Autoportrait par l’auteur : « Le jeune homme schizophrénique était maigre comme beaucoup de gens dans de tels états mentaux, écrit Louis Wolfson dans Le schizo et les langues, son premier livre. Né en 1931 aux États-Unis, Wolfson, schizophrène, après de violents traitements en institut, électrochocs d’époque y compris, développe une haine, une détestation profonde de son anglais maternel. Passionné par les langues, il se plonge dans leur étude de façon monomaniaque, tâchant « systématiquement de ne pas écouter sa langue maternelle, écrit-il, qu’employait exclusivement son entourage et qui est parlée par plus de gens que n’importe quelle autre, excepté le chinois […]. Pourtant, comme ce n’était guère possible que de ne point écouter sa languAutoportrait par l’auteur : « Le jeune homme schizophrénique était maigre comme beaucoup de gens dans de tels états mentaux, écrit Louis Wolfson dans Le schizo et les langues, son premier livre. Né en 1931 aux États-Unis, Wolfson, schizophrène, après de violents traitements en institut, électrochocs d’époque y compris, développe une haine, une détestation profonde de son anglais maternel. Passionné par les langues, il se plonge dans leur étude de façon monomaniaque, tâchant « systématiquement de ne pas écouter sa langue maternelle, écrit-il, qu’employait exclusivement son entourage et qui est parlée par plus de gens que n’importe quelle autre, excepté le chinois […]. Pourtant, comme ce n’était guère possible que de ne point écouter sa langue natale, il essayait de développer des moyens d’en convertir les mots presque instantanément (spécialement certains qu’il trouvait très ennuyants) en des mots étrangers chaque fois après que ceux-là pénétraient à sa conscience en dépit de ses efforts de ne pas les percevoir. Cela pour qu’il pût s’imaginer en quelque sorte qu’on ne lui parlât pas sa maudite langue, sa langue maternelle, l’anglais. »...more