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The Friends of Voltaire
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De l'Esprit

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Davide Borrelli | 15 comments « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je défendrai jusqu'à la mort votre droit de le dire »

Evelyn Beatrice Hall, plus connue sous le pseudonyme de Stephen G. Tallentyre, était une écrivaine britannique surtout connue pour sa biographie de Voltaire.

Lors de la publication de The Friends of Voltaire, la phrase citée ci-dessus s'est retrouvée entre guillemets, laissant croire à de nombreux lecteurs qu'il s'agissait de paroles authentiquement prononcées par le philosophe français.

En réalité, il ne s'agissait que d'une tentative de Hall — remarquablement réussie — de résumer l'esprit de la pensée de Voltaire. Par une de ces ironies de l'histoire, l'une des citations les plus célèbres attribuées au plus grand défenseur de la liberté de pensée et d'expression est le fruit d'un malentendu.

Dans le chapitre consacré aux relations entre Voltaire et Claude Adrien Helvétius, Hall raconte les événements liés à la censure de De l'Esprit.

Le Dauphin de France, un homme que Hall décrit comme « plus vertueux qu'intelligent », lut l'ouvrage d'Helvétius et décida que son contenu était indigne et qu'il devait être censuré avant de pouvoir corrompre le cœur des Français.

Le zèle persécuteur de la monarchie française poussa Helvétius à quitter la France, tandis que ses tentatives de rétractation et d'apaisement de ses critiques se heurtèrent à la résistance aussi empressée qu'obstinée des autorités religieuses françaises et romaines.

Bien que Voltaire eût une piètre opinion de De l'Esprit et fût stupéfait par le tumulte provoqué par un livre qu'il jugeait médiocre — apprenant sa condamnation, il aurait déclaré : « Que de bruit pour une omelette ! » —, il décida néanmoins de défendre publiquement Helvétius et de prendre position en faveur de la liberté d'expression.

Aussi peu qu'il appréciât l'ouvrage, Voltaire ne pouvait tolérer qu'il fût censuré à cause de l'étroitesse d'esprit du futur roi de France.

Ce livre n'est pas seulement le récit de la vie de Voltaire ; c'est peut-être l'œuvre qui restitue le mieux son esprit.

La citation de Voltaire que je préfère est celle qu'il aurait prononcée sur son lit de mort. Lorsque le prêtre qui lui administrait les derniers sacrements insista pour qu'il renonçât à Satan, Voltaire aurait répondu :

« Mon cher homme, ce n'est pas le moment de se faire des ennemis. »


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