“Ne m'écrivez plus qu'une fois par semaine, et de telle sorte que je reçoive votre lettre le dimanche. Car je dois vous le dire, je ne supporte pas vos lettres quotidiennes, je ne suis pas en état de les supporter.
Je réponds pas exemple à votre lettre et ensuite, je suis apparemment bien tranquille dans mon lit, mais des palpitations me traversent tout le corps et mon cœur ne connaît que vous. Voilà pourquoi je ne veux point savoir que tu es bien disposée pour moi; car alors pour quelle raison, fou que je suis, restai-je à mon bureau ou chez moi, au lieu de me jeter dans le train les yeux fermés pour ne les réouvrir que lorsque je serai près de toi. Vraiment j'ai parfois l'impression de me repaitre comme un fantôme de ton nom porte-bonheur. mais maintenant y'a-t-il une solution de paix?
A quoi bon ne plus nous écrire qu'une fois par semaine. non, il serait bénin le mal que l'on pourrait supprimer par de telles moyens et je le prévois ces lettres du dimanche, je ne pourrai pas non plus les supporter. C'est pourquoi voulant réparer ce que je négligeais samedi, je t'en prie avec la force qui faiblit déjà un peu a la fin de cette lettre renonçons à tout cela, si nous tenons a notre vie.
Aurai-je eu l'intention de me dire "tien" en signant, rien ne serait plus faux. Non, Je suis mien et éternellement lié à moi, voilà ce que je suis, et il faut que je tache de m'en accommoder.”
―
Franz Kafka,
Letters to Felice