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“Ardea o lumânare aşezată
Pe-o altă lumânare ce ardea
Şi-n alba luminare ca de vată
M-am aşezat, tot alb, deasupra mea.
Atunci a hohotit o mască lată,
Căci, fără rost, pe-un cub de piatră grea,
Ardea o lumânare aşezată
Pe-o altă lumânare ce ardea.
Eu am plutit spre bagdadii, deodată,
Spre zeul zugrăvit, care privea
Nepăsător, pe lada înstelată
Din podul alb cum, făr-a fumega,
Ardea o lumânare aşezată.”
―
Pe-o altă lumânare ce ardea
Şi-n alba luminare ca de vată
M-am aşezat, tot alb, deasupra mea.
Atunci a hohotit o mască lată,
Căci, fără rost, pe-un cub de piatră grea,
Ardea o lumânare aşezată
Pe-o altă lumânare ce ardea.
Eu am plutit spre bagdadii, deodată,
Spre zeul zugrăvit, care privea
Nepăsător, pe lada înstelată
Din podul alb cum, făr-a fumega,
Ardea o lumânare aşezată.”
―
“Rondelul sfântei fără sfânt
Era o sfântă fără sfânt,
Fără credință, fără casă,
Avea doar inimă și gând
Și-o fustă verde, de mătasă,
Cu astragal și iacint
Venea la fiece mireasă,
Ea, mica sfântă fără sfânt,
Fără credință, fără casă.
Și ne-am adus aminte când
În toamnă negura se lasă,
Cum lângă noi, de noi visând
Că nu ne vede și nu-i pasă,
Era o sfântă fără sfânt.”
―
Era o sfântă fără sfânt,
Fără credință, fără casă,
Avea doar inimă și gând
Și-o fustă verde, de mătasă,
Cu astragal și iacint
Venea la fiece mireasă,
Ea, mica sfântă fără sfânt,
Fără credință, fără casă.
Și ne-am adus aminte când
În toamnă negura se lasă,
Cum lângă noi, de noi visând
Că nu ne vede și nu-i pasă,
Era o sfântă fără sfânt.”
―
“Au bord du Styx
C'est un œuf profond que la chambre où je meurs,
Avec ses rosiers bleus sur les parois.
Ni vitres, ni lucarnes, ni palier
Mais simplement, des taches régulières.
Je plane en des ellipses qui décroissent
Lentement vers le centre, en faisceaux démembrés :
Des jours sont entassés au fond du corridor
Par le cocher parti pour se soûler.
Dans la rade, il attend le gai navire,
Féerique, sous pression, mugissant,
Et l'œil du commandant se colle à la lunette
Tandis qu'ici j'exerce les ellipses nouvelles,
Plus tournoyantes, plus rapides, plus en rond
Et sens dans l’âme un noyau tendre qui regrette.
(traduction en français par Irina Radu)”
―
C'est un œuf profond que la chambre où je meurs,
Avec ses rosiers bleus sur les parois.
Ni vitres, ni lucarnes, ni palier
Mais simplement, des taches régulières.
Je plane en des ellipses qui décroissent
Lentement vers le centre, en faisceaux démembrés :
Des jours sont entassés au fond du corridor
Par le cocher parti pour se soûler.
Dans la rade, il attend le gai navire,
Féerique, sous pression, mugissant,
Et l'œil du commandant se colle à la lunette
Tandis qu'ici j'exerce les ellipses nouvelles,
Plus tournoyantes, plus rapides, plus en rond
Et sens dans l’âme un noyau tendre qui regrette.
(traduction en français par Irina Radu)”
―
“Bătrânii sumbri-s strânşi la sfat
În jurul sfintei adultere,
Găsită, noaptea, în alt pat,
Pierdută-n somn şi-n mângâiere.
Dom colosal de matostat,
Vagi catifeluri în unghere:
Bătrânii sumbri-s strânşi la sfat
În jurul sfintei adultere.
Ea mai dormea zâmbind ciudat,
Adusă-n perini, de mânere,
Şi, mult, sub bolţi au aşteptat
Să-şi facă somnul, în tăcere,
Bătrânii sumbri strânşi la sfat.”
―
În jurul sfintei adultere,
Găsită, noaptea, în alt pat,
Pierdută-n somn şi-n mângâiere.
Dom colosal de matostat,
Vagi catifeluri în unghere:
Bătrânii sumbri-s strânşi la sfat
În jurul sfintei adultere.
Ea mai dormea zâmbind ciudat,
Adusă-n perini, de mânere,
Şi, mult, sub bolţi au aşteptat
Să-şi facă somnul, în tăcere,
Bătrânii sumbri strânşi la sfat.”
―
“Voyage
Sois prête. Les rues désertes
Se rejoignent en un chant d'amour mystérieux.
Dans un instant, nous monterons
Dans un véhicule invisible.
Nettoie encore la crotte de mailles rouillée,
Redresse mon heaume
Et vois pourquoi le char n'arrive pas
Avec les cavaliers que j'attends,
En chemin, sur mon écu,
Tu reprisera la soie des ténèbres.
Te guidera le dé
D'un métal inconnu
(traduit du roumain par Pierrette Ganet)”
―
Sois prête. Les rues désertes
Se rejoignent en un chant d'amour mystérieux.
Dans un instant, nous monterons
Dans un véhicule invisible.
Nettoie encore la crotte de mailles rouillée,
Redresse mon heaume
Et vois pourquoi le char n'arrive pas
Avec les cavaliers que j'attends,
En chemin, sur mon écu,
Tu reprisera la soie des ténèbres.
Te guidera le dé
D'un métal inconnu
(traduit du roumain par Pierrette Ganet)”
―
“Achats
Il me semblait, le souvenir est tellement clair
Que j’étais dans un grand magasin alimentaire
Saturé de byzantines effluves :
Vanille, cannelle, olives.
Un magasin comme une cité autour
Mais perdu dans le clair-obscur.
Palpitaient de temps en temps des lumières
Venant du rayon des denrées étrangères
Vers les boutiques secondaires
Avec du linge et des lampadaires quand, a travers la vitre
souillée,
Je t’ai vue mélanger une sorte de pâtée,
Pour assaisonner les harengs ou maquereaux
Et soudainement je suis tombé amoureux.
Alors tu as souri avec les paupières,
Tu as touché des soupapes légères,
Tu as rangé les boites de conserves de goujon,
Tu as secoué tes mèches, essuyé tes mains au blouson
Et devant moi tu es venue.
T’étais petite, le regard un peu embu,
Tu te tenais, pieds nus et toute rose,
Comme dans les photos d’enfance on gardait la pose
Et tu m’as dit que même si pour moi seul vivais
Dans des chambres, magasins, ou tramways,
Il ne sera rien de pareil, jamais
Car mon être entier était changé
Et peut-être il ne te reste souvenance
Des temps heureux vécus à l’Assistance
La façon dont ensemble on se gaussait
En sortant nos doigts de la couette matelassée.
Alors vers les manufactures je me suis tourné
Et acheter plein de choses j’ai commencé
Sans aucun choix, sans logique,
En souvenir des saisons devenues épiques.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe”
―
Il me semblait, le souvenir est tellement clair
Que j’étais dans un grand magasin alimentaire
Saturé de byzantines effluves :
Vanille, cannelle, olives.
Un magasin comme une cité autour
Mais perdu dans le clair-obscur.
Palpitaient de temps en temps des lumières
Venant du rayon des denrées étrangères
Vers les boutiques secondaires
Avec du linge et des lampadaires quand, a travers la vitre
souillée,
Je t’ai vue mélanger une sorte de pâtée,
Pour assaisonner les harengs ou maquereaux
Et soudainement je suis tombé amoureux.
Alors tu as souri avec les paupières,
Tu as touché des soupapes légères,
Tu as rangé les boites de conserves de goujon,
Tu as secoué tes mèches, essuyé tes mains au blouson
Et devant moi tu es venue.
T’étais petite, le regard un peu embu,
Tu te tenais, pieds nus et toute rose,
Comme dans les photos d’enfance on gardait la pose
Et tu m’as dit que même si pour moi seul vivais
Dans des chambres, magasins, ou tramways,
Il ne sera rien de pareil, jamais
Car mon être entier était changé
Et peut-être il ne te reste souvenance
Des temps heureux vécus à l’Assistance
La façon dont ensemble on se gaussait
En sortant nos doigts de la couette matelassée.
Alors vers les manufactures je me suis tourné
Et acheter plein de choses j’ai commencé
Sans aucun choix, sans logique,
En souvenir des saisons devenues épiques.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe”
―
“Rondel
Bidoane negricioase păreau anii
Bătea un soare galben neîncetat.
Jertfită experienței lui Galvani
În cuvă verdea broască-a răposat.
Priviți din înălțimi, cum fac profanii!
Suiți cu forța în aerostat
Bidoane negricioase păreau anii
Bătea un soare galben neîncetat.
De-a dura, din senin, mereu mai stranii
Cădeau în jos pe planul înclinat
O bilă, două, trei, întregi mătănii
De bile de molibden nichelat.
Bidoane negricioase păreau anii.”
―
Bidoane negricioase păreau anii
Bătea un soare galben neîncetat.
Jertfită experienței lui Galvani
În cuvă verdea broască-a răposat.
Priviți din înălțimi, cum fac profanii!
Suiți cu forța în aerostat
Bidoane negricioase păreau anii
Bătea un soare galben neîncetat.
De-a dura, din senin, mereu mai stranii
Cădeau în jos pe planul înclinat
O bilă, două, trei, întregi mătănii
De bile de molibden nichelat.
Bidoane negricioase păreau anii.”
―
“Mon Paris
Quel jardin uniformément cultivé :
J'ai rêvé d'une capitale à la tour Eiffel
En fleurs compactes étagées en losanges
Avec des laboratoires et des lois Coulomb ;
Du haut de la tour, de fines électricités
Coloraient les jours sur des vastes arènes ;
Interchangeables, sous leurs capes de neige
Des dignitaires nous montraient le chemin
Vers de vieilles librairies pleines d'ombre,
Vers des après-midi à ossuaires ;
Lors j'ai monté : des armures, des jupes
Comme en mes rêves, sur d’étroits escaliers
Aux raides citronniers disposés tout exprès
Pour nous empêcher tous de rire orange
Dans le sombre lumen. Il faisait nuit. Et tard.
(traduction en français par Irina Radu)”
―
Quel jardin uniformément cultivé :
J'ai rêvé d'une capitale à la tour Eiffel
En fleurs compactes étagées en losanges
Avec des laboratoires et des lois Coulomb ;
Du haut de la tour, de fines électricités
Coloraient les jours sur des vastes arènes ;
Interchangeables, sous leurs capes de neige
Des dignitaires nous montraient le chemin
Vers de vieilles librairies pleines d'ombre,
Vers des après-midi à ossuaires ;
Lors j'ai monté : des armures, des jupes
Comme en mes rêves, sur d’étroits escaliers
Aux raides citronniers disposés tout exprès
Pour nous empêcher tous de rire orange
Dans le sombre lumen. Il faisait nuit. Et tard.
(traduction en français par Irina Radu)”
―
“Rondelul unui cal
A tresărit arcașul ideal
În mlaștina cu flăcări jucăușe
Trecea, neconsolat, imensul cal
Spre sanctuarul cu maici în ușe.
Venise să vâneze, matinal
Cu tolbă, cu săgeată, cu mănușe
Și-a tresărit arcașul ideal
În mlaștina cu flăcări jucăușe.
Avea un ochi distins, pontifical,
Când l-a atins părea ca de cenușe.
Apoi, când a căzut imensul cal
Cu fluturași de purpure la gușe –
A tresărit arcașul ideal.”
―
A tresărit arcașul ideal
În mlaștina cu flăcări jucăușe
Trecea, neconsolat, imensul cal
Spre sanctuarul cu maici în ușe.
Venise să vâneze, matinal
Cu tolbă, cu săgeată, cu mănușe
Și-a tresărit arcașul ideal
În mlaștina cu flăcări jucăușe.
Avea un ochi distins, pontifical,
Când l-a atins părea ca de cenușe.
Apoi, când a căzut imensul cal
Cu fluturași de purpure la gușe –
A tresărit arcașul ideal.”
―




