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“I have no idea who dreamed up the idiotic notion that summer vacations require "light" reading. Just the opposite, since the "light" books get read—if any reading's done at all—before bedtime, after the office work and house work, when we lack the concentration required for heavier fare.”
― Nonrequired Reading
― Nonrequired Reading
“This view of psychiary [as a genuine scientific activity] is premised on the idea that modern drugs are disease- or symptom-specific treatments; that they work by reversing some or all of an underlying physical pathology. It is the idea of the specificity of action that makes drug treatment appear to be a therapeutic, medical enterprise. If, in contrast, modern psychiatric treatments are not specific, if they act merely by inducing psychoactive effects that suppress or contain psychiatric distress and problematic behaviours, then psychiatry has not moved far from its historical roots as a [...] medicalized form of social control.”
― De-Medicalizing Misery: Psychiatry, Psychology and the Human Condition
― De-Medicalizing Misery: Psychiatry, Psychology and the Human Condition
“La peinture et la sculpture se ressemblent dans le désir qu'elles partagent de donner forme à la réalité du monde : il faut fixer, sur le tendu de la toile, ou dans le charnu de la pierre, le mouvement ondoyant et multiple du temps qui passe et du monde qui bruit.
Mais elles diffèrent en un point majeur : quand le peintre ajoute, le sculpteur retranche. [...] Il existe beaucoup d'écrivains qui sont des peintres ; plus rares sont ceux qui s'apparentent à des sculpteurs.
Peintre, évidemment, Victor Hugo : ses romans sont des fresques, ses poèmes, des tableaux. [...V]eut-il montrer un marin aux prises avec une bourrasque en Manche qu'il en fait une Iliade, trempée d'adjectifs sonores, éclaboussant tout de métaphores écumantes.
[...] Sculpteur, Valéry [...]. Il noircit ses cahiers. Des bordées de lignes, tirées en rafales. [...] Et de ces traînées d'encre, il extraira ses pépites [...]. Ainsi : « Le temps du monde fini commence. » A la fin, la phrase a jailli, ensemencée de tout ce qui n'a plus sa raison d'être, de toutes ces scories insignifiantes, vouées à la corbeille. [...] Et le reste ne valait pas d'être gravé.
[...] Les peintres ajoutent de la substance [au] monde. Les sculpteurs retranchent, pour mieux donner.”
― Éloge du temps perdu - à l'usage de ceux qui aiment les livres et la lecture
Mais elles diffèrent en un point majeur : quand le peintre ajoute, le sculpteur retranche. [...] Il existe beaucoup d'écrivains qui sont des peintres ; plus rares sont ceux qui s'apparentent à des sculpteurs.
Peintre, évidemment, Victor Hugo : ses romans sont des fresques, ses poèmes, des tableaux. [...V]eut-il montrer un marin aux prises avec une bourrasque en Manche qu'il en fait une Iliade, trempée d'adjectifs sonores, éclaboussant tout de métaphores écumantes.
[...] Sculpteur, Valéry [...]. Il noircit ses cahiers. Des bordées de lignes, tirées en rafales. [...] Et de ces traînées d'encre, il extraira ses pépites [...]. Ainsi : « Le temps du monde fini commence. » A la fin, la phrase a jailli, ensemencée de tout ce qui n'a plus sa raison d'être, de toutes ces scories insignifiantes, vouées à la corbeille. [...] Et le reste ne valait pas d'être gravé.
[...] Les peintres ajoutent de la substance [au] monde. Les sculpteurs retranchent, pour mieux donner.”
― Éloge du temps perdu - à l'usage de ceux qui aiment les livres et la lecture
“On n’y échappe pas : il faut déconstruire tout ce qui fait la beauté de cette langue, les mots, leurs sonorités si anciennes, les références littéraires, les subtilités de l’écriture, l’étymologie et la part d’histoire singulière qu’elle contient. La langue de la traduction est toujours défaillante. Je ne peux rien contre la perte irrémédiable de ce qui me touche le plus. [...]
Il y a bien longtemps – aussi loin que mes souvenirs remontent – j’ai trouvé refuge dans la lecture et dans la littérature. Puis ce fut dans l’entre-deux de la traduction, ce pont flottant au milieu des brumes [...]. Je rêve encore à Babel, non comme un monde totalitaire où nous serions tous sommés de ressentir la même chose et de l’exprimer de manière identique, mais comme une unité profonde et sous-jacente courant sous des mots différents, sous des regards fragmentés qui mettent en lumière différents aspects du réel.”
― Le Pont flottant des rêves
Il y a bien longtemps – aussi loin que mes souvenirs remontent – j’ai trouvé refuge dans la lecture et dans la littérature. Puis ce fut dans l’entre-deux de la traduction, ce pont flottant au milieu des brumes [...]. Je rêve encore à Babel, non comme un monde totalitaire où nous serions tous sommés de ressentir la même chose et de l’exprimer de manière identique, mais comme une unité profonde et sous-jacente courant sous des mots différents, sous des regards fragmentés qui mettent en lumière différents aspects du réel.”
― Le Pont flottant des rêves
“La dédiabolisation du Front avait sans doute à ce point fonctionné que des remarques ouvertement racistes n'étaient plus considérées comme telles. Marcel paraît tout aussi sincère en nous expliquant qu'il n'aime pas les Noirs que lorsqu'il se défend de tout racisme. Rejeter une part de la population pour sa couleur de peau lui est d'autant plus facile à revendiquer qu'il est incapable de percevoir qu'il franchit une limite, incapable de savoir ce qu'est la discrimination, la xénophobie, l'extrême-droite. Sans doute, sous l'ère de Jean-Marie Le Pen, y avait-il quelque chose de sulfureux, de provocant, d'ouvertement politiquement incorrect à appartenir au FN. Mais aujourd'hui, à force d'entendre les dirigeants du parti répéter sans cesse que le Front national est respectable, les néo-militants sont-ils sincèrement convaincus de cette mutation. Le mouvement étant soi-disant devenu un parti comme un autre, ne pas aimer les Noirs, les étrangers ou les musulmans est donc devenu une opinion comme une autre.”
― Bienvenue au Front
― Bienvenue au Front
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