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“Elle avait cessé de crier et de pleurer.
A présent elle courait. Nue, terrifiée, et déjà épuisée après tout ce qu'elle avait subi. Elle courait pour sa vie, si tant est qu'elle ait encore une chance de se sortir de ce piège infernal.
Ses pieds foulaient les tapis d'aiguilles de pin. Les branches et les buissons s'accrochaient à sa peux exposée, griffant ses bras, ses cuisses jusqu'au sang.
Elle gémissait à chaque nouvelle coupure, un bras devant le visage pour se protéger les yeux.
Plus vite.
La panique, brûlante et vertigineuse, la poussait dans sa fuite. C'était sa seule chance désormais: Il lui fallait à tout prix atteindre l'enceinte de la propriété.
Ne pas s'arrêter.
La nuit était assez claire pour qu'elle puisse se repérer parmi les arbres, bien que la brume ne lui facilite pas les choses. Elle trébuchait, ses orteils heurtaient des cailloux. Elle étouffait du mieux possible ses gémissements. Il ne fallait surtout pas attirer l'attention. Surtout pas lui permettre de la retrouver.
Elle ne devait penser à rien d'autre que fuir. Fuir.”
― Du feu de l'enfer
A présent elle courait. Nue, terrifiée, et déjà épuisée après tout ce qu'elle avait subi. Elle courait pour sa vie, si tant est qu'elle ait encore une chance de se sortir de ce piège infernal.
Ses pieds foulaient les tapis d'aiguilles de pin. Les branches et les buissons s'accrochaient à sa peux exposée, griffant ses bras, ses cuisses jusqu'au sang.
Elle gémissait à chaque nouvelle coupure, un bras devant le visage pour se protéger les yeux.
Plus vite.
La panique, brûlante et vertigineuse, la poussait dans sa fuite. C'était sa seule chance désormais: Il lui fallait à tout prix atteindre l'enceinte de la propriété.
Ne pas s'arrêter.
La nuit était assez claire pour qu'elle puisse se repérer parmi les arbres, bien que la brume ne lui facilite pas les choses. Elle trébuchait, ses orteils heurtaient des cailloux. Elle étouffait du mieux possible ses gémissements. Il ne fallait surtout pas attirer l'attention. Surtout pas lui permettre de la retrouver.
Elle ne devait penser à rien d'autre que fuir. Fuir.”
― Du feu de l'enfer
“Si il y avait bien une chose que l'Occupation nous avait apprise, c'était à nous taire. A ne jamais montrer ce que nous pensions du IIIème Reich et de cette guerre. Nous n'étions que des détenus dans nos propres maisons, dans notre pays. Plus libres d'avoir une opinion. Parce que même nos pensées pouvaient nous enchaîner.
Ce soir, je l'avais oublié.
Pourtant il ne m'arrêta pas. Il ne me demanda pas de le suivre pour un petit interrogatoire. Après tout, il n'y avait que les résistants pour tenir un discours si tranché, non? Il n'y avait qu'eux pour oser dire de telles choses devant un caporal de la Wehrmacht. Alors pourquoi me tendit-il simplement sa fourche? Puisque la mienne était inutilisable...
J'hésitai à la prendre.
Quand je le fis, il refusa de la lâcher.
Nous restâmes là, une seconde. Nos mains se frôlant sur le manche en bois et nos regards accrochés.
- Je ne suis pas innocent c'est vrai, m'avoua-t-il. Je ne le serai jamais plus et je devrai vivre avec toutes mes fautes. J'ai tué, je tuerai sans doute encore. J'ai blessé et je blesserai encore. J'ai menti et je mentirai encore. Non, c'est vrai, il n'y a plus rien d'innocent en moi. Mais je l'ai été. Au début. Avant la guerre. Je l'étais vraiment, vous savez. Innocent.
Sa voix n'était qu'un murmure.
- Pourquoi me dites-vous ça?
- Pour que vous le sachiez.
- Mais pourquoi? demandai-je encore.
Il recula d'un pas.
- Bonne soirée, monsieur Lambert, dit-il sans me répondre.
Il quitta les écuries sans un bruit. Aussi discrètement qu'il était arrivé.”
― À l'ombre de nos secrets
Ce soir, je l'avais oublié.
Pourtant il ne m'arrêta pas. Il ne me demanda pas de le suivre pour un petit interrogatoire. Après tout, il n'y avait que les résistants pour tenir un discours si tranché, non? Il n'y avait qu'eux pour oser dire de telles choses devant un caporal de la Wehrmacht. Alors pourquoi me tendit-il simplement sa fourche? Puisque la mienne était inutilisable...
J'hésitai à la prendre.
Quand je le fis, il refusa de la lâcher.
Nous restâmes là, une seconde. Nos mains se frôlant sur le manche en bois et nos regards accrochés.
- Je ne suis pas innocent c'est vrai, m'avoua-t-il. Je ne le serai jamais plus et je devrai vivre avec toutes mes fautes. J'ai tué, je tuerai sans doute encore. J'ai blessé et je blesserai encore. J'ai menti et je mentirai encore. Non, c'est vrai, il n'y a plus rien d'innocent en moi. Mais je l'ai été. Au début. Avant la guerre. Je l'étais vraiment, vous savez. Innocent.
Sa voix n'était qu'un murmure.
- Pourquoi me dites-vous ça?
- Pour que vous le sachiez.
- Mais pourquoi? demandai-je encore.
Il recula d'un pas.
- Bonne soirée, monsieur Lambert, dit-il sans me répondre.
Il quitta les écuries sans un bruit. Aussi discrètement qu'il était arrivé.”
― À l'ombre de nos secrets
“Et combien de civils tombés sous les bombes de leurs soi-disant alliés? Combien d'enfants ne souriront plus jamais? Combien de femmes tuées à l'aune des tueries? Combien d'hommes perdrons-nous encore? Combien de jeunes conscrits obligerons-nous à aller là-bas? Combien de pères de famille ne verront plus leurs enfants grandir?
Une victoire?
Non, il n'y a pas de victoire qui soit baignée d'autant de sang.
Il n'y a pas de victoire là où l'on vole l'âme des innocents.”
― Le Journal Rouge
Une victoire?
Non, il n'y a pas de victoire qui soit baignée d'autant de sang.
Il n'y a pas de victoire là où l'on vole l'âme des innocents.”
― Le Journal Rouge
“Au moment où j'ai relevé la tête, j'ai vu le camion arriver, j'ai entendu un bruit de klaxon, et tout est devenu noir.
Black-out total.
Notez que, contrairement aux idées reçues, je n'ai pas vu ma vie défiler en quelques centièmes de secondes, j'ai juste vu les phares de ce foutu camion et je me suis dit tiens c'est bizarre ces phares allumés alors qu'il fait jour.
C'est drôlement con, une dernière pensée.”
― La Chambre des merveilles
Black-out total.
Notez que, contrairement aux idées reçues, je n'ai pas vu ma vie défiler en quelques centièmes de secondes, j'ai juste vu les phares de ce foutu camion et je me suis dit tiens c'est bizarre ces phares allumés alors qu'il fait jour.
C'est drôlement con, une dernière pensée.”
― La Chambre des merveilles
“En furie, l'énorme loup noir claquait des mâchoires, tentant de mordre la lance qui le piquait à travers les barreaux de sa cage. Leyna laissa flotter son regard sur les gradins autour de la fosse. Ces derniers grouillaient de monde. Même la Première Caste était présente. De l'autre côté de l'arène, sous le dais vert et rouge, couleurs de Nicée, le nouveau Commodore et son épouse étaient venus assister à la mise à mort. Cela faisait si longtemps qu'aucune exécution de ce genre n'avait eu lieu.
Leyna serra les poings. Elle aurait préféré se trouver à des kilomètres de là, mais elle avait un devoir d'éducation à assurer. Un de voir vital. La foule criait des insultes à la condamnée, qui portait un sac en toile sur la tête et dont les mains étaient liées dans le dos. Soudain, la cage fut ouverte à distance à l'aide d'une corde. L'animal écumant bondit vers la prisonnière. Le loup referma ses mâchoires d'abord sur sa jambe, lui arrachant un hurlement, puis sur son épaule. Entraînée au sol, la femme agonisait sous les morsures féroces.
Leyna obligea sa fille de huit ans, qui gémissait d'horreur en cachant son visage contre sa poitrine, à se tourner à nouveau vers le sanguinolent spectacle.
- Regarde! chuchota-t-elle d'une voix dure, tout près de son oreille, afin qu'il n'y ait aucun risque que quelqu'un d'autre entende. Regarde bien, et souviens toi! N'oublie jamais ce qui nous attend si quiconque découvre ce nous sommes. Jamais.”
― Alliance forcée
Leyna serra les poings. Elle aurait préféré se trouver à des kilomètres de là, mais elle avait un devoir d'éducation à assurer. Un de voir vital. La foule criait des insultes à la condamnée, qui portait un sac en toile sur la tête et dont les mains étaient liées dans le dos. Soudain, la cage fut ouverte à distance à l'aide d'une corde. L'animal écumant bondit vers la prisonnière. Le loup referma ses mâchoires d'abord sur sa jambe, lui arrachant un hurlement, puis sur son épaule. Entraînée au sol, la femme agonisait sous les morsures féroces.
Leyna obligea sa fille de huit ans, qui gémissait d'horreur en cachant son visage contre sa poitrine, à se tourner à nouveau vers le sanguinolent spectacle.
- Regarde! chuchota-t-elle d'une voix dure, tout près de son oreille, afin qu'il n'y ait aucun risque que quelqu'un d'autre entende. Regarde bien, et souviens toi! N'oublie jamais ce qui nous attend si quiconque découvre ce nous sommes. Jamais.”
― Alliance forcée
ValérieW’s 2025 Year in Books
Take a look at ValérieW’s Year in Books, including some fun facts about their reading.
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