcock, errant dans les cimetières et étrennant mon premier appareil avec des photographies de tombes d'enants, me déplaçant jusqu'à Palerme uniquement pour contempler les momies des Capucins, collectionnant les rapaces empaillés comme Anthony Perkins dans Psychose, la mort me semblait horriblement belle, féeriquement atroce, et puis je pris en grippe son bric-à-brac, remisai le crâne de l'étudiant de médecine, fuis les cimetières comme la peste, j'étais passé à un autre stade de l'amour de la mort, comme imprégné par elle au plus profond je n'avais plus besoin de son décorum mais d'une intimité plus grande avec elle, je continuais inlassablement de quérir son sentiment, le plus précieux et le plus haïssable d'entre tous, sa peur et sa convoitise.”
― À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie
― À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie
“Ma soeur a mis le feu à sa chambre en lisant la nuit avec une lampe de poche sous son duvet pour que mon père ne voie pas de lumière passer sous la porte. Mais elle l'a éteint toute seule, en battant l'édredon contre le mur, et en ouvrant la fenêtre pour évacuer la fumée. Quand ma mère entre le matin dans sa chambre, elle trouve tout cramé. Mes parents n'ont plus la force de rosser ma soeur, elle résiste trop dignement à leurs coups.”
― My Parents
― My Parents
“Retrouver l'appartement au retour de vacances est délicieux : il pue un peu, il sent notre famille et c'est une odeur si rassurante, on ne la sent comme ça si concentrée qu'une fois par an, les fenêtres sont restées fermées, les odeurs de cuisine ont eu le temps de s'évaporer totalement, et il ne subsiste plus qu'un parfum très dense qui mêle le bois des meubles, leur vernis, une très légère décomposition des rideaux et des dessus de lit, un effritement imperceptible de la peinture des murs. Je me précipite dans ma chambre pour vérifier que tout est là : je redeviens son propriétaire. J'ouvre un tiroir où une partie de la fameuse odeur est encore plus concentrée : j'y prends mon album de timbres.”
― My Parents
― My Parents
“Je n'ai jamais si peu souffert que depuis que je sais que j'ai le sida, je suis très attentig aux manifestations de la progression du virus, il me semble connaître la cartographie de ses colonisations, de ses assauts et de ses replis, je crois savoir là où il couve et là où il attaque, sentir les zones encore intouchées, mais cette lutte à l'intérieur e moi, qui est celle-ci organiquement bien réelle, des analyses scientifiques en témoignent, n'est pour l'instant rien, sois patient mon bonhomme, en regard des maux certainement fictifs qui me torpillaient.”
― À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie
― À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie
“Une fois rentrés à l'hôtel nous nous plaisons à reconstituer sur une planche de l'armoire cette ordonnance de la pâtisserie et c'est un délice, quand nous en rouvrons la porte, de sentir la bouffée de ce chocolat qui s'épuise à petites bouchées.”
― My Parents
― My Parents
“Les jours de grande marée, on attend que la mer se soit bien retirée et on se dépêche, avant qu'elle ne remonte, d'aller à la pêche aux crabes. On se met des espadrilles en caoutchouc blanc pour ne pas déraper sur les algues et, le seau rempli d'eau de mer d'une main, l'épuiette de l'autre, on s'éloigne de la plage jusqu'à ce grand rocher bizarrement découpé, qui ferme la baie, et dans lequel on voit tantôt un our, tantôt un homme qui porte un enfant sur ses épaules. De cette journée il y a un moment délicieux : celui où l'on ressort d'une flaque une grouillée de crevettes et où sort d'une flaque une grouillée de crevettes et où les doigts délicats doivent être plus malins que ces corps translucides, faisant le mort, qui se confondent en glissant entre les mailles du filet.”
― My Parents
― My Parents
“So frustrated from lack of reading that I really push it, I force it, I devour.”
― Cylomegalovirus: A Hospitalization Diary by Herve Guibert
― Cylomegalovirus: A Hospitalization Diary by Herve Guibert




