“– C’est ce receveur, expliqua le conducteur.
– Ah ! dit Amadis.
– Il aime pas les voyageurs. Alors, il s’arrange pour
qu’on parte sans voyageur et il ne sonne jamais. Je le sais
bien.
– C’est vrai, dit Amadis.
– Il est fou, vous comprenez, dit le machiniste.
– C’est ça… murmura Amadis. Je le trouvais bizarre.
– Ils sont tous fous à la Compagnie.
– Ça ne m’étonne pas !
– Moi, dit le conducteur, je les possède. Au pays des
aveugles, les borgnes sont rois. Vous avez un couteau ?
– J’ai un canif.
– Prêtez.”
―
Boris Vian,
Autumn in Peking